Sortie d’Ubuntu GNOME 15.10

Ubuntu GNOME 15.10 (Wily Werewolf) vient de sortir.

Comme pour la précédente version, il s’agit principalement de correctifs et d’applications mises à jour. Rien de réellement nouveau, et la plupart des gens préféreront sans doute (ou du moins, ils devraient :) attendre la prochaine version LTS prévue pour le mois d’avril 2016.

On retrouve donc en partie GNOME 3.16, puisque Ubuntu préfère les versions éprouvées et refuse donc de proposer la dernière version de GNOME. Et en partie, puisque certaines applications, telles que Fichiers ou les Comptes en ligne, ne sont disponibles qu’en version 3.14. Pour le thème d’icônes ou le logiciel de gravure, nous avons droit à de vieilles versions 3.12. Mais la palme revient sans conteste à gedit, l’éditeur de texte, qui n’est proposé que dans une antédiluvienne version 3.10 qui ne proposait pas encore de barre d’en-tête.

Et bien que présentes dans la logithèque, les applications Agenda, Caractères, Horloges, Logiciels, Machines, Polari et Web ne sont pas pré-installées. L’application Musique est quant à elle bien présente, mais c’est Rhythmbox qui figure dans les applications favorites du dock. Et pour finir sur le gestionnaire de photos, nous noterons que Shotwell a été remplacé par Photos.

Ubuntu GNOME 15.10 et son vieux gestionnaire de fichiers

Pour une expérience vanilla, on repassera ;)

Pour le reste, nous retrouvons l’habituel navigateur Firefox dans sa version 41.0.2, la suite bureautique LibreOffice 5.0.2.2 ou le client BitTorrent Transmission 2.84. Et c’est à peu près tout pour les applications tierces.

Au niveau système, nous avons droit au noyau Linux 4.2.0, systemd 225, la bibliothèque graphique Mesa 11.0.2, le serveur X.Org 1.17.2, PulseAudio 6.0, ainsi que la pile Bluetooth BlueZ 5.35.

Conclusion

Comme pour la précédente version, vous aurez donc droit à une vieille version de GNOME, accompagnée de technologies plus ou moins vieilles. Alors, quitte à rester sur du vieux, il est sans doute préférable de privilégier des distributions stables et éprouvées comme Debian ou Ubuntu dans sa version LTS.

Quant à ceux qui rechercheront un système à jour et qui respecte l’expérience GNOME telle que souhaitée par le projet, ils se tourneront plutôt vers l’édition GNOME de Manjaro ou attendront la sortie de Fedora 23, qui est normalement prévue pour le début du mois de novembre.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.04

Installation d’Ubuntu GNOME 15.04

La dernière Ubuntu GNOME est sortie le 24 avril dernier, mais comme je ne porte pas particulièrement Canonical Ltd. et Ubuntu dans mon cœur, et qu’il n’y a finalement pas grand-chose à dire sur cette distribution, je n’ai pas jugé utile d’en faire un test approfondi.

Installation

L’installation se déroule sans problème. Ubuntu a longtemps excellé dans ce domaine, mais de nos jours, on retrouve désormais le même type d’installeur, tout aussi simple et ergonomique, sur un certain nombre d’autres distributions. Mais ça fait bien son boulot, et c’est bien là le principal.

Notons qu’après avoir choisi la langue souhaitée, dès le deuxième écran, on nous propose de cocher deux cases, pour télécharger les mises à jour pendant l’installation, mais surtout, pour installer un certain nombre d’éléments propriétaires (Flash, codecs multimédia, pilotes de périphériques pour cartes graphiques et Wi-Fi…), dans le cas où vous souhaiteriez une expérience utilisateur la plus fonctionnelle possible, sans avoir à batailler par vous-même.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 3.19.0, ainsi que systemd 219. Au niveau des pilotes de périphériques propriétaires, depuis le shell de GNOME, que vous recherchiez driver ou pilote, l’outil pour installer facilement des pilotes additionnels vous sera bien proposé, ce qui est une bonne chose. Par contre, au niveau du gestionnaire de paquets, c’est la vieille logithèque Ubuntu qui est proposée, et non Logiciels, que je trouve pourtant bien plus ergonomique.

Et c’est d’ailleurs une des raisons qui fait que je n’aime pas Canonical, qui a développé une logithèque qui ne peut être utilisée que par Ubuntu, comme à peu près tout ce qu’ils font. Et je ne parle pas uniquement du logiciel en lui-même, mais de toutes les données qui lui sont nécessaires (descriptions, captures d’écrans, notations…). Heureusement que Debian, Red Hat, GNOME, KDE… ont travaillé de façon conjointe pour créer la norme AppStream, dont les fichiers AppData seront fournis en amont, avec les sources des différentes applications. Ce qui permettra au final, de pouvoir être repris par toutes les logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon sous KDE…), et ce, peu importe la distribution utilisée.

C’est tout de même mieux de jouer en équipe, de collaborer et de faire progresser le logiciel libre dans son ensemble.

Environnement

Il s’agit d’un « vieux » GNOME 3.14.4. Le bon point, c’est qu’après plusieurs versions à ne proposer que des applications GNOME d’un autre âge, hormis Contacts et GNOME Bluetooth qui sont étrangement restés en version 3.8, toutes les autres applications ont bien été mises à jour en version 3.14.

Néanmoins, bien que disponibles depuis la logithèque, un certain nombre d’entre elles ne sont pas installées par défaut : Horloges, Logiciels, Machines, Musique, Photos, Web… sont ainsi manquantes.

Vous aurez par contre droit au navigateur Firefox 37.0, le client de messagerie Evolution 3.12 (même si, à défaut de Geary, j’aurai sans doute préféré Thunderbird), la suite bureautique LibreOffice 4.4, le client de messagerie instantanée Empathy 3.12, le lecteur de musique Rhythmbox 3.1 et le gestionnaire de photos Shotwell 0.20.2

Au niveau du thème, c’est Adwaita, l’officiel de GNOME, qui est présent par défaut. Y compris pour le fond d’écran. Pour ceux qui préfèrent tout de même quelque chose de plus coloré, le thème Numix et les icônes Humanity sont également pré-installés. Le changement pouvant s’effectuer depuis l’Outil de personnalisation.

Conclusion

Puisque il ne s’agit pas d’une version LTS avec support long (il n’est que de neuf mois ici), et qu’elle n’a qu’une vieille version de GNOME à proposer, j’ai bien du mal à trouver un quelconque intérêt à cette Ubuntu.

Le seul auquel je pense, et je trouve bien triste qu’on en soit arrivé là, c’est que la plupart des gens n’aiment pas avoir trop de choix, et tout le monde s’est mis à installer la même chose.

Maintenant, à force de voir les médias ne parler que d’Ubuntu, de voir les éditeurs de logiciels propriétaires ne supporter qu’Ubuntu (paquets souvent disponibles uniquement pour Ubuntu, Steam qui ne liste qu’Ubuntu dans les configurations requises…), de voir les fabricants confondre Linux et Ubuntu, fait qu’au final, ça sera sans doute avec Ubuntu que monsieur tout le monde aura le moins de problèmes.

Donc voilà, si vous adorez les jeux et autres applications propriétaires, et que vous souhaitez un environnement un peu moins vieux que ce qui était présent dans la version LTS (pour rappel, GNOME 3.10.4), alors cette Ubuntu vous conviendra sans doute. Pour les autres, on trouve bien mieux ailleurs.

Linux n’est-il réellement pas prêt pour le desktop ?

L’une des forces de Linux, ça reste le choix…

 

Je viens de tomber sur cet article, « Why Linux is still not ready for desktop », où l’auteur affirme retenter l’expérience Linux tous les trois ans, pour en arriver toujours à la même conclusion, Linux n’est pas prêt pour le desktop. D’après lui, les concepteurs d’Ubuntu (puisque l’auteur ne semble pas avoir conscience de l’existence d’autres distributions, qui répondraient pourtant mieux à ses besoins) refusent de se mettre à la place de l’utilisateur, et proposent donc un produit inadapté et mal pensé. Pour en arriver à cette conclusion, il cite plusieurs exemples.

L’installation du plugin Flash. L’auteur serait apparemment allé sur le site d’Adobe pour trouver le plugin. Le site aurait détecté que l’utilisateur tournait sous Ubuntu, et aurait tenté d’ouvrir la logithèque, amenant à un échec. Pour moi, le problème vient plutôt du fait qu’il tente de retranscrire un comportement windowsien sous Linux (j’ai besoin d’un logiciel, je vais sur le site de l’éditeur). N’étant pas moi-même utilisateur d’Ubuntu, j’ai tout de même essayé la version 14.04 LTS dans une machine virtuelle pour vérifier si c’était réellement si compliqué : lancer la logithèque, rechercher Flash, cliquer sur Install. C’est tout. Pour moi, c’est finalement infiniment plus simple que sous Windows.

L’auteur enchaîne ensuite sur LibreOffice, qu’il trouve inférieur à Microsoft Office, ainsi que le fait qu’Ubuntu ne propose pas les mêmes polices de caractère que sous Windows, ce qui nuit à l’échange de fichiers entre les différentes plateformes. Là-dessus, je répondrais que LibreOffice peut être supérieur ou inférieur sur certains points à Microsoft Office, mais que dans l’ensemble, il répond parfaitement aux besoins de la majorité des gens. Tout comme Ubuntu ne peut rien faire de spécial avec les polices non libres dont la redistribution serait interdite (ce qui n’empêche pas les polices Windows d’être compatibles sous Linux), ou LibreOffice de peiner à être compatible avec un format de fichier propriétaire. Format sur lequel Microsoft lui-même a parfois du mal à être pleinement compatible d’une version à l’autre. Comme quoi, il est préférable de privilégier les solutions libres chaque fois que c’est possible, histoire d’éviter ce genre de désagréments.

Google Docs est confronté aux même problématiques, et ça ne l’empêche pas de rencontrer un certain succès. Ce même Google, qui propose d’ailleurs un certain nombre de polices sous licence libre, pour favoriser les échanges. Et pour ceux qui auraient réellement besoin d’utiliser Microsoft Office, CrossOver semble proposer une certaine compatibilité avec la version 2010.

Et quitte à citer Google, rappelons tout de même que les ChromeBooks permettent actuellement de faire infiniment moins de choses qu’une bonne distribution Linux, ce qui ne les empêche pourtant pas de se vendre comme des petits pains. En 2013, ils représentaient d’ailleurs 25% des ventes de portables premiers prix aux États-Unis.

Vient ensuite la question de l’environnement de bureau. Tout comme il n’aime pas l’interface de Windows 8, l’auteur nous avoue ne pas aimer non plus celles d’Unity ou GNOME. Malgré tout, pour chacun de ses essais, il se limite encore et toujours à Ubuntu. Il aurait très bien pu tenter d’autres variantes officielles, voir tenter Linux Mint. Et là, pour le coup, il n’aurait pas rencontré son problème avec Flash, ce dernier y étant pré-installé ;)

Unique point positif de sa critique, l’arrivée de Steam et du jeu vidéo sous Linux.

Critique qu’il conclura sur l’infériorité de Gimp vis-à-vis de Photoshop, et sur le fait que les linuxiens devraient arrêter de comparer The Gimp à ce dernier. Sur ce dernier point, il a raison. The Gimp répond à certains besoins, tandis que pour d’autres, il existe des alternatives bien plus adaptées : Krita pour le dessin bitmap, Inkscape pour le dessin vectoriel, darktable pour le traitement photo… Mais si on en revient à The Gimp, il existe d’excellents plugins, comme G’MIC, qui ajoutent un certain nombre de fonctionnalités particulièrement puissantes. Mais surtout, que ce soit The Gimp ou Photoshop, ce sont des outils professionnels, qui sont à mille lieux des préoccupations de la plupart des gens.

Alors, en ce qui me concerne, Linux est-il prêt ? Oui et non. Il n’existe pas de meilleur système. Ils ont chacun leurs points forts et leurs points faibles. Tout comme les besoins de chacun sont différents. Pour le moment, je ne conseillerai pas Linux à un hardcore gamer, tandis qu’il pourrait convenir à une personne qui se contente d’aller sur Internet, qui a besoin de gérer photos et vidéos personnelles… ce qui semble finalement représenter le gros de la population.

Pour moi, les deux grosses lacunes de Linux, sont l’absence de support d’un gros constructeur. Les gens n’ont pas envie de vérifier si leur machine est compatible, s’embêter avec l’installation du système, configurer ce qui aurait besoin de l’être. Ils veulent pouvoir acheter un produit simple et fonctionnel. Apple l’a bien compris, et je trouve dommage que Canonical ne se soit pas plutôt lancé là-dedans, plutôt que dans son délire de téléphonie.

Ensuite, les applications. Même si l’offre logicielle s’améliore de jour en jour, ce n’est pas encore ça. Récemment, une connaissance, qui a préféré quitter Linux pour OS X, me donnait un exemple tout bête. Pour des raisons qui lui sont propres, elle n’aime pas le client FTP FileZilla, et m’a demandé ce que j’aurais bien pu lui conseiller d’autre. Et là, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé. Personnellement, j’utilise lftp en ligne de commande, mais aussi puissant soit-il, je ne me vois pas le conseiller à monsieur tout le monde. Sous OS X, elle a opté pour Transmit. Il y a malheureusement encore trop de domaines ou l’offre n’est pas à la hauteur, ou pire, complètement absente.

Pour le coup, je trouve dommage que les grosses distributions, qui sont dirigées par des entreprises (Attachmate, Canonical, Red Hat…), n’aient pas plus investis dans les applications à destination des utilisateurs finaux. Dommage également de constater l’échec des différents environnements de bureau à insuffler une dynamique, vanter les mérites de leur plateforme, amener les développeurs à s’y intéresser…

Linux est donc d’ores et déjà prêt pour bien des gens, mais il n’intéressera les masses qu’en ayant un constructeur prêt à miser dessus, tout en ayant une offre logicielle plus complète.

Maintenant, quand je relis son article, qu’on peut résumer au fait de vouloir un plugin propriétaire, des drivers propriétaires, souhaiter tel ou tel programme propriétaire et dire que les logiciels sous Linux ne sont pas à la hauteur, j’ai envie de dire que cette personne n’a rien compris à ce qu’était Linux et le libre. Malheureusement, c’est la même rengaine qui revient sans cesse : « on ne trouve pas Photoshop et le dernier Call of Duty sous Linux, c’est nul ».

Si on peut installer une distribution Linux et obtenir d’emblée un environnement complet et pleinement fonctionnel : les bons drivers, multi-lingue, de nombreuses applications de qualité pour répondre à tous les besoins de base, la possibilité d’en installer d’autres facilement, rapidement et gratuitement pour répondre à des besoins plus évolués, c’est du au fait que tout soit libre. Si on peut tout bidouiller, voir forker une distribution complète pour changer l’environnement de bureau et les logiciels par défaut (choix qui profite à l’utilisateur), ou un logiciel pour essayer de nouvelles idées, c’est encore une fois parce que c’est libre. Si on peut avoir confiance dans nos logiciels (respect de l’utilisateur, de sa vie privée…), c’est parce qu’ils sont libres. Si on peut facilement passer d’un logiciel à l’autre, c’est parce que les formats de fichiers sont libres et ouverts…

Il n’y a strictement aucun intérêt à passer sous Linux, autre que financier, si le libre n’a aucune importance pour l’utilisateur. Avant d’envisager une potentielle migration, ce sont vraiment les questions à se poser. Qu’est-ce que le libre, que peut-il m’apporter, est-ce réellement important pour moi.