Sortie de Manjaro GNOME 15.09 R2

Fin septembre, les développeurs de Manjaro sortaient une nouvelle version de leur distribution, dont la numérotation suit désormais l’exemple d’Ubuntu en se basant sur l’année et le mois de sortie.

L’une des nouveautés étant qu’en plus de Thus, qui reste l’installeur graphique par défaut, cette version 15.09 propose désormais un second installeur, Calamares, qui se veut distribution-agnostique et dont le développement est bien plus actif. À n’en pas douter, il finira sans doute par remplacer Thus à terme.

Calamares 1.1.4.2

Ubiquity n’a plus l’apanage du simple et du joli ;)

En ce qui concerne notre environnement préféré, GNOME 3.18.1 n’est disponible que depuis quelques jours, mais les développeurs de Manjaro ont eu la bonne idée de créer un nouveau média d’installation, permettant ainsi de pouvoir facilement l’essayer, en faire la démonstration ou l’installer.

En plus de GNOME 3.18.1, nous avons droit à un noyau 4.1.11 LTS par défaut (la dernière version stable étant également disponible dans les dépôts), systemd 227, X.Org 1.17.2, Mesa 11.0.4 et Firefox 41.0.2.

Test de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Le tout, en misant également sur une meilleure stabilité en ne proposant pas trop rapidement les dernières nouveautés présentes dans Arch, et en privilégiant certains composants jugés plus stables.

Installation

Dès l’amorçage du média d’installation, nous avons tout d’abord le choix entre un démarrage standard ou accompagné de pilotes non libres. La distribution démarre ensuite en mode live CD, permettant ainsi à l’utilisateur de tester la compatibilité du matériel et de se faire une première idée avant de lancer l’installation.

Et comme pour la précédente version de Manjaro, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions, qui nécessitent malheureusement toujours l’utilisation d’un mot de passe que nous ne possédons pas. Nous pouvons donc nous poser la question de la pertinence de perturber inutilement les utilisateurs, sachant que nous sommes de toute façon toujours en mode live CD…

Une fois l’installation lancée, nous choisissons notre langue, avant que l’installeur ne nous rappel qu’il est toujours en version beta, et que le RAID, les sous-volumes Btrfs ou d’autres configurations avancées ne seront pas correctement gérées.

L’installeur de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Les boutons Close, Back et Forward, qui devraient normalement être traduits Fermer, Précédent et Suivant, sont étrangement nommés Pres / Retour / Avant, dont l’utilisateur peinera sans doute à comprendre la signification du premier, à moins de cliquer malencontreusement dessus.

Nous pouvons ensuite sélectionner notre emplacement géographique, notre fuseau horaire et la disposition du clavier (les deux derniers étant correctement pré-configurés en fonction du pays). Vient ensuite le type d’installation, qui nous permet de formater l’intégralité du disque ou de le partitionner, ainsi que de chiffrer notre partition, d’utiliser LVM ou de placer le dossier /home sur une partition ou un volume différent. Il ne reste plus qu’à créer un compte utilisateur, et l’installation se termine déjà.

Une fois le système redémarré et dès l’arrivée sur le bureau, rolling release oblige, le gestionnaire de mises à jour nous propose déjà 199 mises à jour, pour un total de 565 Mo.

Une seconde notification signale quant à elle la possibilité d’installer des traductions supplémentaires, incluant celle de Firefox et des dictionnaires francophones. Malheureusement, ils n’ont pas pensé à proposer également le paquet libreoffice-still-fr, que l’utilisateur devra installer manuellement s’il souhaite que la suite bureautique soit traduite en français.

Par contre, aucune trace de l’assistant de première utilisation de GNOME, qui aurait pourtant pu permettre à l’utilisateur de configurer ses paramètres de confidentialité et ses éventuels comptes en ligne.

Système

La distribution est livrée par défaut avec le noyau Linux 3.18.20 qui bénéficie d’un support long (LTS). Au besoin, le gestionnaire de paramètres de Manjaro permet d’installer facilement la dernière version stable, ainsi que d’anciennes versions LTS. Le gestionnaire de paramètres permet également d’installer tout aussi facilement les pilotes propriétaires, tels que ceux de la carte graphique.

La gestion des noyaux sous Manjaro

Nous avons par contre beaucoup plus de mal à comprendre l’intérêt d’autres options, telles que la gestion de la langue, des comptes utilisateurs, de l’heure et de la date; ou encore du clavier, qui font doublon avec ce que proposent déjà les paramètres de GNOME. Pire encore, la disposition du clavier est correctement configurée côté Manjaro, mais a été laissée en anglais côté GNOME. Et bien que ça ne semble avoir aucune incidence sur la configuration du système, il est tout de même perturbant de se retrouver avec deux centres de configuration, quand celui de GNOME est, qui plus est, bien plus complet et facilement accessible.

Pour le reste, la distribution suivant un développement en continu, elle propose les dernières versions de systemd (224 au moment du test), Mesa (10.6.5), et autres technologies sous-jacentes.

En ce qui concerne la gestion de paquets (installations et mises à jour), l’utilisateur devra passer par Pamac. Logiciels, l’équivalent GNOME, n’est malheureusement pas installé par défaut, avec tous les points négatifs que cela implique : les recherches directement depuis le shell ne sont pas permises, les notifications utilisent encore l’ancien tiroir de messagerie, il n’y a aucune mise en avant des applications utilisateur, les descriptions sont plutôt succinctes, il n’y a pas de captures d’écran… Mais rassurez-vous, l’application est tout de même disponible dans les dépôts. Qu’elle ne soit pas installée par défaut est simplement préjudiciable pour l’expérience utilisateur des nouveaux venus.

Nous noterons également qu’avec la mise à jour du 24 août et la toute nouvelle version 2.4.0 de Pamac, le dépôt communautaire AUR n’est désormais plus activé par défaut.

Et pour conclure sur une note plus positive, la lecture de médias utilisant des formats propriétaires est pleinement fonctionnelle.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.13.1

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 40.0.2, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.5 (Manjaro préférant rester sur la branche Stable plutôt que sur Evolution, qui est plus à jour mais potentiellement moins stable), ainsi que la quasi-totalité des applications GNOME. Hormis Logiciels, Machines et Web, elles semblent toutes présentes, et aucun autre ajout ou remplacement n’a été effectué.

Les seules exceptions étant le greffon Flash, ainsi que le client Steam, tous deux propriétaires, et dont la pré-installation du second reste toujours aussi problématique, quand il suffirait que les joueurs intéressés l’installent depuis les dépôts.

Niveau personnalisation, hormis le fond d’écran Manjaro, on reste sur une configuration qui se veut la plus proche possible de ce que souhaite le projet GNOME. On retrouve donc le thème officiel Adwaita (aucun autre thème n’est pré-installé), et les différentes options par défaut ne semblent pas avoir été modifiées.

Conclusion

Lors de mon précédent test de Manjaro GNOME, j’avais été confronté à plusieurs problèmes qui auraient aisément pu bloquer et décourager nombre de débutants. Mais avec cette nouvelle version, sans aller jusqu’au sans-faute, l’expérience est incroyablement plus positive. L’installation et les nombreuses mises à jour n’ont posé aucun problème, l’installation du dernier noyau stable ou des pilotes propriétaires est grandement simplifiée, et nous retrouvons un GNOME vanilla plutôt propre et complet.

Tout juste pouvons nous regretter que les différents choix de l’utilisateur durant la phase d’installation ne soient pas répercutés dans les paramètres de GNOME; que l’assistant de première utilisation de GNOME ne soit pas lancé, ou qu’une application telle que Logiciels, qui occupe pourtant une place de plus en plus importante chez GNOME, ne soit pas pré-installée.

Hormis ces quelques détails, cette version de Manjaro GNOME demeure un excellent cru, que nous pouvons sans problème conseiller.

Test de Manjaro GNOME 0.8.11

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release, basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Installation

Manjaro démarre tout d’abord en mode live CD, ce qui permet de tester la compatibilité du matériel, et de se faire un premier avis avant de lancer l’installation. Nous avons le choix entre un démarrage standard, ou avec des pilotes non libres.

Pour l’installation à proprement parler, aussitôt lancée, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions. Malheureusement, si nous acceptons de les installer, on nous demande un mot de passe administrateur, encore non définit, dont l’absence ne nous permet pas de mener à bien l’opération. Qu’à cela ne tienne, nous reprenons notre installation. Cette dernière a bien été traduite en français… hormis les boutons Close, Back et Forward (fermer, précédent et suivant).

Installation de Manjaro GNOME 0.8.11
Installation de Manjaro GNOME 0.8.11

Nous avons droit aux traditionnelles demandes concernant la langue, le fuseau horaire ou la disposition du clavier. En ce qui concerne le partitionnement du disque (automatique ou manuel), nous pouvons en profiter pour chiffrer la partition et utiliser LVM, ce qui permet de créer des instantanés ou de pouvoir modifier plus facilement la taille des partitions. Nous pouvons également placer le répertoire /home dans une partition ou un volume différent, ce qui permet de séparer nos données personnelles du reste du système.

Il ne reste plus qu’à définir notre nom d’utilisateur, mot de passe, choisir si l’on souhaite se connecter automatiquement sans demande d’identification, et l’installation peut commencer. Cette dernière ne prend guère plus de quelques minutes sur un disque SSD.

Un redémarrage plus tard, et nous voici sur le bureau. Et là, premier problème. Nous avions eu beau choisir un clavier français durant l’installation, nous nous retrouvons avec un clavier qwerty. Il faut donc se rendre dans les paramètres de GNOME, ensuite Pays & langue, puis changer la langue en français. Un popup surgit alors pour nous demander si nous souhaitons redémarrer maintenant. Il vaut mieux refuser, le temps de nous laisser choisir également le français comme source d’entrée.

Le gestionnaire de mises à jour nous signale ensuite la disponibilité de ces dernières. Nous acceptons, avant de nous voir confrontés au premier vrai problème. L’application se bloque sur la mise à jour des clés de chiffrement, et nous ne pouvons rien faire d’autre que de la tuer. Après un nouveau redémarrage, aucune mise à jour ne nous est cette fois-ci proposée. Nous effectuerons donc la mise à jour en ligne de commande (sudo pacman -Syu). Manjaro étant de type rolling release, nous avons droit à 445 mises à jour, représentant 795 Mo à télécharger.

Pour ceux qui, comme moi, considèrent qu’un verrouillage de l’écran après seulement cinq minutes d’inactivité peut devenir rapidement agaçant, peuvent se rendre dans les paramètres de GNOME, Énergie, puis redéfinir la valeur de l’option Écran noir.

Une fois le téléchargement de tous les paquets terminé, nous voici de nouveau confrontés à ce fameux problème de clés. Il va donc encore falloir régler nous-même le problème :

sudo pacman-mirrors -g && sudo pacman -Syy && sudo pacman -S gnupg && sudo pacman-key –populate archlinux && sudo pacman-key –populate manjaro && sudo pacman-key –refresh-keys

On enchaîne ensuite sur la mise à jour… du gestionnaire de mises à jour (sudo pacman -S pamac), puis on lance ce dernier pour mettre à jour le système. Cette fois-ci, tout se passe bien.

Système

Manjaro a préféré miser par défaut la carte de la sécurité, en optant pour le noyau Linux avec support long. Ce dernier étant fourni durant l’installation en version 3.16.7.2, avant de passer au 3.16.7.8 après la mise à jour. Un outil graphique permet néanmoins de passer facilement au dernier noyau en date, tandis qu’un autre outil, permet tout aussi facilement d’installer des pilotes propriétaires, comme ceux de la carte graphique.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.11
Manjaro GNOME 0.8.11

Au niveau de l’environnement, nous avons affaire à un GNOME 3.14 le plus proche possible de ce que le projet a prévu. Hormis le fond d’écran qui diffère, tout le reste correspond aux choix par défaut du projet GNOME. Thème Adwaita et applications GNOME par défaut, à l’exception de Firefox, en lieu et place de Web (Epiphany). On retrouve donc Photos ou Musique, même si je conseillerai plutôt de les remplacer par gThumb et Lollypop, qui paraîtront sûrement moins limités au quotidien. Certains programmes GNOME sont néanmoins absents, tel le logiciel de virtualisation Machines, ou le gestionnaire de paquets Logiciels, actuellement non supporté par Arch, et donc remplacé par Pamac.

Vous aurez par contre droit aux logiciels propriétaires Flash et Steam. Autant le premier peut se comprendre, ce plugin étant encore bien trop nécessaire sur le web, autant le second, est plus difficilement compréhensible. Les joueurs intéressés pouvant très bien l’installer d’eux-même depuis les dépôts.

Conclusion

En soit, la distribution est vraiment bien, mais l’expérience est complètement gâchée par de nombreux problèmes durant l’installation et la première grosse mise à jour. La faute incombe directement au projet Manjaro lui-même, qui refuse de supporter officiellement l’un des principaux environnement de bureau Linux, et dont l’édition GNOME, communautaire, a été gérée par une seule personne.

Malgré la sortie, entre temps, de Manjaro 0.8.12, l’édition GNOME n’a toujours pas été mise à jour, ce qui ne lui permet pas de bénéficier dès le départ des nombreux correctifs apportés au gestionnaire de paquets (la plupart des bugs rencontrés ont bel et bien été corrigés depuis), tout en obligeant l’utilisateur à télécharger plusieurs centaines de mégas de mises à jour. Sans aller jusqu’à faire comme Arch, qui propose un nouveau média d’installation tous les mois, de proposer une telle mise à jour en même temps que les éditions officielles, éviterai bien des soucis.

On ne peut donc décemment pas proposer cette distribution à des utilisateurs débutants sous Linux. Quant aux utilisateurs confirmés, ces derniers préfèreront sans doute utiliser directement Arch de leur côté. Reste peut être ceux qui ont le niveau, qui peuvent corriger les éventuels problèmes qui pourraient survenir, et qui seront tout de même heureux de gagner du temps sur la partie qui fonctionne bien (installation, partitionnement simplifié, pré-installation de l’environnement et des logiciels de base…) sans avoir à gérer toute cette partie eux-même.