Sortie de PulseAudio 12.0

Le serveur de sons étant un élément central de nos systèmes et de l’expérience utilisateur qui en découle, il est normal d’en parler un peu. Et depuis ses débuts chaotiques au début des années 2000 où il a fait couler beaucoup d’encre, on peut dire qu’il fonctionne désormais plutôt bien et qu’il sait se faire oublier.

Au programme de cette nouvelle version, nous pouvons donc citer :

  • un meilleur rapport de la latence (et donc une meilleure synchronisation audio/vidéo) pour le profil Bluetooth A2DP
  • un rapport bien plus précis de la latence pour les périphériques AirPlay
  • la correction d’un plantage ou d’une consommation excessive de CPU avec le pilote Intel HDMI LPE
  • la sortie HDMI est désormais prioritaire sur la sortie S/PDIF
  • la prise en charge du HSP pour plus de casques Bluetooth
  • le choix du profil Bluetooth A2DP par défaut plutôt que HSP
  • les périphériques Steelseries Arctis 7 et Dell Thunderbolt Dock TB16 voient leur prise en charge améliorée
  • la correction d’une mauvaise configuration ALSA qui empêchait l’utilisation de l’entrée numérique de certaines cartes son USB
  • l’ajout d’une nouvelle option dereverb pour l’annuleur d’écho Speex qui améliore la suppression de l’effet de réverbération

Sans oublier les nombreuses améliorations plus anecdotiques et autres corrections de bugs. Vous pouvez consulter le changelog complet sur le site officiel.

Il est également important de rappeler l’existence d’un projet de financement participatif (sur Patreon et Liberapay) permettant à Tanu Kaskinen, le mainteneur de PulseAudio, de pouvoir se consacrer à plein temps au projet.

Financement participatif pour gspell et LaTeXila

Sébastien Wilmet vient de lancer deux nouvelles campagnes de financement participatif autour de gspell et LaTeXila.

On se souvient que début 2015, Sébastien avait déjà lancé une première campagne ambitieuse, espérant récolter 10 000 euros qui auraient pu permettre de sérieusement améliorer son éditeur LaTeX. Malheureusement, seuls 1100 euros furent récoltés, ce qui permit tout de même d’améliorer la correction orthographique de LaTeXila, puis de développer une nouvelle bibliothèque, gspell, qui offre la prise en charge de la correction orthographique aux applications GTK+.

Ces deux campagnes se veulent bien plus accessibles. 1000 euros pour gspell, dans le but d’apporter la prise en charge du composant GTK+ GtkEntry, puisque pour le moment, seule la boîte de texte multi-lignes GtkTextView est prise en compte. Ainsi que 500 euros pour faire de la maintenance de code sur LaTeXila et rendre l’application compatible avec la prochaine version majeure de GTK+. Ce n’est pas sexy, mais il faut bien s’y coller ;-)

Au vu des montants, cette fois-ci, vous ne pourrez pas dire que votre don n’a pas d’importance :p

Et si vous avez la moindre question, Sébastien étant francophone, n’hésitez pas à le contacter directement.

Fin de l’aventure pour la fondation Yorba

Fondée en 2009, la fondation Yorba était dédiée au développement de logiciels libres pour l’environnement de bureau GNOME. On lui doit entre autre l’organisateur d’images Shotwell, le client de messagerie Geary et l’application de calendrier California.

La fondation, qui employait cinq personnes au plus fort de son activité, était principalement financée grâce aux dons. Malheureusement, Yorba n’a jamais réussi à rendre viable son activité dans le monde du logiciel libre, et les échecs concernant la campagne de financement participatif de Geary ou le refus d’exonération fiscale par le Département du Trésor, n’auront fait que précipiter la fin de l’aventure.

Jim Nelson, qui était le dernier employé, cessa son activité au mois d’avril dernier, et il aura fallu plusieurs mois d’inactivité autour du développement des différents projets, ainsi qu’une modification du site web officiel fin octobre, pour qu’on finisse par comprendre la situation.

Fin novembre, Adam Dingle, le fondateur de la fondation, confirme la nouvelle, tout en annonçant que les différents projets étant désormais hébergés sur l’infrastructure du projet GNOME, il serait heureux que de nouveaux mainteneurs se manifestent pour en reprendre la maintenance.

De son côté, le projet elementary OS a d’ores et déjà annoncé Pantheon Mail, un fork de Geary.

C’est donc une bien triste nouvelle, qui confirme les difficultés à créer une activité pérenne autour du développement de logiciels libres pour le poste de travail, ainsi que la difficile réussite de campagnes de financement participatif concernant des logiciels libres qui existent déjà et pour lesquels on souhaite proposer un développement bien plus efficace, tout en garantissant leur futur.

Succès de la campagne Endless Computers

Le mois dernier, Endless Mobile lançait une campagne Kickstarter dans le but de l’aider à commercialiser un ordinateur pensé pour les pays émergents (et tournant sous GNOME), en commençant par le Mexique et le Guatemala.

Après seulement quelques heures, le quart des 100 000 dollars initialement demandés étaient déjà récoltés, et en tout juste 24 heures, ils atteignaient la moitié de l’objectif. Objectif qui fut finalement atteint le 18 avril, après seulement quatre jours de campagne.

Par la suite, bien que les dons affluèrent moins rapidement, la campagne se termina tout de même avec 176 539 dollars collectés, grâce à 1 041 contributeurs.

La campagne désormais terminée, ils ont prévu de se lancer dans un road trip à travers le Mexique à bord d’un vieux bus de ramassage scolaire américain qu’ils ont retapé, histoire de pouvoir aller à la rencontre des gens et de leur faire découvrir l’ordinateur et les applications qu’ils ont développés. Ils en profiteront également pour livrer un certain nombre de machines à diverses écoles locales.

S’il reste des gens intéressés, ils pourront suivre le reste de l’aventure sur Twitter ou Facebook.

Et pour ceux qui rechercheraient d’autres projets à financer, il reste la campagne du gestionnaire de podcasts Vocal, qui est plutôt mal partie, ainsi que celle de Grammalecte, le seul correcteur grammatical libre que nous ayons pour le français. J’espère donc sincèrement que vous ferez de cette dernière un succès.

Vocal lance une campagne de financement participatif

Nathan Dyer, le développeur du gestionnaire de podcasts Vocal, vient de lancer une campagne de financement participatif, dans le but de pouvoir se consacrer à plein temps au projet.

Si l’objectif des 14 000 dollars est atteint, il promet les fonctionnalités suivantes pour la version 2.0 :

  • Une remarquable nouvelle expérience de navigation au sein des répertoires, avec support intégré du vendeur de podcasts iTunes
  • Synchronisation entre différents périphériques
  • Synchronisation avec les appareils mobiles, incluant Android et iOS
  • Mise à jour des flux et téléchargement en arrière-plan
  • Une nouvelle file d’attente de lecture
  • L’ajout d’une minuterie pour la mise en veille
  • Une meilleure expérience native pour les différentes distributions
  • Une nouvelle fonctionnalité de recherche et de meilleurs filtres
  • Support complet du HTML pour les notes
  • Support des flux protégés par mot de passe
  • Différentes vitesses de lecture

La somme demandée me paraît un peu élevée pour ce type de logiciel, mais qui sait. Peut-être que je sous-estime la demande :)

Sortie de l’ordinateur Endless

L’ordinateur Endless

Après deux années de mystère, Endless Mobile vient d’annoncer la disponibilité de l’ordinateur Endless, dont le but est de fournir une machine aux 4,5 milliards de personnes qui en sont toujours dépourvues.

Une campagne Kickstarter a également été lancée, dans le but de récolter 100 000 dollars et d’aider à lancer le produit dans les deux marchés initiaux que sont le Mexique et le Guatemala. Par la suite, ils comptent s’étendre dans le reste de l’Amérique du Sud, suivi de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Endless Mobile n’est pas un organisme caritatif mais une entreprise qui compte vendre un produit. Et puisque le public cible se situe principalement dans les pays émergents, il fallait une machine la moins chère possible, la plus simple d’utilisation qui soit, et qui puisse éventuellement se passer d’une connexion Internet, ou dont la connexion serait de mauvaise qualité.

Pour les premiers prototypes, ils étaient partis d’Android, avant de se rendre compte des trop nombreuses limitations qui empêchaient d’en faire un environnement de bureau à part entière, capable de faire fonctionner également des applications traditionnelles. Ils se sont donc tournés vers GNU/Linux et GNOME 3, qu’ils ont modifié pour répondre à leurs besoins.

Dans le but de baisser les coûts, ils sont partis sur du matériel que l’on retrouve dans les smartphones : processeur Intel Bay Trail-M N2807, 2 Go de RAM, SSD de 32 ou 500 Go selon les modèles, ports RJ-45, USB 2 et 3, HDMI, puis éventuellement WiFi et Bluetooth 4.0 pour le modèle le plus cher. La machine devant également pouvoir être reliée à un téléviseur, pour que les utilisateurs ne soient pas obligés d’acheter un écran supplémentaire.

Niveau applicatif, on retrouve de nombreux logiciels libres, comme Chromium (qui offre donc un accès au Chrome Web Store), des applications de base pour regarder des photos ou des vidéos, écouter de la musique, une suite bureautique, des jeux éducatifs…

Une version hors ligne de Wikipédia est également fournie

De nombreux contenus sont également pré-installés, tels que des versions hors-ligne de Wikipédia et l’Académie Khan, ainsi que d’autres contenus relatifs à la santé, la cuisine, l’agriculture ou la maternité.

Maintenant, reste à savoir si le public concerné sera intéressé par des ordinateurs à 169 et 229 dollars, quand les gens ne jurent plus que par leur smartphone ;)

LaTeXila lance une campagne de dons

LaTeXila est un éditeur LaTeX pour l’environnement de bureau GNOME, dont l’idée est de toujours traiter directement avec le code LaTeX, tout en simplifiant l’écriture de ce dernier.

Son auteur, Sébastien Wilmet, vient de lancer une compagne de dons pour accélérer son développement.

LaTeXila 3.14.3

Deux paliers sont proposés, avec un premier objectif à 2500 euros, qui permettrait d’améliorer la correction orthographique et d’ajouter la visualisation de la sortie complète de Latexmk. Actuellement, seule une sortie filtrée est proposée, qui tente de n’afficher que les informations significatives. Le but, serait donc de pouvoir basculer facilement entre la sortie filtrée et la sortie complète pour chaque tâche ou sous-tâche de Latexmk avec, dans la sortie complète, la mise en évidence des éléments filtrés.

Et un second objectif à 10 000 euros, qui permettrait d’améliorer l’auto-complétion des commandes LaTeX, un aperçu temps réel du résultat final, ainsi que des améliorations concernant l’éditeur de texte (mode plein écran, amélioration de la recherche et du remplacement…). Cette dernière partie serait bénéfique à d’autres projets GNOME, tels que Gedit, GtkSourceView ou GtkSpell.

Pour rappel, LaTeXila propose déjà les fonctionnalités suivantes :

  • Outils de construction : boutons personnalisables pour compiler, convertir ou visionner un document d’un seul clique. Latexmk est utilisé par défaut, mais les commandes pdflatex, dvipdf et bibtex peuvent également être utilisées.
  • Auto-complétion des commandes LaTeX.
  • Structure de document : liste de chapitres, paragraphes, figures… pour naviguer facilement dans un document.
  • Table de caractères (lettres grecques, flèches…)
  • Modèles pour créer un nouveau document : quelques modèles sont fournis par défaut (article, rapport, livre, lettre, présentation…), et vous permet d’en créer de nouveaux.
  • Gestion de projets
  • Vérification orthographique
  • Menus et barres d’outils avec les principales commandes LaTeX
  • Navigateur de fichiers intégré
  • Tout ce qu’on peut trouver dans un éditeur de texte traditionnel

On ne rappellera jamais assez l’importance des dons pour les projets libres. Avec suffisamment d’argent, plus de développeurs pourraient travailler à temps plein sur leurs projets, qui avanceraient donc beaucoup plus rapidement, pour le bien de tous.

Que reste t-il pour Linux ?

Durant les années 80-90, pendant l’ère MS-DOS, les utilisateurs de systèmes Unix se moquaient de la médiocrité technique de ce dernier : système toujours 16 bits, quand les architectures 32 bits étaient déjà démocratisées; système mono-tâche, l’utilisateur ne pouvant faire qu’une seule chose à la fois; système mono-utilisateur, la gestion des droits et la sécurité étaient inexistantes; ne disposait pas non plus de pile TCP/IP; et ne proposait qu’un shell particulièrement limité. Le système était pourtant déjà vendu pré-installé sur tous les PC, et la vente forcée fit le succès commercial de Microsoft.

En août 1995, l’éditeur sortit Windows 95. Le système passa enfin au 32 bits, apporta le multitâche préemptif, ainsi qu’une interface graphique relativement moderne pour l’époque, tout en facilitant nombre d’actions. Bien que très loin derrière les possibilités offertes par BeOS, encore une fois, la vente forcée aidant, ce fut un succès populaire. Et ce, malgré l’instabilité chronique du système, les utilisateurs subissant de nombreux et réguliers BSoD, ce qui les obligeait à redémarrer leur machine et perdre tout leur travail en cours.

Avec la sortie de Windows 2000, et surtout, Windows XP, Microsoft fit converger ses branches pro et grand public. Ce dernier bénéficia d’un tout nouveau noyau, enfin robuste, qui apporta une certaine stabilité au système. Il n’est désormais plus rare de trouver des Windows qui servent de stations de travail, avec plusieurs centaines de jours d’uptime. L’un des premiers avantages de Linux s’envola.

Microsoft continua son petit bonhomme de chemin, malgré certaines versions, telles Vista ou Windows 8, relativement boudées par le public. Mais vous connaissez la chanson. Avec la vente forcée, le système continua de se vendre comme des petits pains. Néanmoins, avec l’arrivée de Windows 8, ce ne sont plus les qualités techniques du système qui furent décriées, mais sa nouvelle interface. En février 2014, Steve Ballmer quitta la direction de l’entreprise, pour laisser la place à Satya Nadella. Avec lui, Microsoft fit preuve d’une plus grande ouverture, tout en étant plus à l’écoute des utilisateurs.

Durant les pré-versions de Windows 10, la presse se fait élogieuse à la sortie de chaque nouvelle build. Mais surtout, ce sont les nombreux avantages de Linux qui tombent un à un. Tout d’abord, l’apparition des bureaux virtuels, qui étaient demandés depuis de nombreuses années. Ensuite, avec OneGet, les administrateurs systèmes bénéficieront désormais d’un gestionnaire de paquets, capable d’installer, supprimer et gérer des applications depuis des dépôts. Microsoft décide également d’apporter le support de tous les codecs et conteneurs populaires à son lecteur multimédia, y compris ceux provenant du libre, comme FLAC ou Matroska. Les utilisateurs de Windows 10 n’auront donc plus besoin d’installer VLC pour pouvoir tout lire. Même chose du côté de la visionneuse d’images, qui va jusqu’à supporter les formats RAW.

Nous avons donc un système stable, avec bureaux virtuels, gestion des applications centralisée (Windows Store ou dépôts pour les administrateurs), tous les formats supportés par défaut… Mais en plus de rattraper son retard sur Linux et OS X, Microsoft prend également de l’avantage dans certains domaines. Tout d’abord, l’intégration. Microsoft vise une plateforme unique, aussi bien pour les PC, les tablettes, les smartphones ou sa console. Ainsi que des applications universelles qui pourront tourner partout. Les différents appareils devant également pouvoir communiquer et interagir entre eux. Du côté de Linux, c’est tout juste si nous avons les prémisses d’un projet permettant à une machine sous Linux de communiquer avec un smartphone sous Android. L’avantage qu’on pourrait avoir, ça serait de supporter aussi bien tous les systèmes, là ou Apple, Google ou Microsoft, préfèreront ne supporter que leur solution maison.

Cortana, l’assistant personnel de Microsoft, jusqu’à présent uniquement disponible sur Windows Phone, le sera également sous Windows 10. Que ce soit celui de Microsoft, ou ceux d’Apple ou Google, les assistants ne sont pas encore très évolués, et on peut se demander l’intérêt d’en avoir un sur PC, et l’air bête  qu’on aurait en parlant à sa machine. Mais je pense que le plus important, c’est de voir à quel point ils investissent sur l’intelligence artificielle, et tout ce que ça permettra dans le futur. Pour ceux qui ont regardé la série Extant, je pense qu’on peut avoir un aperçu plutôt plausible de ce que seront les maisons intelligentes et connectées de demain. On ne parlera plus à son PC, en devant se situer physiquement à proximité de ce dernier, mais on pourra parler naturellement à une entité intelligente, où que l’on soit dans le bâtiment.

GNOME, avec son shell, a permis de faciliter certaines actions. On peut taper le nom d’une ville pour obtenir l’heure locale; taper le nom d’un contact, et pouvoir plus rapidement accéder à sa fiche pour obtenir ses informations ou lui envoyer un email; pouvoir taper des opérations arithmétiques sans avoir besoin de lancer la calculatrice… mais sans intelligence artificielle, nous ne pourrons guère aller plus loin qu’économiser un ou deux cliques de souris.

Il y a bien le Projet Pensées Profondes, développé par des étudiants de l’ENS de Lyon, qui fait appel à des projets libres comme Wikidata ou OpenStreetMap, pour pouvoir répondre à des questions (pour le moment, uniquement en anglais). Mais ça reste un projet étudiant, là ou de gros acteurs tels que Canonical, Red Hat ou Mozilla, qui n’a aucun assistant personnel sous Firefox OS, auraient du investir sur un projet commun. Projet qui nécessite également des algorithmes de reconnaissance et de synthèse vocale, pour lesquels les concurrents propriétaires obtiennent des résultats de plus en plus naturels, là où le couple libre Orca / eSpeak, donne rapidement envie de se taper la tête contre les murs.

Bien entendu, nous ne pouvons pas compter uniquement sur les entreprises et organisations qui soutiennent le libre, et j’avais placé de grands espoirs dans les campagnes de financement participatif. Malheureusement, malgré quelques succès (OpenShot ou Builder) et ce, même si l’ensemble des paliers n’ont pas été atteints, j’ai l’impression de voir beaucoup plus d’échecs (Geary, GCompris ou Pitivi, pour ne citer qu’eux).

Pire encore. Non seulement nous avons de moins en moins d’avantages à faire valoir, mais surtout, j’ai l’impression que c’est nous qui courrons désormais derrière le monde propriétaire. Quand PulseAudio est sorti, il ne faisait que rattraper son retard sur les piles audio concurrentes. Il en sera de même pour la partie vidéo, quand nous passerons enfin à Wayland. Ou quand on pourra enfin isoler les programmes dans des sandbox, de façon plus simple et transparente. Mais quel autre gros projet avons-nous, à moyen terme ? De son côté, Microsoft arrive encore à surprendre, avec des projets comme HoloLens, ou la traduction audio à la volée, avec Skype Translator.

Certains seraient tentés de dire que le libre a de toute façon gagné, qu’on le retrouve partout. Oui, mais non. Le libre sert effectivement de base solide, qui fait gagner du temps et de l’argent aux industriels, mais c’est accompagné à chaque fois d’une surcouche propriétaire, comme c’est le cas d’Android, ChromeOS ou SteamOS. Ou se trouve être inaccessible à l’utilisateur, comme c’est souvent le cas dans l’embarqué.

On pourrait également penser qu’avec la démocratisation de Linux apportée par Ubuntu ou l’arrivée de Steam, on pourrait gagner en popularité. Effectivement, je pense que de plus en plus de gens vont bénéficier de machines sous Linux, Canonical et Dell ayant signés des accords pour une commercialisation en Inde et en Amérique du Sud. Mais si les utilisateurs ne sont pas éduqués au libre, Linux ne deviendra qu’une pâle copie des systèmes propriétaires. Même chose du côté des éditeurs de logiciels, qui ne respectent pas les bonnes pratiques, et commencent à pourrir le système de l’utilisateur. Gaming on Linux avait publié un article qui prenait en exemple des jeux qui effectuaient leurs sauvegardes directement à la racine du répertoire de l’utilisateur, ou dans son répertoire Documents…

Au final, que reste t-il pour Linux. Pour le moment, sa liberté. Cette même liberté, qui nous permet de garantir un système propre, sûr, et dans lequel nous pouvons avoir confiance, quand il est développé par une distribution soucieuse des libertés, et que l’utilisateur y accorde également une certaine importance.

Selon le développeur et activiste Matthew Garrett, « les gens n’ont pas besoin d’un meilleur environnement de bureau, ils ont besoin d’un environnement différent, où la sécurité serait une préoccupation prioritaire dans la conception du système. Un environnement qui serait ouvert et respectueux de leur vie privée » (People don’t need a better desktop, they need a different desktop, a desktop where security is a priority concern in OS design, which respects privacy and is open).

Bien évidemment, nous devons miser là-dessus. Mais si nous n’avons rien d’autre de plus sexy à proposer, en regard du peu de changements de comportement apportés par les révélations d’Edward Snowden, je doute que cela change grand-chose. Les gens continueront de préférer céder leurs libertés, pour un peu plus de confort.

Et non, le fait que Linux soit bidouillable à l’envi, et qu’il propose de nombreux environnements de bureau, n’y changera rien.