Suppression à venir du menu de l’application

Menu de l’application de Builder sous GNOME 3.28

On va tout d’abord commencer par rappeler de quoi il s’agit, puisque ce menu, maintes fois décrié, n’a jamais obtenu les faveurs des utilisateurs. À tel point que nombre d’entre eux n’ont même jamais remarqué son existence.

Pour citer l’aide officielle, « le menu d’une application, situé à côté du bouton Activités, affiche le nom de l’application en cours avec son icône et permet un accès rapide aux préférences ou à la rubrique d’aide du programme. Les éléments accessibles depuis ce menu varient en fonction de l’application. »

Et c’est là que le bât blesse. Hormis les applications GNOME officielles qui y proposent donc un accès à la rubique d’aide, aux préférences, ainsi qu’aux raccourcis clavier et à quelques options principales, la majorité des applications tierces, et non des moindres (Firefox, Google Chrome…) ne proposent que l’option de base permettant de quitter l’application, rendant ce menu complètement inutile dans la plupart des cas.

Et les griefs ne s’arrêtent pas là :

  • le menu est déconnecté de la fenêtre de l’application
  • ça n’a aucun sens en cas d’utilisation de plusieurs écrans
  • aucun autre système ne propose ce type de menu
  • il n’est accessible que pour l’application qui a le focus
  • les applications GNOME officielles l’utilisent le manière incohérente
  • certains nouveaux utilisateurs sont totalement passés à côté et supposent qu’il n’y a donc pas de préférences

La solution proposée étant de déplacer les différentes entrées du menu vers la fenêtre de l’application, dans le menu hamburger que la plupart des applications GNOME possèdent déjà. Travail relativement facile à mettre en œuvre, et qui devrait, qui plus est, se fondre agréablement avec certaines applications tierces comme Firefox et Chromium, qui utilisent déjà un modèle similaire.

De nombreuses maquettes ont déjà été publiées. La migration devant s’achever avec la sortie de GNOME 3.32, prévue pour le mois de mars 2019.

L’icône hamburger

L’icône hamburger dans Gedit 3.16

La BBC a récemment publié un article sur l’icône hamburger, qu’on retrouve désormais sur un grand nombre de sites web, d’applications mobiles et autres environnements de bureau, et qui permet d’accéder à diverses options supplémentaires.

Créée au début des années 1980 par Norm Cox pour l’interface du Xerox Star, elle fut plus récemment reprise par l’application Path, avant d’être popularisée par le réseau social Facebook.

L’avantage étant, dans des interfaces que l’on souhaite de plus en plus épurées, de pouvoir facilement donner accès à une liste d’options supplémentaires, sans surcharger l’interface.

Cependant, bien que l’icône hamburger puisse fournir une manière cohérente d’accéder à ces options « cachées », diverses recherches semblent montrer qu’elle ne serait pas aussi fonctionnelle que certains aimeraient le croire.

Le développeur James Foster a conduit une étude à ce sujet durant plusieurs mois, et sa conclusion serait que trois barres horizontales n’auraient pas la même signification pour la plupart des gens, et qu’il serait donc facile de complètement passer à côté.

Le principal reproche étant que le menu hamburger est une icône abstraite, dont les gens apprennent la signification par la pratique. À l’inverse, par exemple, du menu d’un traitement de texte dont les icônes gras, italique ou souligné (a, a, a) indiquent clairement leur rôle, en montrant le résultat obtenu.

Durant ses nombreux tests sur la version mobile de son site, James Foster a remarqué qu’en écrivant le mot menu sous les trois barres, le bouton était utilisé 7,2% en plus, et que de mettre les trois barres dans une boîte, de sorte que ça ressemble plus à un bouton (ce qu’a choisi GNOME), faisait grimper le taux d’utilisation de 22,4%.

Mais pour la version traditionnelle du site, consultable depuis un ordinateur, il obtenait des résultats radicalement différents. Quatre variantes furent mises en place : la variante de base, avec simplement le mot MENU; une deuxième avec simplement le mot MORE (plus); ainsi que deux autres variantes, avec l’icône hamburger accompagnée des mots MENU ou MORE. Et pour ce test, les variantes 2, 3 et 4 obtenaient un taux d’utilisation inférieur de 18%, 31% et 43% au classique MENU.

Le journaliste des nouvelles technologies Glenn Fleishman raconte de son côté qu’il reçoit régulièrement des courriers d’utilisateurs lui demandant comment effectuer telle ou telle action. Et quand il répond qu’il faut cliquer sur les trois barres situées dans le coin supérieur de l’application, les gens demandent alors « oh, mais pourquoi vous l’avez caché là ? ».

Alors, pourquoi ne pas changer ? Dans le cas d’applications mobiles, les arguments avancés sont l’absence de traductions nécessaires (et les économies ainsi engendrées), ainsi que le gain de place obtenu. Tout le monde ne comprenant pas l’anglais, l’équivalent allemand au mot paramètres (settings, en anglais) est systemsteuerung, qui prendrait deux fois plus de place dans une interface.

Dans le même temps, et même si l’adoption se fait lentement, les développeurs et designers d’interfaces comptent sur le fait que petit à petit, tout le monde finira par connaître la signification de l’icône hamburger, et que ses avantages prendront ainsi le pas sur ses actuels inconvénients.