Linux n’est-il réellement pas prêt pour le desktop ?

L’une des forces de Linux, ça reste le choix…

 

Je viens de tomber sur cet article, « Why Linux is still not ready for desktop », où l’auteur affirme retenter l’expérience Linux tous les trois ans, pour en arriver toujours à la même conclusion, Linux n’est pas prêt pour le desktop. D’après lui, les concepteurs d’Ubuntu (puisque l’auteur ne semble pas avoir conscience de l’existence d’autres distributions, qui répondraient pourtant mieux à ses besoins) refusent de se mettre à la place de l’utilisateur, et proposent donc un produit inadapté et mal pensé. Pour en arriver à cette conclusion, il cite plusieurs exemples.

L’installation du plugin Flash. L’auteur serait apparemment allé sur le site d’Adobe pour trouver le plugin. Le site aurait détecté que l’utilisateur tournait sous Ubuntu, et aurait tenté d’ouvrir la logithèque, amenant à un échec. Pour moi, le problème vient plutôt du fait qu’il tente de retranscrire un comportement windowsien sous Linux (j’ai besoin d’un logiciel, je vais sur le site de l’éditeur). N’étant pas moi-même utilisateur d’Ubuntu, j’ai tout de même essayé la version 14.04 LTS dans une machine virtuelle pour vérifier si c’était réellement si compliqué : lancer la logithèque, rechercher Flash, cliquer sur Install. C’est tout. Pour moi, c’est finalement infiniment plus simple que sous Windows.

L’auteur enchaîne ensuite sur LibreOffice, qu’il trouve inférieur à Microsoft Office, ainsi que le fait qu’Ubuntu ne propose pas les mêmes polices de caractère que sous Windows, ce qui nuit à l’échange de fichiers entre les différentes plateformes. Là-dessus, je répondrais que LibreOffice peut être supérieur ou inférieur sur certains points à Microsoft Office, mais que dans l’ensemble, il répond parfaitement aux besoins de la majorité des gens. Tout comme Ubuntu ne peut rien faire de spécial avec les polices non libres dont la redistribution serait interdite (ce qui n’empêche pas les polices Windows d’être compatibles sous Linux), ou LibreOffice de peiner à être compatible avec un format de fichier propriétaire. Format sur lequel Microsoft lui-même a parfois du mal à être pleinement compatible d’une version à l’autre. Comme quoi, il est préférable de privilégier les solutions libres chaque fois que c’est possible, histoire d’éviter ce genre de désagréments.

Google Docs est confronté aux même problématiques, et ça ne l’empêche pas de rencontrer un certain succès. Ce même Google, qui propose d’ailleurs un certain nombre de polices sous licence libre, pour favoriser les échanges. Et pour ceux qui auraient réellement besoin d’utiliser Microsoft Office, CrossOver semble proposer une certaine compatibilité avec la version 2010.

Et quitte à citer Google, rappelons tout de même que les ChromeBooks permettent actuellement de faire infiniment moins de choses qu’une bonne distribution Linux, ce qui ne les empêche pourtant pas de se vendre comme des petits pains. En 2013, ils représentaient d’ailleurs 25% des ventes de portables premiers prix aux États-Unis.

Vient ensuite la question de l’environnement de bureau. Tout comme il n’aime pas l’interface de Windows 8, l’auteur nous avoue ne pas aimer non plus celles d’Unity ou GNOME. Malgré tout, pour chacun de ses essais, il se limite encore et toujours à Ubuntu. Il aurait très bien pu tenter d’autres variantes officielles, voir tenter Linux Mint. Et là, pour le coup, il n’aurait pas rencontré son problème avec Flash, ce dernier y étant pré-installé ;)

Unique point positif de sa critique, l’arrivée de Steam et du jeu vidéo sous Linux.

Critique qu’il conclura sur l’infériorité de Gimp vis-à-vis de Photoshop, et sur le fait que les linuxiens devraient arrêter de comparer The Gimp à ce dernier. Sur ce dernier point, il a raison. The Gimp répond à certains besoins, tandis que pour d’autres, il existe des alternatives bien plus adaptées : Krita pour le dessin bitmap, Inkscape pour le dessin vectoriel, darktable pour le traitement photo… Mais si on en revient à The Gimp, il existe d’excellents plugins, comme G’MIC, qui ajoutent un certain nombre de fonctionnalités particulièrement puissantes. Mais surtout, que ce soit The Gimp ou Photoshop, ce sont des outils professionnels, qui sont à mille lieux des préoccupations de la plupart des gens.

Alors, en ce qui me concerne, Linux est-il prêt ? Oui et non. Il n’existe pas de meilleur système. Ils ont chacun leurs points forts et leurs points faibles. Tout comme les besoins de chacun sont différents. Pour le moment, je ne conseillerai pas Linux à un hardcore gamer, tandis qu’il pourrait convenir à une personne qui se contente d’aller sur Internet, qui a besoin de gérer photos et vidéos personnelles… ce qui semble finalement représenter le gros de la population.

Pour moi, les deux grosses lacunes de Linux, sont l’absence de support d’un gros constructeur. Les gens n’ont pas envie de vérifier si leur machine est compatible, s’embêter avec l’installation du système, configurer ce qui aurait besoin de l’être. Ils veulent pouvoir acheter un produit simple et fonctionnel. Apple l’a bien compris, et je trouve dommage que Canonical ne se soit pas plutôt lancé là-dedans, plutôt que dans son délire de téléphonie.

Ensuite, les applications. Même si l’offre logicielle s’améliore de jour en jour, ce n’est pas encore ça. Récemment, une connaissance, qui a préféré quitter Linux pour OS X, me donnait un exemple tout bête. Pour des raisons qui lui sont propres, elle n’aime pas le client FTP FileZilla, et m’a demandé ce que j’aurais bien pu lui conseiller d’autre. Et là, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé. Personnellement, j’utilise lftp en ligne de commande, mais aussi puissant soit-il, je ne me vois pas le conseiller à monsieur tout le monde. Sous OS X, elle a opté pour Transmit. Il y a malheureusement encore trop de domaines ou l’offre n’est pas à la hauteur, ou pire, complètement absente.

Pour le coup, je trouve dommage que les grosses distributions, qui sont dirigées par des entreprises (Attachmate, Canonical, Red Hat…), n’aient pas plus investis dans les applications à destination des utilisateurs finaux. Dommage également de constater l’échec des différents environnements de bureau à insuffler une dynamique, vanter les mérites de leur plateforme, amener les développeurs à s’y intéresser…

Linux est donc d’ores et déjà prêt pour bien des gens, mais il n’intéressera les masses qu’en ayant un constructeur prêt à miser dessus, tout en ayant une offre logicielle plus complète.

Maintenant, quand je relis son article, qu’on peut résumer au fait de vouloir un plugin propriétaire, des drivers propriétaires, souhaiter tel ou tel programme propriétaire et dire que les logiciels sous Linux ne sont pas à la hauteur, j’ai envie de dire que cette personne n’a rien compris à ce qu’était Linux et le libre. Malheureusement, c’est la même rengaine qui revient sans cesse : « on ne trouve pas Photoshop et le dernier Call of Duty sous Linux, c’est nul ».

Si on peut installer une distribution Linux et obtenir d’emblée un environnement complet et pleinement fonctionnel : les bons drivers, multi-lingue, de nombreuses applications de qualité pour répondre à tous les besoins de base, la possibilité d’en installer d’autres facilement, rapidement et gratuitement pour répondre à des besoins plus évolués, c’est du au fait que tout soit libre. Si on peut tout bidouiller, voir forker une distribution complète pour changer l’environnement de bureau et les logiciels par défaut (choix qui profite à l’utilisateur), ou un logiciel pour essayer de nouvelles idées, c’est encore une fois parce que c’est libre. Si on peut avoir confiance dans nos logiciels (respect de l’utilisateur, de sa vie privée…), c’est parce qu’ils sont libres. Si on peut facilement passer d’un logiciel à l’autre, c’est parce que les formats de fichiers sont libres et ouverts…

Il n’y a strictement aucun intérêt à passer sous Linux, autre que financier, si le libre n’a aucune importance pour l’utilisateur. Avant d’envisager une potentielle migration, ce sont vraiment les questions à se poser. Qu’est-ce que le libre, que peut-il m’apporter, est-ce réellement important pour moi.

Ozon OS est disponible en version beta

Ozon, projet commun entre Numix et Nitrux, vient de sortir la première beta de son système d’exploitation. Ils font parti de ces nouveaux systèmes, au même titre qu’elementary OS, qui ne cherchent plus à proposer des distributions généralistes qui fourniraient une foultitude d’environnements de bureau lors de la phase d’installation, mais cherchent au contraire à se concentrer sur un environnement en particulier, qui leur est propre.

Ozon OS « Hydrogen » BETA

Néanmoins, ils n’ont pas cherché à réinventer la roue en repartant de zéro, et se basent en réalité sur Fedora 21 pour la distribution, et le projet GNOME pour l’environnement de bureau et les applications de base, auxquels ils ont ajouté leur propre thème, jeu d’icônes, extensions GNOME Shell… Tout en prévoyant, dans le futur, d’aller jusqu’à vendre des machines avec Ozon OS pré-installé.

Ils ont également comblé les lacunes de Fedora, que ce soit au niveau du rendu des fontes (avec FreeType), ou des codecs multimédia pré-installés, histoire d’être certains de pouvoir tout lire.

Au niveau applicatif, ils ont opté pour le strict nécessaire, les applications GNOME couvrant la plupart des besoins. On remarquera néanmoins qu’ils ont opté pour Chromium en tant que navigateur par défaut, Tomahawk pour la musique et gThumb pour les photos. Aucun client mail ou suite bureautique ne sont pré-installés. Ils ont par contre pensé à Steam pour le jeu vidéo.

On terminera sur le fait que le système n’est disponible qu’en 64 bits, et qu’en tant que version beta, vise surtout les développeurs, et autres curieux prêts à faire des rapports de bugs.

Améliorer l’intégration de Firefox au sein de GNOME

Par défaut, Firefox ne cherche pas particulièrement à s’intégrer aux différents environnements de bureau sous Linux. Il n’utilise pas leurs systèmes de notifications, leurs gestionnaires de mots de passe, et ne fournit guère plus de .desktop (malgré un rapport de bug datant de juin 2005), élément pourtant nécessaire pour pouvoir en faire son navigateur par défaut, lui associer une icône… Fort heureusement, les différentes distributions se sont occupées de ce dernier point. Pour le reste, nous allons voir qu’il existe quelques extensions pour améliorer la situation.

Firefox 36 avec le thème Adwaita et l’extension HTitle

Vous pouvez tout d’abord commencer par installer le thème GNOME 3, ainsi que l’extension GNOME Theme Tweak, qui permet de configurer ce dernier (boutons en relief sur la barre de navigation, style différent pour les fenêtres non actives, texte d’onglet en gras, choix de la largeur maximale des onglets…)

Par défaut, tout comme dans Nautilus ou Web, les onglets seront sous la barre d’adresse. Les développeurs ont refusé de laisser une option, pourtant autrefois présente, permettant à l’utilisateur de choisir sa préférence, mais auront tout de même laissé une clé de registre pour inverser la position des onglets. Pour cela, dans la barre d’url de Firefox, il faut taper about:config, confirmer qu’on fera bien attention, puis rechercher la clé extensions.gnome-theme-tweak.tabs-on-top, qu’on positionnera à true.

Et pour en finir avec l’apparence, si vous souhaitez faire disparaître la barre de titre quand la fenêtre est maximisée, vous pouvez installer l’extension HTitle.

Maintenant, pour une intégration plus poussée, pour que Firefox utilise le système de notifications de GNOME, il existe GNotifier.

Et pour ceux qui auraient des raisons de préférer l’utilisation du gestionnaire de mots de passe de GNOME, il existe GNOME Keyring integration. Par contre, il n’existe pour le moment aucun moyen d’importer vos mots de passes déjà enregistrés, et vous devrez les retaper manuellement.

Toujours plus connectés

Paolo Borelli vient d’annoncer le développement d’un nouveau projet, Nuntius, dont le but est de permettre la réception des notifications de vos appareils Android (SMS, messages Whatsapp…) dans le centre de notifications de GNOME, et bien entendu, de pouvoir y répondre.

Le projet se compose de deux applications. Une première, qui doit être installée sur vos appareils Android, et qui est dors et déjà récupérable sur Google play. Et une seconde, qui le sera sur vos distributions Linux. L’ensemble communiquant ensuite par Bluetooth.

On commence donc à se rapprocher d’Apple, qui permet déjà depuis un certain temps, une telle intégration de ses périphériques iOS au sein d’OS X.

Sortie de Lollypop 0.9.0

Lollypop est un lecteur audio pour GNOME, qui respecte l’ergonomie et la simplicité de ce dernier.

Lollypop 0.9.0

Déjà bien complet (navigation par style/artiste/album ou artiste/album, téléchargement automatique des pochettes d’albums, mode soirée, vue des albums populaires, recherche dans la bibliothèque…), cette nouvelle version apporte le support des listes de lecture, la synchronisation avec les périphériques compatibles MTP, un mode plein écran, et un certain nombre d’améliorations dans l’interface.

Malheureusement, je trouve dommage qu’on ne puisse toujours pas lancer la lecture d’un album d’un simple et rapide double clique sur sa pochette, et qu’on soit obligés d’afficher tout d’abord la liste des pistes de l’album, pour ensuite sélectionner celle qui nous intéresse.

Hormis ce point de détail, ça reste une bien meilleure alternative au lecteur de musique officiel du projet GNOME, qui répondra parfaitement aux besoins de la plupart des gens, souvent perdus devant le foisonnement d’options des ténors du genre.

Changer automatiquement son fond d’écran

Par défaut, l’outil de sélection de l’arrière-plan ne permet rien d’autre que de sélectionner votre fond d’écran. Pas la moindre option n’est disponible, alors que certaines existent pourtant bel et bien : type de dégradé de couleur, opacité de l’image, ou la manière dont cette dernière est rendue (en mosaïque, centrée, redimensionnée, remplie, zoomée, étendue). Pour cela, il faut passer par dconf-editor, puis vous rendre jusqu’à org.gnome.desktop.background.

Mais dans le cas où vous souhaiteriez beaucoup plus d’options, sans avoir à bidouiller des clés de registre, le mieux à faire, est d’installer un programme tiers tel que Variety.

Variety 0.5.2

Ce dernier, propose un certain nombre d’options intéressantes :

  • Changer le fond d’écran lors d’un intervalle prédéfini, ou à chaque redémarrage de l’ordinateur
  • Afficher les images d’un répertoire, ou en récupérer automatiquement depuis l’une des nombreuses sources prises en charge (Flickr, Wallhaven, la NASA, Reddit…)
  • Appliquer de nombreux effets (dont un léger flou plutôt sympa)
  • Afficher une horloge numérique sur le bureau
  • Synchroniser vos images préférées entre plusieurs ordinateurs

Afficher, de façon permanente, la barre d’adresse dans Nautilus

Pour afficher un champ texte plutôt qu’une succession de boutons, vous pouvez utiliser le raccourci clavier Ctrl-L. Mais pour que ce choix soit permanent, il faudra lancer dconf-editor, vous rendre dans org.gnome.nautilus.preferences, puis activer la clé always-use-location-entry.

Préférences de Nautilus dans dconf-editor
Préférences de Nautilus dans dconf-editor

Si vous préférez la ligne de commande, vous pouvez utiliser directement

gsettings set org.gnome.nautilus.preferences always-use-location-entry true

Tester facilement la version de développement de GNOME

Le projet, tout au long de sa phase de développement, publie régulièrement de nouvelles images prêtes à l’emploi. Ces dernières, au format qcow2, peuvent être testées directement avec Machines  ou QEMU / KVM.

Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site GNOME Continuous, de cliquer sur le lien Download, puis de télécharger l’une des deux images. La version « runtime », la plus légère, suffira pour un simple test. La seconde, « devel-debug », qui contient des outils de développement et les messages de débogage, sera plutôt destinée aux développeurs.

Une fois le téléchargement terminé, il n’y a plus qu’à décompresser l’archive. Vous pouvez ensuite lancer Machines, créer une nouvelle machine, sélectionner votre image (vous pouvez éventuellement personnaliser cette dernière pour lui attribuer plus de mémoire), pour finalement lancer la création. Les images étant équivalentes à des live CD, aucune installation du système ne sera nécessaire. L’assistant de configuration de GNOME vous permettra de choisir votre langue, la configuration de votre clavier, votre fuseau horaire, la création d’un compte… avant d’atterrir sur le bureau et d’être aussitôt utilisable.