Revue de presse GNOME 3.16

Au niveau de la presse francophone, ça va être rapide, puisque nous n’intéressons personne. Ils sont sans doute trop occupés à décortiquer chaque nouvelle pré-version de Windows 10 :)

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Sortie de GNOME 3.16

Ça y est. Le tout nouveau GNOME 3.16 est disponible.

La grosse nouveauté, c’est l’apparition du centre de notifications, qui remplace avantageusement le tiroir de messagerie (qui se trouve être toujours disponible, mais sous une autre forme). Nous avons également droit à un nouveau thème, de nouvelles applications (Agenda, Builder, Caractères et Livres) et tout un tas de nouveautés dans les applications déjà existantes.

Mais je ne vais pas refaire les notes de version, qui ont été traduites en français, et que je vous invite à lire.

Une autre bonne nouvelle, pour le futur de GNOME, c’est la récente embauche par Red Hat de nouveaux développeurs, qui travailleront à temps plein sur GNOME et les technologies relatives au desktop sous Linux; et ce, après la récente embauche de Carlos Soriano pour travailler sur Fichiers.

LaTeXila lance une campagne de dons

LaTeXila est un éditeur LaTeX pour l’environnement de bureau GNOME, dont l’idée est de toujours traiter directement avec le code LaTeX, tout en simplifiant l’écriture de ce dernier.

Son auteur, Sébastien Wilmet, vient de lancer une compagne de dons pour accélérer son développement.

LaTeXila 3.14.3

Deux paliers sont proposés, avec un premier objectif à 2500 euros, qui permettrait d’améliorer la correction orthographique et d’ajouter la visualisation de la sortie complète de Latexmk. Actuellement, seule une sortie filtrée est proposée, qui tente de n’afficher que les informations significatives. Le but, serait donc de pouvoir basculer facilement entre la sortie filtrée et la sortie complète pour chaque tâche ou sous-tâche de Latexmk avec, dans la sortie complète, la mise en évidence des éléments filtrés.

Et un second objectif à 10 000 euros, qui permettrait d’améliorer l’auto-complétion des commandes LaTeX, un aperçu temps réel du résultat final, ainsi que des améliorations concernant l’éditeur de texte (mode plein écran, amélioration de la recherche et du remplacement…). Cette dernière partie serait bénéfique à d’autres projets GNOME, tels que Gedit, GtkSourceView ou GtkSpell.

Pour rappel, LaTeXila propose déjà les fonctionnalités suivantes :

  • Outils de construction : boutons personnalisables pour compiler, convertir ou visionner un document d’un seul clique. Latexmk est utilisé par défaut, mais les commandes pdflatex, dvipdf et bibtex peuvent également être utilisées.
  • Auto-complétion des commandes LaTeX.
  • Structure de document : liste de chapitres, paragraphes, figures… pour naviguer facilement dans un document.
  • Table de caractères (lettres grecques, flèches…)
  • Modèles pour créer un nouveau document : quelques modèles sont fournis par défaut (article, rapport, livre, lettre, présentation…), et vous permet d’en créer de nouveaux.
  • Gestion de projets
  • Vérification orthographique
  • Menus et barres d’outils avec les principales commandes LaTeX
  • Navigateur de fichiers intégré
  • Tout ce qu’on peut trouver dans un éditeur de texte traditionnel

On ne rappellera jamais assez l’importance des dons pour les projets libres. Avec suffisamment d’argent, plus de développeurs pourraient travailler à temps plein sur leurs projets, qui avanceraient donc beaucoup plus rapidement, pour le bien de tous.

Sortie de Shotwell 0.22

Cinq mois après la précédente version stable, une nouvelle version de Shotwell vient de sortir, mais ne contient finalement rien de particulièrement transcendant. L’interface n’a, par exemple, toujours pas été retravaillée pour répondre aux bonnes pratiques préconisées par le projet GNOME (comme la barre d’en-tête) et ne contient pas non plus de filtres pour améliorer facilement ses photos (noir et blanc, vintage…), comme a pu commencer à le faire gThumb dans sa dernière version de développement, et qu’on retrouve également dans Apple Photos. Fonctionnalité inutile pour certains, mais qui reste très demandée par le grand public.

Shotwell 0.22

Au niveau des nouveautés, nous avons donc :

  • Améliorations de l’interface utilisateur
  • Tri plus naturel des photos (photo 2 n’est plus classée après photo 10)
  • Amélioration des vignettes vidéo
  • Amélioration du support des métadonnées pour les uploads sur Facebook
  • Les recherches enregistrées supportent désormais les textes définis / non définis
  • Import du titre et du temps d’exposition quand ils sont disponibles
  • Ajout du tri par nom de fichier
  • Sans oublier les diverses corrections de bugs et mises à jour des traductions

 

Test de Manjaro GNOME 0.8.11

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release, basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Installation

Manjaro démarre tout d’abord en mode live CD, ce qui permet de tester la compatibilité du matériel, et de se faire un premier avis avant de lancer l’installation. Nous avons le choix entre un démarrage standard, ou avec des pilotes non libres.

Pour l’installation à proprement parler, aussitôt lancée, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions. Malheureusement, si nous acceptons de les installer, on nous demande un mot de passe administrateur, encore non définit, dont l’absence ne nous permet pas de mener à bien l’opération. Qu’à cela ne tienne, nous reprenons notre installation. Cette dernière a bien été traduite en français… hormis les boutons Close, Back et Forward (fermer, précédent et suivant).

Installation de Manjaro GNOME 0.8.11
Installation de Manjaro GNOME 0.8.11

Nous avons droit aux traditionnelles demandes concernant la langue, le fuseau horaire ou la disposition du clavier. En ce qui concerne le partitionnement du disque (automatique ou manuel), nous pouvons en profiter pour chiffrer la partition et utiliser LVM, ce qui permet de créer des instantanés ou de pouvoir modifier plus facilement la taille des partitions. Nous pouvons également placer le répertoire /home dans une partition ou un volume différent, ce qui permet de séparer nos données personnelles du reste du système.

Il ne reste plus qu’à définir notre nom d’utilisateur, mot de passe, choisir si l’on souhaite se connecter automatiquement sans demande d’identification, et l’installation peut commencer. Cette dernière ne prend guère plus de quelques minutes sur un disque SSD.

Un redémarrage plus tard, et nous voici sur le bureau. Et là, premier problème. Nous avions eu beau choisir un clavier français durant l’installation, nous nous retrouvons avec un clavier qwerty. Il faut donc se rendre dans les paramètres de GNOME, ensuite Pays & langue, puis changer la langue en français. Un popup surgit alors pour nous demander si nous souhaitons redémarrer maintenant. Il vaut mieux refuser, le temps de nous laisser choisir également le français comme source d’entrée.

Le gestionnaire de mises à jour nous signale ensuite la disponibilité de ces dernières. Nous acceptons, avant de nous voir confrontés au premier vrai problème. L’application se bloque sur la mise à jour des clés de chiffrement, et nous ne pouvons rien faire d’autre que de la tuer. Après un nouveau redémarrage, aucune mise à jour ne nous est cette fois-ci proposée. Nous effectuerons donc la mise à jour en ligne de commande (sudo pacman -Syu). Manjaro étant de type rolling release, nous avons droit à 445 mises à jour, représentant 795 Mo à télécharger.

Pour ceux qui, comme moi, considèrent qu’un verrouillage de l’écran après seulement cinq minutes d’inactivité peut devenir rapidement agaçant, peuvent se rendre dans les paramètres de GNOME, Énergie, puis redéfinir la valeur de l’option Écran noir.

Une fois le téléchargement de tous les paquets terminé, nous voici de nouveau confrontés à ce fameux problème de clés. Il va donc encore falloir régler nous-même le problème :

sudo pacman-mirrors -g && sudo pacman -Syy && sudo pacman -S gnupg && sudo pacman-key –populate archlinux && sudo pacman-key –populate manjaro && sudo pacman-key –refresh-keys

On enchaîne ensuite sur la mise à jour… du gestionnaire de mises à jour (sudo pacman -S pamac), puis on lance ce dernier pour mettre à jour le système. Cette fois-ci, tout se passe bien.

Système

Manjaro a préféré miser par défaut la carte de la sécurité, en optant pour le noyau Linux avec support long. Ce dernier étant fourni durant l’installation en version 3.16.7.2, avant de passer au 3.16.7.8 après la mise à jour. Un outil graphique permet néanmoins de passer facilement au dernier noyau en date, tandis qu’un autre outil, permet tout aussi facilement d’installer des pilotes propriétaires, comme ceux de la carte graphique.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.11
Manjaro GNOME 0.8.11

Au niveau de l’environnement, nous avons affaire à un GNOME 3.14 le plus proche possible de ce que le projet a prévu. Hormis le fond d’écran qui diffère, tout le reste correspond aux choix par défaut du projet GNOME. Thème Adwaita et applications GNOME par défaut, à l’exception de Firefox, en lieu et place de Web (Epiphany). On retrouve donc Photos ou Musique, même si je conseillerai plutôt de les remplacer par gThumb et Lollypop, qui paraîtront sûrement moins limités au quotidien. Certains programmes GNOME sont néanmoins absents, tel le logiciel de virtualisation Machines, ou le gestionnaire de paquets Logiciels, actuellement non supporté par Arch, et donc remplacé par Pamac.

Vous aurez par contre droit aux logiciels propriétaires Flash et Steam. Autant le premier peut se comprendre, ce plugin étant encore bien trop nécessaire sur le web, autant le second, est plus difficilement compréhensible. Les joueurs intéressés pouvant très bien l’installer d’eux-même depuis les dépôts.

Conclusion

En soit, la distribution est vraiment bien, mais l’expérience est complètement gâchée par de nombreux problèmes durant l’installation et la première grosse mise à jour. La faute incombe directement au projet Manjaro lui-même, qui refuse de supporter officiellement l’un des principaux environnement de bureau Linux, et dont l’édition GNOME, communautaire, a été gérée par une seule personne.

Malgré la sortie, entre temps, de Manjaro 0.8.12, l’édition GNOME n’a toujours pas été mise à jour, ce qui ne lui permet pas de bénéficier dès le départ des nombreux correctifs apportés au gestionnaire de paquets (la plupart des bugs rencontrés ont bel et bien été corrigés depuis), tout en obligeant l’utilisateur à télécharger plusieurs centaines de mégas de mises à jour. Sans aller jusqu’à faire comme Arch, qui propose un nouveau média d’installation tous les mois, de proposer une telle mise à jour en même temps que les éditions officielles, éviterai bien des soucis.

On ne peut donc décemment pas proposer cette distribution à des utilisateurs débutants sous Linux. Quant aux utilisateurs confirmés, ces derniers préfèreront sans doute utiliser directement Arch de leur côté. Reste peut être ceux qui ont le niveau, qui peuvent corriger les éventuels problèmes qui pourraient survenir, et qui seront tout de même heureux de gagner du temps sur la partie qui fonctionne bien (installation, partitionnement simplifié, pré-installation de l’environnement et des logiciels de base…) sans avoir à gérer toute cette partie eux-même.

Sirius, un assistant personnel libre

Sirius

Il aura fallu que je blog que Linux prenait du retard dans le domaine de l’intelligence artificielle et des assistants personnels, pour que j’apprenne aussitôt une bonne nouvelle :)

Clarity Lab et l’Université du Michigan ont récemment publié sur GitHub un projet sous licence libre (BSD) d’assistant personnel, intégrant la reconnaissance vocale, avec traitement automatique du langage naturel, la reconnaissance de formes / recalage d’images (ce qui permet de soumettre une image ou de prendre une photo avec son smartphone, et de pouvoir interroger l’assistant sur ce que l’on voit), ainsi qu’un système de questions-réponses.


Dans la vidéo de présentation, Jason Mars, le co-directeur du projet, compare Windows et Linux, tout en mettant en avant le fait que contrairement au premier, le second est modifiable à l’envi, et permet d’obtenir ce que l’on souhaite réellement. Avec Sirius, ils souhaitent offrir les même possibilités en créant une plate-forme ouverte, tout en espérant que de nombreuses universités et startup de part le monde, participeront à son développement.

Et tout comme je l’indiquais dans mon précédent billet, la co-directrice Lingjia Tang semble partager le même avis quant à nos interactions futures avec les machines qui nous entourent, actuellement contrôlées par des claviers, qu’ils soient physiques ou virtuels, comme sur les smartphones, pour quelque chose de plus naturel, comme le langage.

Il est intéressant de noter que le projet a été en parti financé par la DARPA, déjà à l’origine d’ARPANET, qui fini par devenir Internet, ainsi que par ARM, la National Science Foundation, mais également par Google, pourtant à l’origine du concurrent Google Now ;)

Plus intéressant encore, le projet n’a pas été développé de zéro, mais s’appuie en réalité sur plusieurs briques libres, telles que CMU Sphinx (développé par l’université Carnegie-Mellon) ou Kaldi pour la reconnaissance vocale, OpenCV pour la reconnaissance d’image et OpenEphyra pour le système de questions-réponses.

Par contre, je m’interroge sur la base de connaissances utilisée. Dans la vidéo, ils semblent indiquer utiliser une méthode pour extraire les réponses depuis Wikipédia, alors que Wikidata a justement été conçu pour pouvoir être facilement utilisé par les machines, tout en offrant des possibilités beaucoup plus puissantes.

Plus qu’à espérer que ce soit rapidement repris par la communauté, et qu’on le retrouve un jour sur nos distributions Linux ou sur nos smartphones Firefox OS.

Que reste t-il pour Linux ?

Durant les années 80-90, pendant l’ère MS-DOS, les utilisateurs de systèmes Unix se moquaient de la médiocrité technique de ce dernier : système toujours 16 bits, quand les architectures 32 bits étaient déjà démocratisées; système mono-tâche, l’utilisateur ne pouvant faire qu’une seule chose à la fois; système mono-utilisateur, la gestion des droits et la sécurité étaient inexistantes; ne disposait pas non plus de pile TCP/IP; et ne proposait qu’un shell particulièrement limité. Le système était pourtant déjà vendu pré-installé sur tous les PC, et la vente forcée fit le succès commercial de Microsoft.

En août 1995, l’éditeur sortit Windows 95. Le système passa enfin au 32 bits, apporta le multitâche préemptif, ainsi qu’une interface graphique relativement moderne pour l’époque, tout en facilitant nombre d’actions. Bien que très loin derrière les possibilités offertes par BeOS, encore une fois, la vente forcée aidant, ce fut un succès populaire. Et ce, malgré l’instabilité chronique du système, les utilisateurs subissant de nombreux et réguliers BSoD, ce qui les obligeait à redémarrer leur machine et perdre tout leur travail en cours.

Avec la sortie de Windows 2000, et surtout, Windows XP, Microsoft fit converger ses branches pro et grand public. Ce dernier bénéficia d’un tout nouveau noyau, enfin robuste, qui apporta une certaine stabilité au système. Il n’est désormais plus rare de trouver des Windows qui servent de stations de travail, avec plusieurs centaines de jours d’uptime. L’un des premiers avantages de Linux s’envola.

Microsoft continua son petit bonhomme de chemin, malgré certaines versions, telles Vista ou Windows 8, relativement boudées par le public. Mais vous connaissez la chanson. Avec la vente forcée, le système continua de se vendre comme des petits pains. Néanmoins, avec l’arrivée de Windows 8, ce ne sont plus les qualités techniques du système qui furent décriées, mais sa nouvelle interface. En février 2014, Steve Ballmer quitta la direction de l’entreprise, pour laisser la place à Satya Nadella. Avec lui, Microsoft fit preuve d’une plus grande ouverture, tout en étant plus à l’écoute des utilisateurs.

Durant les pré-versions de Windows 10, la presse se fait élogieuse à la sortie de chaque nouvelle build. Mais surtout, ce sont les nombreux avantages de Linux qui tombent un à un. Tout d’abord, l’apparition des bureaux virtuels, qui étaient demandés depuis de nombreuses années. Ensuite, avec OneGet, les administrateurs systèmes bénéficieront désormais d’un gestionnaire de paquets, capable d’installer, supprimer et gérer des applications depuis des dépôts. Microsoft décide également d’apporter le support de tous les codecs et conteneurs populaires à son lecteur multimédia, y compris ceux provenant du libre, comme FLAC ou Matroska. Les utilisateurs de Windows 10 n’auront donc plus besoin d’installer VLC pour pouvoir tout lire. Même chose du côté de la visionneuse d’images, qui va jusqu’à supporter les formats RAW.

Nous avons donc un système stable, avec bureaux virtuels, gestion des applications centralisée (Windows Store ou dépôts pour les administrateurs), tous les formats supportés par défaut… Mais en plus de rattraper son retard sur Linux et OS X, Microsoft prend également de l’avantage dans certains domaines. Tout d’abord, l’intégration. Microsoft vise une plateforme unique, aussi bien pour les PC, les tablettes, les smartphones ou sa console. Ainsi que des applications universelles qui pourront tourner partout. Les différents appareils devant également pouvoir communiquer et interagir entre eux. Du côté de Linux, c’est tout juste si nous avons les prémisses d’un projet permettant à une machine sous Linux de communiquer avec un smartphone sous Android. L’avantage qu’on pourrait avoir, ça serait de supporter aussi bien tous les systèmes, là ou Apple, Google ou Microsoft, préfèreront ne supporter que leur solution maison.

Cortana, l’assistant personnel de Microsoft, jusqu’à présent uniquement disponible sur Windows Phone, le sera également sous Windows 10. Que ce soit celui de Microsoft, ou ceux d’Apple ou Google, les assistants ne sont pas encore très évolués, et on peut se demander l’intérêt d’en avoir un sur PC, et l’air bête  qu’on aurait en parlant à sa machine. Mais je pense que le plus important, c’est de voir à quel point ils investissent sur l’intelligence artificielle, et tout ce que ça permettra dans le futur. Pour ceux qui ont regardé la série Extant, je pense qu’on peut avoir un aperçu plutôt plausible de ce que seront les maisons intelligentes et connectées de demain. On ne parlera plus à son PC, en devant se situer physiquement à proximité de ce dernier, mais on pourra parler naturellement à une entité intelligente, où que l’on soit dans le bâtiment.

GNOME, avec son shell, a permis de faciliter certaines actions. On peut taper le nom d’une ville pour obtenir l’heure locale; taper le nom d’un contact, et pouvoir plus rapidement accéder à sa fiche pour obtenir ses informations ou lui envoyer un email; pouvoir taper des opérations arithmétiques sans avoir besoin de lancer la calculatrice… mais sans intelligence artificielle, nous ne pourrons guère aller plus loin qu’économiser un ou deux cliques de souris.

Il y a bien le Projet Pensées Profondes, développé par des étudiants de l’ENS de Lyon, qui fait appel à des projets libres comme Wikidata ou OpenStreetMap, pour pouvoir répondre à des questions (pour le moment, uniquement en anglais). Mais ça reste un projet étudiant, là ou de gros acteurs tels que Canonical, Red Hat ou Mozilla, qui n’a aucun assistant personnel sous Firefox OS, auraient du investir sur un projet commun. Projet qui nécessite également des algorithmes de reconnaissance et de synthèse vocale, pour lesquels les concurrents propriétaires obtiennent des résultats de plus en plus naturels, là où le couple libre Orca / eSpeak, donne rapidement envie de se taper la tête contre les murs.

Bien entendu, nous ne pouvons pas compter uniquement sur les entreprises et organisations qui soutiennent le libre, et j’avais placé de grands espoirs dans les campagnes de financement participatif. Malheureusement, malgré quelques succès (OpenShot ou Builder) et ce, même si l’ensemble des paliers n’ont pas été atteints, j’ai l’impression de voir beaucoup plus d’échecs (Geary, GCompris ou Pitivi, pour ne citer qu’eux).

Pire encore. Non seulement nous avons de moins en moins d’avantages à faire valoir, mais surtout, j’ai l’impression que c’est nous qui courrons désormais derrière le monde propriétaire. Quand PulseAudio est sorti, il ne faisait que rattraper son retard sur les piles audio concurrentes. Il en sera de même pour la partie vidéo, quand nous passerons enfin à Wayland. Ou quand on pourra enfin isoler les programmes dans des sandbox, de façon plus simple et transparente. Mais quel autre gros projet avons-nous, à moyen terme ? De son côté, Microsoft arrive encore à surprendre, avec des projets comme HoloLens, ou la traduction audio à la volée, avec Skype Translator.

Certains seraient tentés de dire que le libre a de toute façon gagné, qu’on le retrouve partout. Oui, mais non. Le libre sert effectivement de base solide, qui fait gagner du temps et de l’argent aux industriels, mais c’est accompagné à chaque fois d’une surcouche propriétaire, comme c’est le cas d’Android, ChromeOS ou SteamOS. Ou se trouve être inaccessible à l’utilisateur, comme c’est souvent le cas dans l’embarqué.

On pourrait également penser qu’avec la démocratisation de Linux apportée par Ubuntu ou l’arrivée de Steam, on pourrait gagner en popularité. Effectivement, je pense que de plus en plus de gens vont bénéficier de machines sous Linux, Canonical et Dell ayant signés des accords pour une commercialisation en Inde et en Amérique du Sud. Mais si les utilisateurs ne sont pas éduqués au libre, Linux ne deviendra qu’une pâle copie des systèmes propriétaires. Même chose du côté des éditeurs de logiciels, qui ne respectent pas les bonnes pratiques, et commencent à pourrir le système de l’utilisateur. Gaming on Linux avait publié un article qui prenait en exemple des jeux qui effectuaient leurs sauvegardes directement à la racine du répertoire de l’utilisateur, ou dans son répertoire Documents…

Au final, que reste t-il pour Linux. Pour le moment, sa liberté. Cette même liberté, qui nous permet de garantir un système propre, sûr, et dans lequel nous pouvons avoir confiance, quand il est développé par une distribution soucieuse des libertés, et que l’utilisateur y accorde également une certaine importance.

Selon le développeur et activiste Matthew Garrett, « les gens n’ont pas besoin d’un meilleur environnement de bureau, ils ont besoin d’un environnement différent, où la sécurité serait une préoccupation prioritaire dans la conception du système. Un environnement qui serait ouvert et respectueux de leur vie privée » (People don’t need a better desktop, they need a different desktop, a desktop where security is a priority concern in OS design, which respects privacy and is open).

Bien évidemment, nous devons miser là-dessus. Mais si nous n’avons rien d’autre de plus sexy à proposer, en regard du peu de changements de comportement apportés par les révélations d’Edward Snowden, je doute que cela change grand-chose. Les gens continueront de préférer céder leurs libertés, pour un peu plus de confort.

Et non, le fait que Linux soit bidouillable à l’envi, et qu’il propose de nombreux environnements de bureau, n’y changera rien.

 

Limiter l’affichage d’Alt Tab aux programmes de l’espace de travail courant

Par défaut, sous GNOME 3, lorsque vous utilisez le raccourci clavier Alt Tab, toutes vos applications, de tous vos espaces de travail, sont affichées. Si vous souhaitez limiter la liste des applications à l’espace de travail courant, vous devez lancer dconf-editor, vous rendre dans org.gnome.shell.app-switcher, puis activer la clé current-workspace-only

Préférences du Shell dans dconf-editor

Si vous préférez la ligne de commande, vous pouvez utiliser directement

gsettings set org.gnome.shell.app-switcher current-workspace-only true