Sortie de GNOME 3.25.3

GNOME 3.25.3, la troisième version de développement qui mènera au futur GNOME 3.26, vient de sortir. Et cette fois-ci, les nouveautés visibles par l’utilisateur sont un peu plus nombreuses :

  • Mutter intègre diverses améliorations concernant l’affichage et la gestion des écrans HiDPI (mais toujours pas de mise à l’échelle fractionnée)
  • Un certain nombre de projets ont été convertis au système de construction Meson
  • GJS intègre différents correctifs pour l’intégration à venir de SpiderMonkey 52 (ce dernier étant utilisé aussi bien par l’interface de GNOME que par les extensions)
  • Machines prend désormais en charge les dossiers partagés et offre la possibilité d’effectuer des captures d’écran
  • Le Centre de contrôle a droit à diverses améliorations (réorganisation de la configuration réseau, possibilité d’annuler la suppression d’une imprimante, prise en compte des données EXIF pour l’orientation des images en arrière plan…)
  • Agenda prend désormais en charge les événements récurrents
  • L’outil de configuration initiale offre désormais la possibilité de configurer les connexions réseau et prend également en charge un fichier de configuration externe, permettant ainsi aux distributions et autres fabricants de PC de pouvoir apporter leur propre personnalisation
  • Cartes intègre de nouveaux raccourcis clavier (possibilité de basculer entre les différentes vues, chargement d’une couche cartographique…), ajoute la prise en charge de nouveaux tags OpenStreetMap (informations sur les religions, disponibilité des toilettes…) et mémorise le dernier mode de déplacement utilisé
  • Le service Todoist est ajouté aux Comptes en ligne (ce dernier pouvant servir à des applications comme Recipes ou To Do)
  • Photos permet désormais de zoomer sur une image
  • L’outil de numérisation Simple Scan intègre diverses améliorations au niveau de l’interface utilisateur concernant les préférences et prend désormais en charge le format WebP (compression avec pertes)
  • L’Outil de personnalisation a droit à un certain nombre d’améliorations au niveau de son interface et intègre de nouvelles options, telles que la possibilité de désactiver le pavé tactile lors de la saisie, de permettre l’affichage du niveau de charge de la batterie dans la barre supérieure ou de pouvoir choisir l’emplacement des boutons de la barre de titre. À l’avenir, l’installation ou la suppression d’extensions se fera par contre depuis Logiciels, qui pourra désormais être lancé depuis l’onglet Extensions de l’application.

Sans oublier, bien évidemment, les innombrables corrections de bugs et autres mises à jour de traductions.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter l’annonce officielle de Matthias Clasen.

Mapbox à la rescousse de Cartes

Comme indiqué le mois dernier, le 11 juillet, Cartes cessa de fonctionner. Comme toutes les applications de cartographie, Cartes dépendait d’un service en ligne pour la fourniture de ses données. En l’occurrence, MapQuest, qui cessa de fournir un accès gratuit à ses données.

Fort heureusement, un autre service populaire, Mapbox (qui fournit déjà des données à Pinterest, Github et Foursquare, pour ne citer qu’eux), s’est proposé pour la fourniture des tuiles. Un accord a même été conclu, permettant de voir l’avenir plus sereinement. Ce nouvel arrangement devrait également permettre l’ajout de nouvelles fonctionnalités, comme le téléchargement des cartes pour une utilisation hors ligne.

De nouvelles versions de Cartes, allant de la 3.14 à la 3.20, sont également sorties, permettant ainsi à toutes les distributions de pouvoir proposer une version corrigée. Il est à noter que Cartes passe désormais par un proxy GNOME pour qu’à l’avenir, un éventuel changement de fournisseur ne nécessite plus la modification du code de l’application, et par conséquent, la publication de nouvelles versions correctives.

Le changement de fournisseur implique bien évidemment un changement au niveau de la représentation des cartes. Ci-dessous, la comparaison entre la version 3.16 qui utilisait MapQuest et la nouvelle 3.20.2 qui utilise Mapbox :

Cartes 3.16 affichant des tuiles en provenance de MapQuest
Cartes 3.20.2 affichant des tuiles en provenance de Mapbox

Cartes se prend une tuile

Cartes n’est plus autorisé à afficher les tuiles du service MapQuest

Cartes est une application GNOME utilisant les données géographiques d’OpenStreetMap pour permettre de trouver rapidement un emplacement en recherchant par ville ou par rue, ou de définir un itinéraire en faisant appel au service GraphHopper.

À partir des données géographiques d’OpenStreetMap qui sont sous licence libre, plusieurs acteurs ont pu générer des cartes de la planète, mises en forme selon leurs préférences (tel que le choix des couleurs ou le type d’éléments mis en avant). Les cartes du monde étant gigantesques, dans le but de pouvoir rapidement transmettre à l’utilisateur une image du lieu désiré au niveau de zoom souhaité, les cartes sont divisées en une foultitude de petites images PNG de 256×256 pixels, les tuiles.

La politique d’utilisation des tuiles d’OpenStreetMap n’autorisant pas une utilisation importante de leurs ressources sans autorisation (cas typique d’une application utilisée par un grand nombre d’utilisateurs), le projet GNOME s’était rabattu sur le fournisseur de tuiles MapQuest, qui proposait jusque-là un accès gratuit et illimité à ses serveurs. Malheureusement, un récent changement de politique de cette entreprise, pourtant annoncé depuis plusieurs mois et connu des développeurs GNOME, comme en atteste ce rapport de bug ouvert le 10 avril 2016, rend désormais impossible l’affichage de la moindre tuile depuis le 11 juillet dernier.

Quasiment toutes les versions sont concernées, de la 3.12 à la récente 3.20, et aucune alternative n’a pour le moment été annoncée.

Le développeur Mattias Bengtsson a récemment interpellé MapQuest sur leur compte Twitter pour savoir s’il serait possible d’obtenir une dérogation pour les projets libres.

Les autres possibilités étant d’obtenir une autorisation de la part d’OpenStreetMap, ou que le projet GNOME finisse par ouvrir son propre serveur de tuiles, ce qui aurait forcément un coût.

Cette absence de solution a également poussé les développeurs de la distribution Ubuntu GNOME à ne plus proposer l’application Cartes dans la prochaine version 16.04.1 LTS, annoncée pour le 21 juillet.

Nouveautés à venir dans Cartes 3.20

Jonas Danielsson vient de publier un billet de blog sur les nouveautés à venir de Cartes 3.20.

Ouverture dans le navigateur

Depuis quelque temps déjà, Cartes propose une fonctionnalité permettant d’ouvrir l’emplacement dans une autre application (actuellement Horloges et Météo). Nous pourrons désormais ouvrir l’emplacement dans le navigateur, ce qui permettra de charger plus facilement la position dans OpenStreetMap.

URI géographiques

Cartes prendra également en charge les URI géographiques. En cliquant sur de telles adresses, votre navigateur pourra désormais vous proposer de les ouvrir dans Cartes.

Notons au passage que Polari, le client IRC du projet GNOME, rendra également cliquables de telles adresses, ce qui vous permettra là-encore de les ouvrir dans Cartes.

GeoJSON

Comme annoncé dans un précédent article, Cartes prendra également en charge le format GeoJSON. Depuis, le contributeur Alafazam Khan a ajouté la prise en charge initiale de la spécification MapBox pour la représentation graphique des données GeoJSON, ce qui permet le résultat ci-dessous.

Prise en charge de la spécification Simplestyle dans Cartes 3.19

Édition OpenStreetMap

Grâce à Marcus Lundblad, il sera désormais possible d’éditer OpenStreetMap directement depuis Cartes. Vous pouvez consulter son billet de blog qui explique cette partie plus en détails.

Les possibilités sont pour le moment assez sommaires, mais il est tout de même possible d’ajouter ou modifier des informations pour des lieux déjà existants, tout comme il est également prévu de pouvoir ajouter des points d’intérêt.

Export en PNG

La vue courante pourra désormais être sauvegardée en PNG.

Cartes 3.20 prendra en charge le format GeoJSON

Pour reprendre Wikipédia, GeoJSON est un format ouvert d’encodage d’ensemble de données géospatiales simples avec leurs attributs non spatiaux.

De tels fichiers peuvent être utilisés pour ajouter des calques représentants par exemples les différentes zones électorales ou l’ensemble des municipalités d’un pays.

Délimitation des différentes municipalités norvégiennes

Sans doute plus intéressant pour le grand public, le format permet également d’ajouter un ensemble de lieux différents et d’y associer des informations dans le but de lister par exemple les différentes possibilités d’une rencontre à venir.

Les différentes possibilités pour la conférence GUADEC 2016 qui aura lieu à Karlsruhe

Source

GNOME pourra bientôt accéder aux données GPS de votre mobile

De plus en plus d’applications (Cartes, Météo…) ont besoin de connaître la localisation précise de l’utilisateur, dans le but de lui faciliter la vie en fournissant directement les données de l’endroit où il se trouve. Pour se faire, GNOME utilise le service GeoClue, qui peut utiliser plusieurs sources plus ou moins précises : GPS, Wi-Fi, modem 3G ou GeoIP. Malheureusement, la plupart des ordinateurs n’étant pas équipés pour pouvoir fournir des données fiables, la localisation se fait généralement à partir de l’adresse IP, dont la précision ne dépasse guère les dizaines de kilomètres (contre quelques mètres pour le GPS).

Dans le même temps, de nos jours, la plupart des gens possèdent un smartphone équipé d’un récepteur GPS. Ankit, étudiant indien à l’Institut national de technologie de Srinagar, a ainsi pour projet de travailler durant le Google Summer of Code 2015 sur une application Android (la version iOS viendra par la suite) qui agira comme un serveur de localisation pour le service GeoClue, et dont la découverte sur le réseau pourra s’effectuer depuis des clients mDNS tels que Avahi ou Bonjour. Tout se fera bien évidemment automatiquement, et l’utilisateur n’aura pas besoin de s’en préoccuper.

Maquette d’application Android

Comme on peut le voir sur les maquettes, l’utilisateur pourra choisir ou non de partager sa localisation avec d’autres périphériques, et la liaison pourra s’effectuer quant à elle par Wi-Fi, Bluetooth ou USB.

Ceux qui s’intéressent à la technique pourront lire le billet de blog d’Ankit, mais en gros, l’application Android utilisera les ServerSocket pour communiquer avec GeoClue. Et à chaque fois qu’Android obtiendra un nouvel emplacement par le biais de LocationListener, il transmettra les données de localisation à GeoClue sous forme d’une phrase NMEA, que ce dernier convertira ensuite sous forme de localisation GPS.

Et pour terminer sur les questions de vie privée, non seulement personne ne sera obligé d’installer une telle application sur son smartphone, mais le partage sera en opt in, et nécessitera donc l’accord de l’utilisateur. Tout comme c’est finalement déjà le cas dans les paramètres de confidentialité de GNOME.

Un mode hors-ligne pour Cartes

Cartes 3.16

Actuellement, Cartes se contente de récupérer et d’afficher des cartes dont le rendu est déjà effectué, côté serveur, par OpenStreetMap, ce qui impose finalement un certain nombre de contraintes.

Les cartes étant fournies dans un format matriciel, elles sont plus longues à télécharger et auraient occupé une place non négligeable sur le disque dur de l’utilisateur, dans le cas où ce dernier aurait eu besoin d’une large zone pour pouvoir être consultable hors-ligne.

Pour information, les données géographiques de la ville de Paris (encore non rendues) représentent 1.7 Go.

Jonas Danielsson a donc développé une nouvelle bibliothèque (vector-tile-glib), pour pouvoir analyser les données de tuiles vectorielles (beaucoup plus légères), avant de personnaliser le rendu avec MapCSS.

Les avantages pour l’utilisateur, seront des cartes beaucoup plus rapides à télécharger et qui prendront infiniment moins de place à stocker, ce qui permettra de proposer un mode hors-ligne. Les personnes disposant d’un écran à haute densité de pixels, pourront également bénéficier d’un rendu HiDPI.