Sortie d’Ubuntu GNOME 17.04

Ubuntu GNOME 17.04 (Zesty Zapus) vient de sortir. Et pour le coup, cette version a une saveur particulière, puisque ça devrait être la dernière version. Comme annoncé la semaine passée, Ubuntu a décidé d’abandonner son environnement de bureau Unity au profit de GNOME; le changement devant s’effectuer pour la version 18.04 LTS. On pouvait donc se poser la question de l’avenir d’Ubuntu GNOME, mais comme on pouvait s’en douter, et c’est confirmé dans l’annonce de sortie, les équipes seront fusionnées, Ubuntu GNOME laissant sa place à Ubuntu dès la version 17.10.

Et chose incroyable, depuis l’apparition de GNOME 3.0 il y a six ans de cela, c’est bien la toute première fois qu’Ubuntu propose la dernière version de GNOME. Pire encore, ils proposent cette toute nouvelle version 3.24 avant Arch Linux, distribution en publication continue pourtant prompte à proposer rapidement les dernières nouveautés.

Le mode Activités

Mais vous vous doutez bien qu’Ubuntu oblige, il reste tout de même quelques modules non mis à jour. Fichiers et Terminal n’étant proposés qu’en version 3.20, Logiciels l’Éditeur de texte et le backend Evolution (utilisé entre autre par Agenda et Contacts) en version 3.22. C’est surtout dommage pour Fichiers, qui ne bénéficie donc pas du renommage de fichiers multiples, de la décompression transparente des archives, de la simplification des menus ou de l’accès plus facile et plus sûr à des fichiers ou dossiers dont l’accès est normalement restreint en demandant un mot de passe. Toutes ces nouveautés étant apparues dans les versions 3.22 et 3.24.

Pour le reste, on a bien droit à un GNOME tout ce qu’il y a de plus classique. On notera tout de même que bien que Wayland soit proposé au moment de l’authentification de l’utilisateur, c’est bien X.org qui est utilisé par défaut pour la gestion de l’affichage.

Lors de la première connexion, nous avons droit à l’outil de configuration initiale, nous permettant ainsi de choisir la disposition du clavier, d’indiquer si l’on souhaite désactiver la géolocalisation (utile à un certain nombre d’applications GNOME, telles que Cartes, Météo ou le mode nuit), pour finir sur la configuration d’éventuels comptes en ligne (Google, Nexcloud, Microsoft, Facebook…).

Le bureau

Une fois sur le bureau, on se retrouve avec un GNOME quasiment vanilla. Le thème Adwaita est bien utilisé (aucun autre thème n’est pré-installé) et aucune extension n’est activée.

Au niveau des applications par défaut, on retrouve la plupart des applications GNOME : Agenda, Caractères, Cartes, Contacts, Éditeur de texte, Logiciels, Météo, Photos, Vidéos, Visionneur d’imagesMusique est bien installé, mais c’est Rhythmbox qui est présent dans le dock. Horloges, Recettes, Jeux ou Machines ne sont quant à eux pas installés par défaut, mais sont bien présents dans la logithèque.

En ce qui concerne le navigateur web, GNOME Web laisse encore une fois sa place à Firefox. Puis j’imagine que les clients de messagerie sont devenus désuets depuis l’avènement des webmail, puisque l’on ne trouve aucune trace d’Evolution, de Thunderbird ou encore de Geary. Pour la suite bureautique, il s’agit bien évidemment de l’inévitable LibreOffice. Et pour le client BitTorrent (est-ce réellement encore utile ?), il s’agit de Transmission.

Pour finir sur le système de base, nous avons droit à un noyau Linux 4.10.0, Mesa 17.0.3, X.Org 1.19.3 (ainsi que Wayland 1.12 en option), systemd 232, PulseAudio 10.0 et BlueZ 5.43

Plus concrètement, en plus des nouveautés apportées par GNOME 3.24, telles que l’apparition d’un mode nuit, la révision de certains modules du centre de contrôle (Imprimantes, Comptes en ligne et Utilisateurs), la zone de notifications améliorée, l’apparition d’une vue hebdomadaire dans Agenda et bien plus encore… on peut citer la prise en charge du mode Turbo Boost Max 3.0 des processeurs Intel ou les spécificités des nouveaux processeurs Ryzen d’AMD, des corrections pour le HDMI avec les processeurs Skylake, une amélioration générale de la consommation pour les ordinateurs portables, une meilleure gestion des imprimantes, aussi bien au sein de GNOME, que de la prise en charge des modèles Apple AirPrint ou IPP Everywhere.

Une autre nouveauté qui a beaucoup fait parler concerne la disparition de la partition swap au profit d’un fichier d’échange, les machines modernes étant pourvues de suffisamment de mémoire vive. Un tel fichier est bien plus facile à redimensionner et ne monopolise plus une partie du disque dur ou du SSD quand ce n’est pas nécessaire. Néanmoins, si vous optez pour le chiffrement de vos données, une partition swap sera bel et bien utilisée.

Mais pour en revenir à l’environnement de bureau, hormis quelques modules non mis à jour, on se retrouve bel et bien avec un GNOME quasiment vanilla. Et on en vient presque à regretter qu’il n’y ait finalement pas la moindre personnalisation. Mark Shuttleworth ayant confirmé qu’il en sera de même de l’Ubuntu 18.04 LTS (comment pourrait-il en être autrement, après le licenciement d’une grosse partie de l’équipe en charge de l’environnement de bureau…), on pourra donc se poser la question de l’intérêt d’opter pour une Ubuntu sans personnalité, au milieu d’une foultitude d’autres distributions proposant déjà la même chose.

Concept de ce qu’aurait pu donner la future Ubuntu, par Jovan Petrović

Pour les entreprises ou les particuliers n’aimant pas subir trop régulièrement des changements, il restera bien la version LTS, qui dispose d’un support de cinq ans. Pour les autres, il sera sans doute préférable d’opter pour Fedora, qui bénéficie d’une équipe des plus active en ce qui concerne l’ajout de nouvelles fonctionnalités ou sa capacité à proposer une intégration parfaite de GNOME.

D’autant plus que les deux distributions prennent désormais en charge aussi bien l’une que l’autre les trois formats de paquets concurrents que sont AppImage, Snap et Flatpak, qui permettent à l’utilisateur de pouvoir installer ses applications sans avoir besoin de se soucier de la distribution, de l’environnement de bureau ou des bibliothèques utilisées.

La différence se jouant désormais sur la fiabilité, la qualité de l’intégration et des finitions, la rapidité et la compétence des équipes en charge de la sécurité ou la durée de la prise en charge.

Ubuntu proposera bien un GNOME à la vanille :)

Après la récente décision de Mark Shuttleworth d’abandonner leur environnement Unity au profit de GNOME, on pouvait se poser la question de savoir s’ils proposeraient un GNOME vanille, à savoir une version de GNOME non modifiée, telle que proposée et voulue par le projet GNOME, ou si Ubuntu comptait le modifier en y ajoutant par exemple des extensions dans le but de proposer leur propre vision, comme de tenter de transposer l’expérience Unity sous GNOME.

Mais lors d’un récent échange avec les utilisateurs sur son compte Google+, Mark Shuttleworth se veut rassurant :

« Nous investirons dans Ubuntu GNOME dans le but de fournir un bureau fantastique entièrement-GNOME. Nous aiderons l’équipe Ubuntu GNOME sans chercher à créer quelque chose de différent ou de concurrentiel. Bien que je sois passionné par les idées de conception derrière Unity, et j’espère que GNOME y sera plus ouvert maintenant, je pense que nous devons respecter la vision du projet GNOME en proposant un bureau GNOME tel que voulu par le projet. »

Par contre, à la question de savoir si Ubuntu comptait contribuer activement au projet GNOME, nous avons droit à une réponse plutôt évasive :

« Il existe toujours une équipe dédiée à l’environnement de bureau, concentrée sur la fourniture d’un bureau de grande qualité, utilisable par tout un chacun. »

Ce qui ne nous renseigne guère sur le type de contributions. Participeront-ils au développement de nouvelles fonctionnalités, de nouvelles applications, ou est-ce que leur travail se limitera à de l’intégration, corrigeant seulement quelques bugs par-ci par-là. Même si, on est d’accord, c’est toujours bon à prendre ;-)

Mais c’est sans compter sur l’intervention de Carlos Soriano, le mainteneur de Fichiers, qui revient à la charge en lui demandant d’être un peu plus précis. Carlos souhaitant savoir si les contributions d’Ubuntu se feront upstream, comme le font déjà SUSE, Endless ou Fedora (pour ne citer qu’eux), en interagissant sur Bugzilla, en soumettant des patchs… ou s’il s’agira surtout d’une simple intégration.

Ce à quoi Mark répond qu’il « laissera Sebastien Bacher et les autres [NDLR: de l’équipe environnement de bureau d’Ubuntu ] décider de la meilleure façon d’aider Ubuntu GNOME. Nous faisons beaucoup de travail en amont, mais notre véritable objectif est l’expérience utilisateur final, ce qui implique de bien faire les choses au niveau de la distribution, puisque c’est ce que les utilisateurs utilisent. »

Je vous laisse en tirer vos propres conclusions, mais à mon avis, il y a peu de chance de voir des contributions conséquentes en provenance d’Ubuntu.

Néanmoins, ça reste une bonne nouvelle. Qu’on le veuille ou non, Ubuntu est de loin la distribution la plus utilisée, la plus populaire auprès du grand public. GNOME redeviendra donc de facto l’environnement le plus utilisé et aura sans doute droit à de nombreux nouveaux contributeurs parmi tous ces utilisateurs. Autre point important, toutes les grandes distributions (Debian, Red Hat, Fedora, SUSE et maintenant Ubuntu) proposent GNOME par défaut. Pour les éditeurs tiers, aussi bien d’applications que de jeux vidéos, ça sera désormais GNOME qui sera testé en priorité, ce qui signifie une bien meilleure intégration et un meilleur suivi.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.10

Ubuntu GNOME 15.10 (Wily Werewolf) vient de sortir.

Comme pour la précédente version, il s’agit principalement de correctifs et d’applications mises à jour. Rien de réellement nouveau, et la plupart des gens préféreront sans doute (ou du moins, ils devraient :) attendre la prochaine version LTS prévue pour le mois d’avril 2016.

On retrouve donc en partie GNOME 3.16, puisque Ubuntu préfère les versions éprouvées et refuse donc de proposer la dernière version de GNOME. Et en partie, puisque certaines applications, telles que Fichiers ou les Comptes en ligne, ne sont disponibles qu’en version 3.14. Pour le thème d’icônes ou le logiciel de gravure, nous avons droit à de vieilles versions 3.12. Mais la palme revient sans conteste à gedit, l’éditeur de texte, qui n’est proposé que dans une antédiluvienne version 3.10 qui ne proposait pas encore de barre d’en-tête.

Et bien que présentes dans la logithèque, les applications Agenda, Caractères, Horloges, Logiciels, Machines, Polari et Web ne sont pas pré-installées. L’application Musique est quant à elle bien présente, mais c’est Rhythmbox qui figure dans les applications favorites du dock. Et pour finir sur le gestionnaire de photos, nous noterons que Shotwell a été remplacé par Photos.

Ubuntu GNOME 15.10 et son vieux gestionnaire de fichiers

Pour une expérience vanilla, on repassera ;)

Pour le reste, nous retrouvons l’habituel navigateur Firefox dans sa version 41.0.2, la suite bureautique LibreOffice 5.0.2.2 ou le client BitTorrent Transmission 2.84. Et c’est à peu près tout pour les applications tierces.

Au niveau système, nous avons droit au noyau Linux 4.2.0, systemd 225, la bibliothèque graphique Mesa 11.0.2, le serveur X.Org 1.17.2, PulseAudio 6.0, ainsi que la pile Bluetooth BlueZ 5.35.

Conclusion

Comme pour la précédente version, vous aurez donc droit à une vieille version de GNOME, accompagnée de technologies plus ou moins vieilles. Alors, quitte à rester sur du vieux, il est sans doute préférable de privilégier des distributions stables et éprouvées comme Debian ou Ubuntu dans sa version LTS.

Quant à ceux qui rechercheront un système à jour et qui respecte l’expérience GNOME telle que souhaitée par le projet, ils se tourneront plutôt vers l’édition GNOME de Manjaro ou attendront la sortie de Fedora 23, qui est normalement prévue pour le début du mois de novembre.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.04

Installation d’Ubuntu GNOME 15.04

La dernière Ubuntu GNOME est sortie le 24 avril dernier, mais comme je ne porte pas particulièrement Canonical Ltd. et Ubuntu dans mon cœur, et qu’il n’y a finalement pas grand-chose à dire sur cette distribution, je n’ai pas jugé utile d’en faire un test approfondi.

Installation

L’installation se déroule sans problème. Ubuntu a longtemps excellé dans ce domaine, mais de nos jours, on retrouve désormais le même type d’installeur, tout aussi simple et ergonomique, sur un certain nombre d’autres distributions. Mais ça fait bien son boulot, et c’est bien là le principal.

Notons qu’après avoir choisi la langue souhaitée, dès le deuxième écran, on nous propose de cocher deux cases, pour télécharger les mises à jour pendant l’installation, mais surtout, pour installer un certain nombre d’éléments propriétaires (Flash, codecs multimédia, pilotes de périphériques pour cartes graphiques et Wi-Fi…), dans le cas où vous souhaiteriez une expérience utilisateur la plus fonctionnelle possible, sans avoir à batailler par vous-même.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 3.19.0, ainsi que systemd 219. Au niveau des pilotes de périphériques propriétaires, depuis le shell de GNOME, que vous recherchiez driver ou pilote, l’outil pour installer facilement des pilotes additionnels vous sera bien proposé, ce qui est une bonne chose. Par contre, au niveau du gestionnaire de paquets, c’est la vieille logithèque Ubuntu qui est proposée, et non Logiciels, que je trouve pourtant bien plus ergonomique.

Et c’est d’ailleurs une des raisons qui fait que je n’aime pas Canonical, qui a développé une logithèque qui ne peut être utilisée que par Ubuntu, comme à peu près tout ce qu’ils font. Et je ne parle pas uniquement du logiciel en lui-même, mais de toutes les données qui lui sont nécessaires (descriptions, captures d’écrans, notations…). Heureusement que Debian, Red Hat, GNOME, KDE… ont travaillé de façon conjointe pour créer la norme AppStream, dont les fichiers AppData seront fournis en amont, avec les sources des différentes applications. Ce qui permettra au final, de pouvoir être repris par toutes les logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon sous KDE…), et ce, peu importe la distribution utilisée.

C’est tout de même mieux de jouer en équipe, de collaborer et de faire progresser le logiciel libre dans son ensemble.

Environnement

Il s’agit d’un « vieux » GNOME 3.14.4. Le bon point, c’est qu’après plusieurs versions à ne proposer que des applications GNOME d’un autre âge, hormis Contacts et GNOME Bluetooth qui sont étrangement restés en version 3.8, toutes les autres applications ont bien été mises à jour en version 3.14.

Néanmoins, bien que disponibles depuis la logithèque, un certain nombre d’entre elles ne sont pas installées par défaut : Horloges, Logiciels, Machines, Musique, Photos, Web… sont ainsi manquantes.

Vous aurez par contre droit au navigateur Firefox 37.0, le client de messagerie Evolution 3.12 (même si, à défaut de Geary, j’aurai sans doute préféré Thunderbird), la suite bureautique LibreOffice 4.4, le client de messagerie instantanée Empathy 3.12, le lecteur de musique Rhythmbox 3.1 et le gestionnaire de photos Shotwell 0.20.2

Au niveau du thème, c’est Adwaita, l’officiel de GNOME, qui est présent par défaut. Y compris pour le fond d’écran. Pour ceux qui préfèrent tout de même quelque chose de plus coloré, le thème Numix et les icônes Humanity sont également pré-installés. Le changement pouvant s’effectuer depuis l’Outil de personnalisation.

Conclusion

Puisque il ne s’agit pas d’une version LTS avec support long (il n’est que de neuf mois ici), et qu’elle n’a qu’une vieille version de GNOME à proposer, j’ai bien du mal à trouver un quelconque intérêt à cette Ubuntu.

Le seul auquel je pense, et je trouve bien triste qu’on en soit arrivé là, c’est que la plupart des gens n’aiment pas avoir trop de choix, et tout le monde s’est mis à installer la même chose.

Maintenant, à force de voir les médias ne parler que d’Ubuntu, de voir les éditeurs de logiciels propriétaires ne supporter qu’Ubuntu (paquets souvent disponibles uniquement pour Ubuntu, Steam qui ne liste qu’Ubuntu dans les configurations requises…), de voir les fabricants confondre Linux et Ubuntu, fait qu’au final, ça sera sans doute avec Ubuntu que monsieur tout le monde aura le moins de problèmes.

Donc voilà, si vous adorez les jeux et autres applications propriétaires, et que vous souhaitez un environnement un peu moins vieux que ce qui était présent dans la version LTS (pour rappel, GNOME 3.10.4), alors cette Ubuntu vous conviendra sans doute. Pour les autres, on trouve bien mieux ailleurs.