GNOME 3.18 offrira une prise en charge de Google Drive

Six ans après que Thibault Saunier ait commencé à travailler sur la prise en charge de Google Docs dans le cadre du Google Summer of Code 2009, et plusieurs années après que Google ait annoncé travailler sur un client Linux qui ne vit jamais le jour, Debarshi Ray repris le code fin 2014 et passa près d’une année à travailler dessus avant de pouvoir proposer une première version fonctionnelle de la prise en charge de Google Drive.

Une première version néanmoins incomplète, puisque le mode hors ligne n’est pas encore implémenté, et nécessitera donc une connexion à Internet pour pouvoir synchroniser et accéder à vos fichiers.

Mais une fois votre compte Google ajouté aux Comptes en ligne, en plus des traditionnels courriels, agendas, contacts, documents, photos et imprimantes, vous aurez désormais la possibilité d’accéder à vos fichiers stockés dans le service en ligne de Google.

Une fois l’option activée, un nouveau système de fichiers distant est automatiquement ajouté dans Fichiers, vous permettant d’accéder à tous vos fichiers, vignettes incluses, et de pouvoir les ouvrir dans vos applications par défaut. Les photos le seront dans le Visionneur d’images, les PDF dans le Visionneur de documents et les vidéos… dans Vidéos. En dehors des applications GNOME, il faudra bien évidemment que les applications concernées soient compatibles avec l’API GIO. Quant aux fichiers Google Docs, ils ouvriront Google Documents dans votre navigateur, sans qu’il n’y ait besoin de les télécharger au préalable.

L’envoi est également possible. Il suffit pour cela de déplacer ou de sauvegarder un fichier dans le système de fichiers Google Drive, pour que GNOME l’envoi sur votre compte en ligne.

Par contre, la création de nouveaux dossiers n’est pas encore possible, et il faudra sans doute attendre GNOME 3.20 pour que l’expérience soit pleinement fonctionnelle.

La fondation GNOME adhère au Manifeste des données utilisateur 2.0

Ces dernières années, Microsoft a fait de gros progrès en ce qui concerne la stabilité et la sécurité de ses produits. Dans le même temps, le logiciel libre a également énormément progressé en termes d’ergonomie et de simplicité d’utilisation. À tel point que de nos jours, les offres sont sensiblement identiques des deux côtés, et la bataille se joue désormais sur les questions de respect de l’utilisateur, de sa vie privée, et du contrôle de ses données.

C’est dans cet esprit que la version 2.0 du Manifeste des données utilisateur (User Data Manifesto) a été annoncée le 29 août, lors de la conférence des contributeurs d’ownCloud qui se déroulait à Berlin. Cette nouvelle version, plus claire et concise, définit le droit fondamental au respect de la vie privée à l’ère du numérique, et les différents droits auxquels devraient pouvoir prétendre chaque utilisateur :

Le contrôle des données. Les données volontairement envoyées par l’utilisateur devraient rester sous le contrôle ultime de l’utilisateur. Les utilisateurs devraient être en mesure de pouvoir décider à qui accorder un accès direct à leurs données, ainsi que les conditions et la licence accordées pour un tel accès.

Savoir comment les données utilisateur sont stockées. Lorsque les données utilisateur sont envoyées vers un fournisseur de service spécifique, les utilisateurs devraient être informés de la localisation géographique où le fournisseur de service sauvegarde les données, dans quelle juridiction le fournisseur de service opère, ainsi que les lois qui y sont appliquées.

La liberté de choisir une plate-forme. Les utilisateurs devraient toujours être en mesure de pouvoir récupérer leurs données à tout moment, sans subir le moindre enfermement propriétaire. Des standards ouverts pour les formats de fichiers et les protocoles sont nécessaires pour pouvoir offrir de telles garanties.

Et comme l’indique la fondation dans son communiqué, « GNOME est fier de supporter le Manifeste des données utilisateur, et espère que d’autres projets feront de même. En tant que projet de logiciel libre, GNOME a travaillé dur pour faire en sorte que chacun puisse avoir accès à une plate-forme qui leur redonne le contrôle de leurs ordinateurs et de leurs données. Et puisque de plus en plus de données personnelles sont désormais sauvegardées dans le cloud, il est crucial que les utilisateurs sachent où sont stockées leurs données, et qu’ils puissent y accéder avec des logiciels libres et open source. »

Intégration des services de stockage de fichiers en ligne

Carlos Soriano a récemment publié un billet de blog sur la situation actuelle des différents services de stockage de fichiers dans les nuages, tels que Dropbox, Google Drive ou encore OneDrive, ainsi que leur intégration dans les différents environnements de bureau.

Et les problèmes sont nombreux :

  • Utilisation de code non libre par certains clients, ce qui ne permet pas de contrôler l’expérience utilisateur.
  • L’expérience peut être différente en fonction du client, ce qui peut entraîner un flux de travail différent et une mauvaise intégration.
  • Mauvaise intégration dû à la nécessité de posséder une API standard intégrée à l’environnement de bureau.
  • Une prise en charge complète est difficile. Elle nécessiterait l’utilisation de GVFS pour la synchronisation, qui n’est pas encore disponible, quand chaque service utilise de toute façon sa propre méthode.
  • Utilisation d’API spécifiques en fonction de l’environnement de bureau ou du gestionnaire de fichiers. Dropbox utilise par exemple nautilus-dropbox, qui ne fonctionne qu’avec Fichiers. Situation problématique pour les utilisateurs d’autres environnements de bureau ou de gestionnaire de fichiers. De plus, l’API pour les extensions de Fichiers est plutôt limitée.
  • Le besoin d’utiliser des icônes personnalisées pour les menus.

À partir de là, comment faire en sorte de proposer une solution élégante qui puisse permettre aux différents services de s’intégrer proprement aux différents environnements de bureau, sans avoir besoin de s’adapter à chacun d’eux ?

La solution provient de la technologie agnostique D-Bus. Carlos Soriano a créé une nouvelle API pour D-Bus, puis a ajouté sa prise en charge dans GTK+.

Intégration d’un service de stockage en ligne dans Fichiers

Comme nous pouvons le constater, dans le panneau latéral nous avons bien le service MyCloud qui utilise sa propre icône, nom, statut, ainsi que la fourniture d’un menu personnalisé.

Comment ça fonctionne ?

Les services de cloud exposent l’API D-Bus, puis écoutent ses appels, agissant comme un serveur. En outre, les services de cloud implémentent la méthode D-Bus « CloudProviderUpdated », qui notifie à D-Bus que le service a mis à jour son statut, son icône, le chemin ou tout ce dont il a besoin.

Les fonctionnalités actuellement disponibles sont :

  • GetIcon : récupère l’icône du service
  • GetName : récupère le nom du service
  • GetPath : récupère le dossier où le service stocke ses fichiers
  • GetStatus : récupère l’état (inoccupé, synchronisation, erreur) du service

Et pour finir, nous pouvons exporter GMenuModel au travers de D-Bus pour la création de menus personnalisés.

L’autre point important, c’est que l’API D-Bus peut être étendue pour répondre à tous les besoins.

Bien que le travail soit toujours en cours et qu’il reste du chemin avant que ça ne puisse prétendre devenir une spécification Freedesktop, le fait que les différents services puissent, à terme, supporter la même norme implémentée par les différents environnements de bureau, laisse de grands espoirs de voir la situation s’améliorer enfin.

Et dans l’éventualité où la communauté devrait faire elle-même le travail, Carlos Soriano semble tout de même penser que la situation sera bien plus simple qu’auparavant.

Le futur de Notes

Après Musique il y a quelques jours, ce fut au tour de Notes d’avoir droit à un billet de blog sur le futur de l’application.

Allan Day commence par y rappeler qu’il s’agit d’une application de prise de notes simple et efficace, qui possède les caractéristiques de base attendues pour une telle application : mise en forme, recherche, corbeille, et organisation possible des notes dans des carnets séparés. Il rappelle ensuite l’existence de fonctionnalités parfois méconnues, comme l’import possible depuis Gnote ou Tomboy; ou l’intégration avec ownCloud et notes (fourni par Evolution).

En ce qui concerne les nouveautés à venir, GNOME misant de plus en plus sur l’informatique en nuage, le nombre de services gérés (Google, Microsoft Exchange, peut-être également IMAP…) devrait augmenter. Il est également possible que le stockage distant puisse devenir le choix par défaut. Utilisée pour la première fois, l’application pourrait dès lors vous demander quel service vous souhaitez utiliser. Tout comme il est également prévu de pouvoir migrer vos notes d’un service à l’autre.

Amélioration des affichages grille et liste

Affichage en grille

Dans le but d’offrir un meilleur aperçu des différentes notes et de rendre la recherche plus rapide et efficace, il est prévu d’afficher plus de contenu pour chaque note dans l’affichage en grille, ainsi que de classer les notes par date.

Affichage en liste

L’affichage en liste a également été revu, le rendant plus propre, plus attrayant et plus facile à lire.

Meilleure édition

Beaucoup de travail a été fait sur la visualisation et l’édition des notes. En mode édition, les différentes options de formatage qui apparaissent actuellement superposées sur le texte posant problème, elles ont été remplacées par une barre qui apparaît désormais au bas de l’écran quand l’utilisateur sélectionne du texte, et disparaît quand elle n’est plus nécessaire.

Le nouveau mode d’édition

La visualisation des notes devait également utiliser un modèle de largeur fixe, des titres plus grands, et faire une meilleure utilisation de la typographie.

Maintenant, même si ça va dans le bon sens, on aurait aimé voir apparaître plus de nouveautés, comme la possibilité de transformer une liste ordinaire en check-list, de pouvoir enrichir une note à l’aide d’une photo, d’une vidéo, d’une URL ou d’un plan. Sans oublier les interactions possibles avec d’autres applications, comme le fait de pouvoir enregistrer l’adresse d’un site dans une note directement depuis le navigateur, ou une adresse depuis Cartes.