System76 ne souhaite plus être un simple DVA

System76 est un distributeur à valeur ajoutée (DVA) américain qui s’est spécialisé depuis un certain nombre d’années dans la vente de machines équipées du système d’exploitation GNU/Linux. Pour la distribution, s’est bien évidemment la version à support long (LTS) d’Ubuntu qui fut choisie.

Mais début avril, coup de tonnerre, Mark Shuttleworth, le fondateur d’Ubuntu, annonce la fin du développement d’Unity et d’un certain nombre de projets autour de l’environnement de bureau, préférant se recentrer sur GNOME.

Le changement étant inéluctable, System76 prend la décision de ne plus être un simple DVA et de profiter de l’occasion pour franchir une nouvelle étape. À la manière d’un Tesla, dans un plan en trois étapes, ils expliquent vouloir devenir un véritable constructeur qui concevrait et fabriquerait lui-même certaines pièces. Les plans devant être distribués sous licence Open Source (sans plus de précisions).

Au-delà du matériel, ils souhaitent également proposer à leurs clients une expérience utilisateur qui leur serait propre. Ce qui passe bien évidemment par la personnalisation du système et de son identité visuelle, que ce soit le thème, les icônes ou le fond d’écran. Le célèbre thème orange-violet d’Ubuntu laissant place à une version pop bien plus colorée.

GNOME 3.24 et le thème Pop 1.2.2

Que l’on aime ou que l’on déteste, on ne risque plus de les confondre avec Ubuntu :)

Point de vue technique, ils ne partent pas de zéro, leur thème Pop étant un dérivé du thème Adapta, tout en étant un peu moins plat et material design que ce dernier. Pour ceux que le sujet intéresse, le choix des couleurs et autres modifications apportées sont décrites dans un billet de blog.

Mais les modifications ne s’arrêtent pas là. Dans un autre billet de blog, ils annoncent vouloir contribuer, à leur mesure, au développement de GNOME. On y apprend qu’ils travaillent par exemple à l’intégration du chiffrement du dossier personnel de l’utilisateur depuis l’Outil de configuration initiale, ainsi que depuis les paramètres Utilisateurs du Centre de contrôle. Ça serait ainsi la première fois que l’on pourrait opter (facilement et graphiquement) pour un dossier chiffré une fois la distribution déjà installée.

Autres contributions, l’ajout de protocoles manquants dans les Comptes en ligne, tels que CalDAV ou CardDAV ; ou l’amélioration de l’application Documents, qu’ils considèrent intéressante pour eux (et donc pour leurs clients). Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, sachant qu’elle fait souvent partie des applications plutôt décriées ;-)

À plus long terme, ils parlent également d’intégration mobile, mais sans rentrer dans les détails. On peut donc se mettre à rêver du développement secret d’un équivalent GTK+ à KDE Connect, qui permettrait de voir les notifications de nos smartphones ou d’envoyer et recevoir des SMS directement depuis notre environnement de bureau, de pouvoir déverrouiller notre session en ayant le smartphone à proximité, de pouvoir facilement transférer des fichiers dans les deux sens par Wi-Fi ou Bluetooth et bien plus encore.

Mais avant ça, ils doivent intervenir lors du GUADEC 2017 pour une conférence sur ce qu’ils ont appris de leurs clients, ce qu’attendent ces derniers de leur environnement de bureau, sur l’avenir de System76 et le rôle que pourra y jouer GNOME.

Après Red Hat, SUSE, Canonical, Collabora, Endless Mobile… pour la vitalité du projet, c’est toujours une bonne nouvelle de voir de nouvelles entreprises vouloir contribuer à notre plateforme.

En bref : Ubuntu, Fichiers, Agenda, GDM, Thunderbird…

Le mois dernier, Ubuntu souhaitait connaître l’avis de ses utilisateurs quant à l’utilité d’une sélection d’extensions GNOME. Les résultats du sondage viennent d’être publiés (18 330 personnes y ont participé), et comme on peut le constater, la plupart des extensions sont particulièrement plébiscitées.

Cela ne signifie pas que les extensions seront proposées par défaut, mais ça permet aux développeurs de mieux comprendre les attentes des utilisateurs. Par exemple, que ces derniers souhaitent un dock visible en permanence et non pas uniquement depuis la vue d’ensemble des activités. En ce qui concerne la position des boutons de la barre de titre, 54% des personnes les préfèrent à droite et 46% à gauche.

Fichiers 3.26 aura droit à une nouvelle fonctionnalité permettant de restaurer les onglets qui auront été fermés.

Ubuntu a récemment annoncé abandonner LightDM au profit de GDM, le gestionnaire d’affichage du projet GNOME. L’une des fonctionnalités intéressantes que proposait LightDM concernait la possibilité de se connecter sur une session invité (ne nécessitant pas d’identifiants et ne donnant pas accès aux données des autres comptes utilisateur… sauf quand il y a une faille de sécurité :)

Les développeurs d’Ubuntu ont indiqué travailler à l’intégration d’une telle fonctionnalité dans GDM, mais cette dernière ne sera sans doute pas prête avant 2018.

Le thème Arc pour Thunderbird (toujours en version alpha) vient de sortir une nouvelle version et propose désormais les variantes Dark et Darker.

Yash Singh vient de publier deux billets de blog (ici et ) pour montrer l’état d’avancement de la prise en charge des événements récurrents dans Agenda. Ça avance bien et nous devrions donc sans problème en bénéficier dans GNOME 3.26.

Ubuntu aimerait connaître votre avis

Logo Ubuntu

OMG! Ubuntu! a récemment pu s’entretenir avec Ken VanDine, membre de l’équipe en charge du poste de travail chez Ubuntu, pour tenter d’en apprendre un peu plus sur ce que nous réservera Ubuntu 17.10, première version à (re)proposer GNOME par défaut en lieu et place d’Unity.

La première question étant de savoir si Ubuntu comptait bel et bien proposer un GNOME à la vanille comme avait pu l’indiquer Mark Shuttleworth, ou si un certain nombre d’extensions seraient proposées par défaut. Mais apparemment, rien d’aussi radical ne serait prévu. Tout juste peut on s’attendre à quelques ajustements ci ou là. Néanmoins, Ubuntu aimerait bien connaître votre avis sur une série d’extensions. Rien n’est donc définitif.

Par contre, une chose est sûre, il n’y aura pas, dans l’immédiat, de HUD ou de barre du menu global.

Question design, il n’y aura pas de nouveau thème ou d’icônes pour la version 17.10, mais rien n’est exclut pour la version 18.04. Pour le moment, le gros du travail concerne l’adaptation du thème Ambiance aux décorations côté client (CSD) et à la suppression des patchs Ubuntu qui retiraient cette fonctionnalité dans les différentes applications GNOME.

Pour rester sur la question des patchs, il a également été demandé si Ubuntu comptait en garder certains, comme la recherche type ahead dans Fichiers. Pour le moment, ils suppriment les patchs qui apportent des dépendances aux technologies Ubuntu, comme les comptes en ligne d’Ubuntu, les bibliothèques d’Unity, etc. À terme, ils devraient supprimer le plus de patchs possible pour pouvoir travailler directement en amont avec les développeurs GNOME, évitant ainsi de futures modifications propres à la distribution.

La question du choix des applications proposées par défaut a également été abordée, Ubuntu ne pré-installant pas, par exemple, Météo, Cartes ou Polari. Mais pour le moment, ils n’ont encore rien décidé.

Quant à la version de GNOME qui sera proposée, même si, là encore, rien n’a été décidé, ils aimeraient proposer la version 3.26. Ça serait une bonne chose qu’Ubuntu propose à nouveau les dernières versions de GNOME. Sur l’adoption de Wayland, le plan est toujours de le proposer par défaut avec la version 17.10, histoire d’avoir quelque chose solide à proposer pour la future version LTS.

S’ensuit une petite question pour savoir s’ils sont au courant d’éventuels problèmes de compatibilité ou de performance. Et apparemment, ils auraient eu des rapports mitigés. Pour certains, GNOME Shell serait plus rapide, quand d’autres signalent qu’il est plus lent. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont mis des développeurs sur le coup pour investiguer sur ces questions, ainsi que sur les problèmes relatifs aux écrans HiDPI.

La dernière question portait sur la mise à niveau vers Ubuntu 17.10 d’une version basée sur Unity. Les amateurs de cet environnement seront heureux d’apprendre qu’Unity restera installé et que GNOME sera disponible comme option lors de la connexion.

Et pour finir, Ubuntu aimerait donc connaître votre avis (un simple vote allant de 1 à 5) sur une série d’extensions. Mais ça ne va pas plaire à tout le monde, le formulaire nécessitant une connexion à un compte Google.

  • Dash to Dock : ajout d’un dock sur le bureau permettant de lancer des applications ou de basculer entre ces dernières sans avoir besoin de passer par la vue d’ensemble des activités.
  • Impatience : augmente la vitesse des animations GNOME.
  • No Topleft Hot Corner : désactive le coin chaud situé en haut à gauche de l’écran qui permet d’accéder à la vue d’ensemble des activités.
  • Alternate Tab : remplacement du raccourci Alt+Tab qui ne regroupe pas les fenêtres par application.
  • Applications Menu : menu principal plus traditionnel, avec classement des applications par catégories.
  • Better Volume Indicator : affichage visuel de la barre de volume quand on fait défiler la molette de la souris au dessus de l’indicateur de son, tout en permettant une rapide mise en sourdine à l’aide d’un simple clique.
  • TopIcons Plus : permet de déplacer les icônes de notifications du tiroir de messagerie vers la barre supérieure.

Ainsi qu’une question bonus pour savoir si vous préférez les boutons de la barre de titre sur la gauche ou sur la droite.

Sortie d’Ubuntu GNOME 17.04

Ubuntu GNOME 17.04 (Zesty Zapus) vient de sortir. Et pour le coup, cette version a une saveur particulière, puisque ça devrait être la dernière version. Comme annoncé la semaine passée, Ubuntu a décidé d’abandonner son environnement de bureau Unity au profit de GNOME; le changement devant s’effectuer pour la version 18.04 LTS. On pouvait donc se poser la question de l’avenir d’Ubuntu GNOME, mais comme on pouvait s’en douter, et c’est confirmé dans l’annonce de sortie, les équipes seront fusionnées, Ubuntu GNOME laissant sa place à Ubuntu dès la version 17.10.

Et chose incroyable, depuis l’apparition de GNOME 3.0 il y a six ans de cela, c’est bien la toute première fois qu’Ubuntu propose la dernière version de GNOME. Pire encore, ils proposent cette toute nouvelle version 3.24 avant Arch Linux, distribution en publication continue pourtant prompte à proposer rapidement les dernières nouveautés.

Le mode Activités

Mais vous vous doutez bien qu’Ubuntu oblige, il reste tout de même quelques modules non mis à jour. Fichiers et Terminal n’étant proposés qu’en version 3.20, Logiciels l’Éditeur de texte et le backend Evolution (utilisé entre autre par Agenda et Contacts) en version 3.22. C’est surtout dommage pour Fichiers, qui ne bénéficie donc pas du renommage de fichiers multiples, de la décompression transparente des archives, de la simplification des menus ou de l’accès plus facile et plus sûr à des fichiers ou dossiers dont l’accès est normalement restreint en demandant un mot de passe. Toutes ces nouveautés étant apparues dans les versions 3.22 et 3.24.

Pour le reste, on a bien droit à un GNOME tout ce qu’il y a de plus classique. On notera tout de même que bien que Wayland soit proposé au moment de l’authentification de l’utilisateur, c’est bien X.org qui est utilisé par défaut pour la gestion de l’affichage.

Lors de la première connexion, nous avons droit à l’outil de configuration initiale, nous permettant ainsi de choisir la disposition du clavier, d’indiquer si l’on souhaite désactiver la géolocalisation (utile à un certain nombre d’applications GNOME, telles que Cartes, Météo ou le mode nuit), pour finir sur la configuration d’éventuels comptes en ligne (Google, Nexcloud, Microsoft, Facebook…).

Le bureau

Une fois sur le bureau, on se retrouve avec un GNOME quasiment vanilla. Le thème Adwaita est bien utilisé (aucun autre thème n’est pré-installé) et aucune extension n’est activée.

Au niveau des applications par défaut, on retrouve la plupart des applications GNOME : Agenda, Caractères, Cartes, Contacts, Éditeur de texte, Logiciels, Météo, Photos, Vidéos, Visionneur d’imagesMusique est bien installé, mais c’est Rhythmbox qui est présent dans le dock. Horloges, Recettes, Jeux ou Machines ne sont quant à eux pas installés par défaut, mais sont bien présents dans la logithèque.

En ce qui concerne le navigateur web, GNOME Web laisse encore une fois sa place à Firefox. Puis j’imagine que les clients de messagerie sont devenus désuets depuis l’avènement des webmail, puisque l’on ne trouve aucune trace d’Evolution, de Thunderbird ou encore de Geary. Pour la suite bureautique, il s’agit bien évidemment de l’inévitable LibreOffice. Et pour le client BitTorrent (est-ce réellement encore utile ?), il s’agit de Transmission.

Pour finir sur le système de base, nous avons droit à un noyau Linux 4.10.0, Mesa 17.0.3, X.Org 1.19.3 (ainsi que Wayland 1.12 en option), systemd 232, PulseAudio 10.0 et BlueZ 5.43

Plus concrètement, en plus des nouveautés apportées par GNOME 3.24, telles que l’apparition d’un mode nuit, la révision de certains modules du centre de contrôle (Imprimantes, Comptes en ligne et Utilisateurs), la zone de notifications améliorée, l’apparition d’une vue hebdomadaire dans Agenda et bien plus encore… on peut citer la prise en charge du mode Turbo Boost Max 3.0 des processeurs Intel ou les spécificités des nouveaux processeurs Ryzen d’AMD, des corrections pour le HDMI avec les processeurs Skylake, une amélioration générale de la consommation pour les ordinateurs portables, une meilleure gestion des imprimantes, aussi bien au sein de GNOME, que de la prise en charge des modèles Apple AirPrint ou IPP Everywhere.

Une autre nouveauté qui a beaucoup fait parler concerne la disparition de la partition swap au profit d’un fichier d’échange, les machines modernes étant pourvues de suffisamment de mémoire vive. Un tel fichier est bien plus facile à redimensionner et ne monopolise plus une partie du disque dur ou du SSD quand ce n’est pas nécessaire. Néanmoins, si vous optez pour le chiffrement de vos données, une partition swap sera bel et bien utilisée.

Mais pour en revenir à l’environnement de bureau, hormis quelques modules non mis à jour, on se retrouve bel et bien avec un GNOME quasiment vanilla. Et on en vient presque à regretter qu’il n’y ait finalement pas la moindre personnalisation. Mark Shuttleworth ayant confirmé qu’il en sera de même de l’Ubuntu 18.04 LTS (comment pourrait-il en être autrement, après le licenciement d’une grosse partie de l’équipe en charge de l’environnement de bureau…), on pourra donc se poser la question de l’intérêt d’opter pour une Ubuntu sans personnalité, au milieu d’une foultitude d’autres distributions proposant déjà la même chose.

Concept de ce qu’aurait pu donner la future Ubuntu, par Jovan Petrović

Pour les entreprises ou les particuliers n’aimant pas subir trop régulièrement des changements, il restera bien la version LTS, qui dispose d’un support de cinq ans. Pour les autres, il sera sans doute préférable d’opter pour Fedora, qui bénéficie d’une équipe des plus active en ce qui concerne l’ajout de nouvelles fonctionnalités ou sa capacité à proposer une intégration parfaite de GNOME.

D’autant plus que les deux distributions prennent désormais en charge aussi bien l’une que l’autre les trois formats de paquets concurrents que sont AppImage, Snap et Flatpak, qui permettent à l’utilisateur de pouvoir installer ses applications sans avoir besoin de se soucier de la distribution, de l’environnement de bureau ou des bibliothèques utilisées.

La différence se jouant désormais sur la fiabilité, la qualité de l’intégration et des finitions, la rapidité et la compétence des équipes en charge de la sécurité ou la durée de la prise en charge.

Ubuntu proposera bien un GNOME à la vanille :)

Après la récente décision de Mark Shuttleworth d’abandonner leur environnement Unity au profit de GNOME, on pouvait se poser la question de savoir s’ils proposeraient un GNOME vanille, à savoir une version de GNOME non modifiée, telle que proposée et voulue par le projet GNOME, ou si Ubuntu comptait le modifier en y ajoutant par exemple des extensions dans le but de proposer leur propre vision, comme de tenter de transposer l’expérience Unity sous GNOME.

Mais lors d’un récent échange avec les utilisateurs sur son compte Google+, Mark Shuttleworth se veut rassurant :

« Nous investirons dans Ubuntu GNOME dans le but de fournir un bureau fantastique entièrement-GNOME. Nous aiderons l’équipe Ubuntu GNOME sans chercher à créer quelque chose de différent ou de concurrentiel. Bien que je sois passionné par les idées de conception derrière Unity, et j’espère que GNOME y sera plus ouvert maintenant, je pense que nous devons respecter la vision du projet GNOME en proposant un bureau GNOME tel que voulu par le projet. »

Par contre, à la question de savoir si Ubuntu comptait contribuer activement au projet GNOME, nous avons droit à une réponse plutôt évasive :

« Il existe toujours une équipe dédiée à l’environnement de bureau, concentrée sur la fourniture d’un bureau de grande qualité, utilisable par tout un chacun. »

Ce qui ne nous renseigne guère sur le type de contributions. Participeront-ils au développement de nouvelles fonctionnalités, de nouvelles applications, ou est-ce que leur travail se limitera à de l’intégration, corrigeant seulement quelques bugs par-ci par-là. Même si, on est d’accord, c’est toujours bon à prendre ;-)

Mais c’est sans compter sur l’intervention de Carlos Soriano, le mainteneur de Fichiers, qui revient à la charge en lui demandant d’être un peu plus précis. Carlos souhaitant savoir si les contributions d’Ubuntu se feront upstream, comme le font déjà SUSE, Endless ou Fedora (pour ne citer qu’eux), en interagissant sur Bugzilla, en soumettant des patchs… ou s’il s’agira surtout d’une simple intégration.

Ce à quoi Mark répond qu’il « laissera Sebastien Bacher et les autres [NDLR: de l’équipe environnement de bureau d’Ubuntu ] décider de la meilleure façon d’aider Ubuntu GNOME. Nous faisons beaucoup de travail en amont, mais notre véritable objectif est l’expérience utilisateur final, ce qui implique de bien faire les choses au niveau de la distribution, puisque c’est ce que les utilisateurs utilisent. »

Je vous laisse en tirer vos propres conclusions, mais à mon avis, il y a peu de chance de voir des contributions conséquentes en provenance d’Ubuntu.

Néanmoins, ça reste une bonne nouvelle. Qu’on le veuille ou non, Ubuntu est de loin la distribution la plus utilisée, la plus populaire auprès du grand public. GNOME redeviendra donc de facto l’environnement le plus utilisé et aura sans doute droit à de nombreux nouveaux contributeurs parmi tous ces utilisateurs. Autre point important, toutes les grandes distributions (Debian, Red Hat, Fedora, SUSE et maintenant Ubuntu) proposent GNOME par défaut. Pour les éditeurs tiers, aussi bien d’applications que de jeux vidéos, ça sera désormais GNOME qui sera testé en priorité, ce qui signifie une bien meilleure intégration et un meilleur suivi.

Pourquoi GNOME ?

Maintenant que Mark Shuttleworth vient d’annoncer l’abandon d’Unity 8 (et probablement celui de Mir), certains se posent la question du choix de GNOME sur les forums, plutôt qu’un environnement plus traditionnel comme peuvent l’être MATE ou Xfce.

Je vais donc profiter de l’occasion pour rappeler qu’un environnement de bureau ne se limite pas à la partie visible, que ce soit avec ou sans panel au bas de l’écran et autre menu principal.

Mais avant toute chose, il est important de rappeler qu’Ubuntu a toujours utilisé GNOME, ne remplaçant finalement que son shell par ce fameux Unity. Mais pour tout le reste, que ce soit les applications de base (gestionnaire de fichiers, éditeur de texte, visionneur d’images, agenda, contacts, terminal…), le centre de contrôle ou les technologies sous-jacentes (GTK+, GVFS, GStreamer, Cairo, D-Bus, dconf…), la majeure partie des différentes briques nécessaires pour pouvoir proposer un environnement complet, homogène, fonctionnel… provenaient du projet GNOME.

Ce même GNOME qui n’a aucun problème à s’appuyer sur des projets modernes tels que systemd, PulseAudio, NetworkManager… qui permettent de construire un environnement robuste et pleinement fonctionnel, parfaitement adapté à notre époque (technologies récentes, informatique dans les nuages, mobilité…), là où d’autres préfèrent partir dans des trolls sans fin, préférant voir l’utilisateur tout configurer par lui-même plutôt que de lui proposer un environnement qui juste marche.

Ensuite, et c’est le plus important, il ne faut pas limiter un environnement de bureau à un panel et un menu principal. Ça se doit d’être avant tout une plateforme proposant un certain nombre de technologies (bibliothèques, frameworks, couches d’abstraction, système de configuration…) facilitant le travail des développeurs tout en leur permettant de concevoir des applications qui seront parfaitement intégrées à l’environnement et qui pourront interagir les unes avec les autres.

Cinq jours avant l’annonce de Mark Shuttleworth, Dustin Kirkland, le chef de projet d’Ubuntu, intervenait sur Hacker News pour interroger la communauté et connaître ses retours et ses attentes quant à la version 17.10 d’Ubuntu. Une intervention suivie avec grand intérêt par Christian Schaller, le responsable de l’équipe Red Hat en charge de l’environnement de bureau GNOME. Deux jours avant l’annonce de Mark Shuttleworth, ce dernier publiait à son tour un long billet de blog pour rappeler que la majeure partie des demandes étaient déjà présentes dans Fedora au travers de GNOME, Wayland, libinput et autres technologies libres nécessaires pour obtenir un bureau pleinement fonctionnel.

Parmi les principaux points soulevés, on peut citer la prise en charge des écrans à haute densité de pixels, qui se trouvent être déjà fonctionnels sous GNOME avec une mise à l’échelle 2, et dont la mise à l’échelle fractionnée (par exemple, 1.5) devrait arriver dans Fedora 27, voir même dans Fedora 26 s’ils arrivent à tout finaliser dans les temps. Il en profite d’ailleurs pour rappeller qu’en plus de sa prise en charge dans GNOME, Red Hat a employé des développeurs pour que Firefox et LibreOffice puissent utiliser GTK+ 3 et être compatibles avec Wayland.

Pouvoir utiliser les pavés tactiles avec trois doigts ou plus. Pendant longtemps, on ne pouvait utiliser que des gestes utilisant maximum deux doigts. Là encore, dans le but de supprimer une telle limitation, Red Hat a mis des développeurs sur le coup pour créer libinput et améliorer les pilotes comme celui de Synaptics, qui utilisait encore le port de communication PS/2, ce qui limitait les possibilités.

Faire des progrès sur la consommation énergétique en cas d’utilisation d’un ordinateur portable. Là encore, Red Hat a embauché des développeurs pour investiguer, corriger ce qui pouvait l’être, discuter avec les fabricants de matériel en vue d’améliorer leurs pilotes (comme ceux de nVidia, qui ne sont malheureusement pas libres).

GNOME Battery Bench

Corriger les problèmes concernant l’UEFI. Là encore, un employé Red Hat est membre du comité UEFI, ce qui aide grandement à ce que tout se passe bien avec le libre. Tout comme ils ont également embauché des développeurs pour que la mise à jour des firmwares UEFI puissent se faire directement depuis la logithèque GNOME. Christian Schaller en profite d’ailleurs pour annoncer que normalement, d’ici la fin de l’année tous les principaux fabricants devraient fournir des mises à jour au travers du service fwupd qu’utilise la logithèque GNOME.

Wayland. Les utilisateurs d’Ubuntu réclamaient Wayland. Ça tombe bien, c’est le choix par défaut sous GNOME :p Christian Schaller annonce qu’en plus du multi-DPI, on devrait voir arriver la prise en charge du HDR (grande gamme dynamique) ainsi que la prochaine génération de machines hybrides (multi-GPU), en travaillant de concert avec nVidia pour s’assurer que leurs pilotes fonctionnent parfaitement sur des systèmes libres (comprendre, sans avoir à bidouiller).

Quelque chose comme Redshift. Pour rappel, il s’agit d’une application permettant d’ajuster la température de couleur d’un écran en fonction du moment de la journée. Et là encore, ça tombe bien, avant même qu’Apple ne propose son Night Shift avec macOS 10.12.4 ou Microsoft son Mode Nuit avec la Creators Update de Windows 10, GNOME proposait déjà un mode nuit dans GNOME 3.24.

Le mode nuit dans GNOME 3.24

Amélioration du processus de mise à jour des pilotes graphiques. Je ne vais pas le répéter à chaque fois (enfin si, un peu, ça permet de bien réaliser tout ce qu’aurait dû faire Canonical dès le début), mais là encore, Red Hat possède toute une équipe pour travailler sur la pile graphique Linux (Wayland, Mesa, les pilotes…). Et un projet important aura été le développement avec nVidia de la bibliothèque glvnd qui permet d’utiliser plusieurs implémentations d’OpenGL en parallèle. Finis le risque de voir le pilote nVidia écraser les fichiers de Mesa ou inversement. Plus besoin non plus d’une bidouille à la Bumblebee pour utiliser son APU au quotidien, puis basculer facilement sur le GPU de la carte dédiée quand on souhaite se faire une petite partie de jeu vidéo.

Amélioration de la prise en charge des imprimantes. Là encore, plusieurs développeurs Red Hat s’assurent que CUPS (qui est un projet Apple, pour l’anecdote) fonctionne parfaitement bien. Et côté GNOME, la version 3.24 offre désormais une gestion des imprimantes bien plus simple et efficace.

Meilleure prise en charge du Bluetooth. Là encore, il y a plusieurs développeurs Red Hat sur le coup. Et parmi les changements à venir (sans doute dans PulseAudio 11), on peut citer par exemple une modification de Christian Kellner qui améliorera le choix des périphériques par défaut. Actuellement, PulseAudio privilégie la carte audio PCI, suivi des cartes audio USB, pour finir par un périphérique Bluetooth. À l’avenir, les choix par défaut devraient être plus logiques. Si l’on branche une carte audio USB, c’est sans doute que l’on ne souhaite pas utiliser le chipset audio fournit de base avec la carte mère. Même chose pour les micro-casques, dont la sortie audio n’était pas automatiquement redirigée vers ces derniers. Autre apport intéressant, le rapport d’état de la batterie de certains modèles devrait également faire parti des changements à venir.

Tout ça pour conclure que si l’on regarde honnêtement des bureaux comme MATE ou Xfce, qui ne gèrent pas ou de façon limitée tous les points soulevés (et tous n’ont pas été abordés, comme la prise en charge des services en ligne, la compatibilité Microsoft Exchange nécessaire aux entreprises, de meilleures applications de productivité (agenda, contacts…), la documentation, le design et l’ergonomie…), on comprend mieux le choix de Canonical de continuer à privilégier GNOME.

D’autant plus que rien ne les oblige à proposer un GNOME vanilla. Ils pourraient très bien adapter leur dock ou proposer certaines extensions par défaut.

Ubuntu abandonne Unity 8 et revient vers GNOME

Dans un billet de blog, Mark Shuttleworth, fondateur d’Ubuntu et de Canonical, annonce mettre fin au développement d’Unity 8, de la téléphonie et de la convergence, tout en confirmant qu’Ubuntu 18.04 LTS utilisera bel et bien GNOME.

Le cas de Mir n’est pas évoqué, mais sachant que GNOME a clairement fait le choix de Wayland, j’imagine qu’ils abandonneront également le développement de ce dernier.

Et bien qu’il soit bien trop tôt pour en parler, j’espère qu’une telle décision signifiera l’emploi de développeurs à temps plein sur GNOME, Wayland et autres technologies libres nécessaires au bureau et qu’ils ne se contenteront pas d’utiliser ce qui est produit par la communauté, sans réellement y participer activement.

Si la convergence comptait autant pour Mark Shuttleworth, qui voyait en elle l’avenir, il faut espérer qu’il réalise que la possession d’un smartphone Ubuntu n’est pas un prérequis obligatoire pour pouvoir proposer une telle expérience, et que de développer un équivalent GNOME à KDE Connect, permettant de recevoir et d’envoyer des SMS directement depuis notre bureau, de voir apparaître les notifications de notre smartphone dans la zone de notification de GNOME, de pouvoir facilement transférer des fichiers dans les deux sens, de pouvoir verrouiller ou déverrouiller notre station selon que l’on s’approche ou que l’on s’éloigne d’elle avec notre smartphone en poche, et bien plus encore, sera déjà un grand pas en avant.

Et qu’avec un tel cadeau à la communauté, on sera particulièrement reconnaissant d’une telle contribution et qu’on arrêtera, à n’en pas douter, de troller comme quoi ils n’ont toujours fait que réinventer la roue sans jamais rien contribuer d’utile…

Logiciels remplacera la Logithèque Ubuntu

Logiciels 3.18

Canonical a récemment décidé de remplacer la Logithèque Ubuntu par celle de GNOME dans la prochaine Ubuntu 16.04 LTS, dont la sortie est prévue pour le mois d’avril 2016.

La Logithèque Ubuntu, qui n’a plus évolué depuis la version 13.10 sortie en octobre 2013, faisait régulièrement l’objet de critiques sur son utilisabilité ou sa lourdeur.

Lors d’un récent sondage OMG! Ubuntu!, 80% des sondés allaient même jusqu’à déclarer préférer installer leurs applications en ligne de commande plutôt que de passer par l’actuelle logithèque.

Mais la décision fut finalement prise lors du dernier Ubuntu Online Summit, où Will Cooke, chef de projet de l’équipe en charge du poste de travail, déclara qu’il était plus confiant dans leur capacité d’ajouter la prise en charge des Snaps dans Logiciels plutôt que dans la Logithèque Ubuntu, et qu’ils étaient donc bien partis pour faire le remplacement (We are more confident in our ability to add support for Snaps to GNOME Software Centre than we are to Ubuntu Software Centre. And so, right now, it looks like we will be replacing [the USC] with GNOME Software Centre).

D’ici là, il est également prévu que Canonical développe des greffons pour ajouter la prise en charge des notes et des commentaires utilisateurs qui avaient été ajoutés durant toutes ces années depuis l’ancienne logithèque, ainsi que celui des applications commerciales.