Cartes se prend une tuile

Cartes n’est plus autorisé à afficher les tuiles du service MapQuest

Cartes est une application GNOME utilisant les données géographiques d’OpenStreetMap pour permettre de trouver rapidement un emplacement en recherchant par ville ou par rue, ou de définir un itinéraire en faisant appel au service GraphHopper.

À partir des données géographiques d’OpenStreetMap qui sont sous licence libre, plusieurs acteurs ont pu générer des cartes de la planète, mises en forme selon leurs préférences (tel que le choix des couleurs ou le type d’éléments mis en avant). Les cartes du monde étant gigantesques, dans le but de pouvoir rapidement transmettre à l’utilisateur une image du lieu désiré au niveau de zoom souhaité, les cartes sont divisées en une foultitude de petites images PNG de 256×256 pixels, les tuiles.

La politique d’utilisation des tuiles d’OpenStreetMap n’autorisant pas une utilisation importante de leurs ressources sans autorisation (cas typique d’une application utilisée par un grand nombre d’utilisateurs), le projet GNOME s’était rabattu sur le fournisseur de tuiles MapQuest, qui proposait jusque-là un accès gratuit et illimité à ses serveurs. Malheureusement, un récent changement de politique de cette entreprise, pourtant annoncé depuis plusieurs mois et connu des développeurs GNOME, comme en atteste ce rapport de bug ouvert le 10 avril 2016, rend désormais impossible l’affichage de la moindre tuile depuis le 11 juillet dernier.

Quasiment toutes les versions sont concernées, de la 3.12 à la récente 3.20, et aucune alternative n’a pour le moment été annoncée.

Le développeur Mattias Bengtsson a récemment interpellé MapQuest sur leur compte Twitter pour savoir s’il serait possible d’obtenir une dérogation pour les projets libres.

Les autres possibilités étant d’obtenir une autorisation de la part d’OpenStreetMap, ou que le projet GNOME finisse par ouvrir son propre serveur de tuiles, ce qui aurait forcément un coût.

Cette absence de solution a également poussé les développeurs de la distribution Ubuntu GNOME à ne plus proposer l’application Cartes dans la prochaine version 16.04.1 LTS, annoncée pour le 21 juillet.

Les cinq extensions les plus populaires

Dans le but de connaître les extensions les plus populaires du moment, le site OMG! Ubuntu! avait demandé à ses lecteurs quelles étaient leurs extensions préférées.

1. Dash to Dock

Dash to Dock

Sans surprise, la première place revient à Dash to Dock. Ce dernier, permet de bénéficier d’un dock sur le bureau, permettant ainsi de pouvoir lancer des applications ou de basculer entre ces dernières sans avoir besoin de passer par la vue d’ensemble des activités.

De nombreuses options sont proposées, aussi bien au niveau de la personnalisation : choix du moniteur, position à l’écran (gauche, bas, haut, droite), masquage intelligent (automatique, seulement quand une application est en plein écran, quand il ne gêne pas les fenêtres…), taille du dock et des icônes, transparence…

Que du comportement : affichage ou non des applications favorites ou celles en cours de fonctionnement; choix de basculer vers la fenêtre d’une application déjà lancée quand on clique sur son icône ou d’ouvrir plutôt une nouvelle fenêtre; permettre de changer d’espace de travail en faisant défiler la souris au-dessus du dock…

La prochaine version (déjà disponible dans le dépôt git, pour les plus impatients) devrait également permettre d’isoler les espaces de travail dans le but de n’afficher que les icônes des applications en cours de fonctionnement sur l’espace courant.

2. TopIcons Plus

TopIcons Plus

Là encore, sans surprise, il s’agit de répondre à un fréquent reproche envers GNOME, en déplaçant les indicateurs (Skype, Franz, Telegram, Dropbox…) du tiroir de messagerie situé en bas à gauche, vers la barre supérieure.

3. Caffeine

Là, par contre, je suis plutôt étonné de voir cette extension en troisième position. Vu son nom, je pensais qu’il s’agissait d’une aide à la déconnexion pour les personnes passant beaucoup trop de temps devant leur écran, histoire de les inciter à faire une petite pause devant la machine à café. Mais en fait non. De cliquer sur l’icône en forme de tasse à café permet seulement d’activer ou de désactiver la mise en veille et l’écran de veille.

Une option permet d’ajouter une liste d’applications devant activer Caffeine automatiquement.

4. Drop Down Terminal

Sur le même principe que Guake, Drop Down Terminal permet d’obtenir, d’une simple pression de la touche ² (raccourci bien évidemment configurable), un terminal dans la moitié supérieure de l’écran, dans le but de pouvoir rapidement et à tout moment taper une ligne de commande.

5. Top Panel Workspace Scroll

Cette extension permet de changer d’espace de travail en faisant défiler la souris au-dessus de la barre supérieure. Pour rappel, Dash to Dock propose une option similaire, mais au-dessus du dock.

Mentions honorables

Au coude à coude pour la sixième place, on peut également citer Todo.txt, qui permet de créer une liste de tâches (ajout, suppression, marquage des tâches comme étant terminées, rassemblement par projet ou contexte, archivage des tâches terminées, priorisation…). Pixel Saver, qui permet de supprimer la barre de titre des fenêtres maximisées dans le but de gagner quelques pixels. Et pour finir, gTile, qui permet d’organiser les fenêtres en grille.

Sortie de BleachBit 1.12

BleachBit 1.12

BleachBit est une application qui permet d’optimiser le fonctionnement du système d’exploitation et de protéger la vie privée de ses utilisateurs. Il supprime les fichiers et les enregistrements inutiles des nombreuses applications prises en charge (cache, cookies, fichiers temporaires, journaux système, historique de navigation…), ce qui permet au système de fonctionner plus rapidement et de libérer de l’espace disque.

Similaire à CCleaner, il a l’avantage d’être libre, sans publicités, et de fonctionner aussi bien sous Windows que sous GNU/Linux ;)

En ce qui concerne les nouveautés apportées par cette version 1.12, nous noterons :

  • Correction d’un bug avec Google Chrome 51
  • Correction d’un bug concernant le nettoyage des miniatures avec les dernières versions de Chromium et Google Chrome
  • Correction d’un bug concernant le nettoyage de Firefox
  • Correction d’un plantage lorsque le fichier BleachBit.ini est corrompu
  • Mise à jour du nettoyeur des environnements de bureau GNOME et KDE
  • Mise à jour du nettoyeur des applications EasyTAG, Epiphany, Evolution, Rhythmbox et Transmission
  • Mise à jour du nettoyeur X11
  • Migration de GnomeVFS (qui est déprécié) vers GIO
  • Ajout de paquets DEB  pour Ubuntu 16.04 (Xenial Xerus) et RPM pour Fedora 24

Nous noterons également qu’à la suite des nombreuses dérives de SourceForge ces dernières années, comme un nombre croissant d’applications libres, BleachBit a finit par aller voir ailleurs. Le projet bénéficie désormais de son propre nom de domaine et d’un nouvel hébergeur, qui offre dans la foulée la prise en charge des protocoles HTTP/2 et IPv6, un accès sécurisé au travers d’HTTPS (TLS version 1.2), ainsi que l’utilisation d’un CDN (apparemment CloudFlare).

Deux nouveaux PC hybrides vendus directement sous GNOME

Fin 2014, l’entreprise américaine Purism lançait une campagne de financement participatif dans le but de pouvoir produire un ordinateur portable entièrement libre. Sans aller jusqu’à de l’open hardware, toute la partie logiciel se devait d’être libre. Ceci incluait aussi bien le logiciel d’amorçage (coreboot), le système d’exploitation, les pilotes de périphériques et bien évidemment les applications.

Des 250 000 dollars initialement demandés, ils réussirent à récolter près de 610 000 dollars, ce qui leur permit de sortir non pas un mais deux ordinateurs portables, Librem 13 et Librem 15, équipés de processeurs i5 et i7 de cinquième génération (Haswell), de 16 ou 32 GB de RAM, d’un SSD… classique, mais néanmoins onéreux, puisque commercialisés 1499 et 1899 dollars.

L’histoire aurait donc pu s’arrêter là, mais voilà que Purism vient de lancer la prévente sur Indiegogo de deux nouveaux ordinateurs portables hybrides, dont l’écran sera détachable pour faire office de tablette. Et c’est là que ça devient intéressant, puisque la nouvelle version de PureOS, le système d’exploitation maison autrefois basé sur Trisquel (un dérivé entièrement libre d’Ubuntu) et Cinnamon (un environnement de bureau dérivé de GNOME), fait un retour aux sources en se basant désormais sur Debian et GNOME. Les deux tablettes utiliseront donc bien GNOME Shell par défaut.

La Librem 10 en mode tablette

Depuis le temps qu’on entend les trolls se plaindre que GNOME Shell est entièrement pensé pour le tactile alors qu’aucune tablette ne semblait l’exploiter, entre ces deux nouveaux produits commercialisés directement sous GNOME ou le succès grandissant des PC hybrides (Microsoft Surface, Lenovo Yoga, HP Spectre…), c’est une bonne chose de constater que parmi tous les environnements de bureau libres disponibles, il en existe au moins un parfaitement adapté à ce type de configuration.

Pour en revenir à Purism, nous avons donc le modèle Librem 10, équipé d’un processeur Atom x5-Z8300, de 4 GB de RAM, de 64 GB d’espace disque et d’un écran 10.1″. Le tout vendu 599 dollars.

Vient ensuite la Librem 11, qui aura droit à deux déclinaisons. Une première, équipée d’un processeur Intel Core M-5Y10c, de 8 GB de RAM, d’un SSD de 256 GB et d’un écran 11.6″. Ainsi qu’une seconde, dont la RAM et le SSD passent respectivement à 16 GB et 512 GB. En ce qui concerne le prix, si vous précommandez dès maintenant, ça se fera à 999 ou 1567 dollars. Mais une fois la prévente terminée, ça grimpera ensuite à 1299 ou 1867 dollars.

Précommandes oblige, les livraisons devraient débuter en octobre 2016.

GTK+ 4.0 ne sera pas GTK+ 4

GTK+ Hackfest 2016 (© Matthias Clasen)

Le GTK+ Hackfest 2016 se déroule en ce moment même à Toronto. Plus d’une quinzaine de développeurs s’y sont retrouvés pour trois jours de développement et de discussions, décidant ainsi du futur de cette bibliothèque utilisée pour concevoir les interfaces graphiques des applications GNOME et d’un certain nombre d’autres projets majeurs.

L’une des discussions ayant fait le plus de bruit concerne le versionnage des prochaines versions majeures (GTK+ 4, 5, 6…).

Depuis la sortie de GTK+ 3.0 en février 2011, les nouvelles versions mineures se sont succédé ces dernières années, apportant à chaque fois leur lot de nouvelles fonctionnalités, mais également de problèmes, cassant régulièrement l’API ou les thèmes utilisateurs. À tel point que ce manque de compatibilité ascendante est désormais l’une des critiques les plus courantes, et que différents projets ont préféré abandonner GTK+ au profit de Qt, ou de retarder leur migration de GTK+ 2 vers la version 3.

Pour rappel, GTK+ 1 est sorti en 1998, GTK+ 2 en 2002 et GTK+ 3 en 2011. Des écarts toujours plus grands, qui obligent à apporter régulièrement de nouvelles fonctionnalités pour pouvoir coller aux nouvelles technologies ou couvrir de nouveaux besoins.

L’une des solutions envisagées, serait de sortir plus régulièrement de nouvelles versions majeures, considérées comme stables, qui ne recevraient plus que des correctifs améliorant la stabilité ou la sécurité (pour de plus amples informations, je vous conseil la lecture des deux billets de blog d’Allison Lortie, Gtk 4.0 is not Gtk 4 et Gtk 5.0 is not Gtk 5).

Après la sortie de GTK+ 4, qui ne devrait probablement pas avoir lieue avant 2018, une nouvelle version majeure sortirait approximativement tous les deux ans. Et entre chaque nouvelle version majeure, nous continuerions comme aujourd’hui de bénéficier de nouvelles versions mineures tous les six mois, qui apporteraient leur lot de nouveautés.

Mais c’est là que ça se gâte. Pour le moment, on semble se diriger vers un GTK+ 4 qui ne correspondrait pas à GTK+ 4.0. Et il en irait de même pour GTK+ 5 ou 6. En gros, durant les dix-huit premiers mois (ce qui correspond à trois versions mineures), les développeurs seraient libres d’ajouter de nouvelles fonctionnalités et de casser l’API autant qu’ils le souhaitent. Une fois le code stabilisé, il sera alors décidé que GTK+ 4.6 ou 4.8 pourra devenir le nouveau GTK+ 4.

GTK+ Hackfest 2016 (© Matthias Clasen)

À ce moment de l’article, vous ne pouvez vous empêcher de trouver ça idiot et de vous demander pourquoi ils ne travailleraient pas plutôt sur une branche de développement qui, une fois stabilisée, donnerait GTK+ 4.0, première version stable de cette nouvelle branche ?

De l’avis des développeurs, il semble y avoir deux publics, qui ont chacun des besoins différents. D’un côté des projets comme GNOME, qui souhaitent pouvoir bénéficier rapidement des dernières nouveautés sans avoir besoin d’attendre deux ans. Projets qui, de par leur taille, auront toujours la main d’œuvre nécessaire pour adapter les différentes applications aux éventuelles nouveautés ou autres cassures d’API. Et de l’autre, les développeurs d’applications tierces, qui préféreront plutôt se baser sur une version stable qui ne bougera plus, et ne nécessitera donc plus une maintenance incessante et régulière.

Maintenant, il faut savoir que les discussions ont toujours lieues et qu’aucune décision ne sera prise avant le prochain GUADEC, qui se tiendra cette année du 12 au 14 août en Allemagne. Il est donc possible que le versionnage change encore d’ici là. Mais une chose est sûre, de l’avis même des développeurs, des versions stables plus régulières devraient faciliter et accélérer le développement, ce qui devrait nous apporter plein de bonnes choses dans les années à venir.

Une inconnue demeure néanmoins. Combien de branches seront maintenues en parallèle ? Surtout quand on sait que GTK+ 2, qui en est actuellement à la version 2.24.30, est toujours maintenu, près de quinze ans après sa première apparition.

Afficher des dates plus précises dans Fichiers

Par défaut, dans la vue en liste, Fichiers n’affiche plus qu’une date de modification simplifiée (aujourd’hui, hier, jeudi…). Ce comportement peut être problématique quand l’heure est importante pour vous, et qu’elle peut vous aider à retrouver un document parmi un ensemble de fichiers créés le même jour, ou de pouvoir reconstituer la chronologie d’une suite de modifications.

Fichiers 3.20 affichant des dates de modification simplifiées

Pour ce faire, il vous suffit de vous rendre dans les préférences, de sélectionner l’onglet Colonnes des listes, puis de décocher Dernière modification, que vous remplacerez par Date de modification.

Fichiers 3.20 affichant des dates de modification plus précises

Sortie de la première version du thème d’icônes Arc

Le thème GTK+ Arc et le thème d’icônes Arc

horst3180, le créateur du plus populaire des thèmes GTK+, Arc, vient de sortir la toute première version d’un thème d’icônes associé, Arc Icon Theme.

Le thème n’en est encore qu’à ses débuts, et se contente pour le moment de couvrir les icônes de dossiers et les type MIME. Quand le thème ne propose pas ses propres icônes, il utilise par ordre de préférence celles des thèmes Moka et Adwaita.

Si vous préférez faire appel aux icônes Faenza ou modifier l’ordre de préférence, il vous faut éditer le fichier Arc/index.theme puis modifier la ligne Inherits de la section [Icon Theme].

Sortie de Shotwell 0.23.1

Shotwell 0.23.1

J’avais raté l’information, mais Geary n’est finalement pas le seul projet à avoir trouvé repreneur après la dissolution de la fondation Yorba. La liste de diffusion de Shotwell nous apprend que Jens Georg a repris la maintenance du projet le 15 avril dernier, et qu’il a déjà sorti deux nouvelles versions, la 0.23.0 le 25 avril et la 0.23.1 le 23 mai. Ces dernières corrigent une quinzaine de bugs, ajoutent de nouvelles icônes en haute résolution ainsi qu’une nouvelle icône symbolique; sans oublier les inévitables mises à jour de traductions, particulièrement nombreuses cette fois-ci.

On apprend également qu’au début du mois, Adam Dingle, le fondateur de la fondation Yorba, a transféré le copyright de toutes les applications à la Software Freedom Conservancy, un organisme sans but lucratif pour la promotion et l’amélioration des projets de logiciels libres et à code source ouvert. Ceci inclut aussi bien Shotwell et Geary, que Valencia, le greffon gedit pour la prise en charge du langage Vala, ou gexiv2, un wrapper pour Exiv2.

Jens Georg, alors tout récent mainteneur, en profite pour rappeler que sa mission est de veiller à ce que Shotwell reste l’excellent gestionnaire de photos qu’il est actuellement. Et que pour cela, il compte améliorer l’expérience utilisateur, que ce soit en termes de stabilité, de rapidité ou d’interface, tout en sélectionnant soigneusement les nouvelles fonctionnalités qui seront implémentées, comme une géolocalisation améliorée ou un meilleur système d’étiquettes.