Test d’utilisabilité concernant GNOME et Debian

Durant l’événement Contribuez vos compétences à Debian, qui s’est déroulé à Paris du 13 au 14 mai 2017, des développeurs de la distribution Debian ont organisé une session de tests d’utilisabilité de GNOME 3.22, qui sera l’environnement par défaut de la future Debian 9 (Stretch).

Il a été demandé à un groupe de six personnes d’accomplir une série de tâches dans le gestionnaire de fichiers (télécharger et renommer un fichier, manipuler des dossiers, ajouter un signet, modifier les paramètres d’affichage), la logithèque (installer et désinstaller une application, trouver une application permettant de télécharger des fichiers par BitTorrent et l’installer, mettre à jour le système) ou les paramètres système (modifier l’arrière-plan, modifier les paramètres concernant les fichiers temporaires, modifier le lecteur vidéo par défaut, ajouter et supprimer des horloges mondiales).

Comme on peut le constater sur la carte de chaleur, la plupart des tâches ont été accomplies sans grande difficulté.

Carte de chaleur montrant la difficulté à accomplir certaines tâches

Le vert indique que le participant a pu accomplir la tâche avec peu ou aucune difficulté, le jaune qu’il a rencontré des difficultés importantes, le rouge qu’il a rencontré des difficultés extrêmes ou lorsque la tâche a été accomplie de manière erronée et enfin, le noir, que le participant n’a pas réussi à accomplir la tâche demandée.

Dans Fichiers, la principale difficulté fut l’ajout de signets.

Pour l’installation et la désinstallation d’applications, Logiciels est habituellement particulièrement simple. Mais dans le cas présent, manque de pot, les développeurs ont fourni des machines avec la version live CD de Debian et se sont rendu compte durant le test que cette dernière ne proposait pas la liste des paquets disponibles et que par conséquent, Logiciels ne pouvait proposer que les applications déjà installées (voir le bug #862560). À l’avenir, toujours penser à effectuer soi-même les différentes tâches demandées avant de débuter un test d’utilisabilité :D

Au sujet de la modification des paramètres concernant les fichiers temporaires ou la modification du lecteur vidéo par défaut, il est regrettable que les participants n’aient pas pensé à taper les mots-clés temporaire ou défaut dans la vue d’ensemble des activités, qui leur aurait proposé les outils de configuration adéquats.

Sinon, en passant par le Centre de contrôle, les réglages concernant les fichiers temporaires s’effectuent depuis les paramètres de confidentialité, et la modification du lecteur vidéo par défaut, dans le volet Détails puis Applications par défaut. Mais là, pour le coup, il faut reconnaître que Détails n’est absolument pas parlant.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les différents tests, les erreurs des participants ou leur cheminement, je vous invite à lire le billet de blog d’intrigeri.

Autre point important, aucun des participants n’a utilisé l’aide des différentes applications, ce qui est plutôt regrettable sachant qu’elle est plutôt complète, de bonne qualité, traduite en plusieurs langues et en adéquation avec la version en cours d’utilisation.

À l’arrivée, les tâches demandées n’étant pas particulièrement compliquées, ça montre le travail qu’il reste à accomplir pour rendre notre environnement encore plus simple d’utilisation.

GNOME doit-il adopter un style plus moderne ?

Récemment, Alex Diavatis, l’auteur du site World of Gnome, posait la question sur son compte Google+ de savoir si GNOME devait adopter un style plus moderne, ce dernier étant souvent critiqué pour l’austérité de son jeu d’icônes. Sur les 582 votants, 54% (313) préféreraient un thème plus moderne, tandis que 46% (269) sont satisfaits du sérieux actuel du thème Adwaita.

De son côté, Jim Hall, qui étudie l’utilisabilité des logiciels, avait demandé à différentes personnes ce que leur inspirait les couleurs de différents environnements de bureau : OS X Yosemite, Windows 8 et GNOME 3.14 (voir le billet What you think about desktop colors, en anglais).

Sur la soixantaine de personnes ayant répondu, les associations qui ressortaient le plus concernant OS X, étaient : sobre, frais, neige, ciel et fille (blank, cool, snow, sky and girl). Pour Windows 8, c’était ciel, forêt, hype, brique et calme (sky, forest, cool, brick and calm). Tandis que pour GNOME, c’était ciel, sombre, nuit, sobre et hype (sky, dark, night, blank and cool).

Les couleurs d’OS X font donc penser à des adjectifs d’ouverture, de légèreté et de calme. Celles de Windows sont sombres, mais calmes. Tandis que celles de GNOME, bien que faisant penser à l’ouverte et au calme, dégagent également des sentiments négatifs.

« Les utilisateurs n’aiment pas les couleurs sombres dans un environnement de bureau. Dans la conception d’une interface, les couleurs affectent le ressenti qu’ont les gens de l’application. Comme on peut le voir dans cette comparaison, les utilisateurs perçoivent les couleurs sombres utilisées par Windows et GNOME comme maussades, tandis que les couleurs claires utilisées dans OS X suggèrent une interface aérée et conviviale. Ceci peut expliquer pourquoi nombre d’utilisateurs ont une mauvaise perception de l’utilisabilité de GNOME, quand des tests prouvent le contraire. Les couleurs maussades utilisées dans GNOME provoquent des sentiments de tension et d’insécurité, qui influencent la perception de l’utilisateur. »

« Ce n’est pas étonnant que les utilisateurs perçoivent généralement OS X comme étant particulièrement convivial. Apple a certes fait beaucoup d’efforts dans les tests d’utilisabilité d’OS X, mais je crois que leur choix d’opter pour des couleurs claires était un choix en connaissance de cause . Même les gens qui n’utilisent pas OS X en tant que système principal, le décrivent comme étant simple à utiliser. »

Le point positif, c’est qu’Allan Day, qui est responsable de l’expérience utilisateur sur le projet GNOME, semble accorder une certaine importance à l’avis de Jim Hall.

De votre côté, comment percevez-vous la légère évolution du thème de GNOME 3.16, et qu’espérez-vous pour l’avenir ?