GNOME doit-il adopter un style plus moderne ?

Récemment, Alex Diavatis, l’auteur du site World of Gnome, posait la question sur son compte Google+ de savoir si GNOME devait adopter un style plus moderne, ce dernier étant souvent critiqué pour l’austérité de son jeu d’icônes. Sur les 582 votants, 54% (313) préféreraient un thème plus moderne, tandis que 46% (269) sont satisfaits du sérieux actuel du thème Adwaita.

De son côté, Jim Hall, qui étudie l’utilisabilité des logiciels, avait demandé à différentes personnes ce que leur inspirait les couleurs de différents environnements de bureau : OS X Yosemite, Windows 8 et GNOME 3.14 (voir le billet What you think about desktop colors, en anglais).

Sur la soixantaine de personnes ayant répondu, les associations qui ressortaient le plus concernant OS X, étaient : sobre, frais, neige, ciel et fille (blank, cool, snow, sky and girl). Pour Windows 8, c’était ciel, forêt, hype, brique et calme (sky, forest, cool, brick and calm). Tandis que pour GNOME, c’était ciel, sombre, nuit, sobre et hype (sky, dark, night, blank and cool).

Les couleurs d’OS X font donc penser à des adjectifs d’ouverture, de légèreté et de calme. Celles de Windows sont sombres, mais calmes. Tandis que celles de GNOME, bien que faisant penser à l’ouverte et au calme, dégagent également des sentiments négatifs.

« Les utilisateurs n’aiment pas les couleurs sombres dans un environnement de bureau. Dans la conception d’une interface, les couleurs affectent le ressenti qu’ont les gens de l’application. Comme on peut le voir dans cette comparaison, les utilisateurs perçoivent les couleurs sombres utilisées par Windows et GNOME comme maussades, tandis que les couleurs claires utilisées dans OS X suggèrent une interface aérée et conviviale. Ceci peut expliquer pourquoi nombre d’utilisateurs ont une mauvaise perception de l’utilisabilité de GNOME, quand des tests prouvent le contraire. Les couleurs maussades utilisées dans GNOME provoquent des sentiments de tension et d’insécurité, qui influencent la perception de l’utilisateur. »

« Ce n’est pas étonnant que les utilisateurs perçoivent généralement OS X comme étant particulièrement convivial. Apple a certes fait beaucoup d’efforts dans les tests d’utilisabilité d’OS X, mais je crois que leur choix d’opter pour des couleurs claires était un choix en connaissance de cause . Même les gens qui n’utilisent pas OS X en tant que système principal, le décrivent comme étant simple à utiliser. »

Le point positif, c’est qu’Allan Day, qui est responsable de l’expérience utilisateur sur le projet GNOME, semble accorder une certaine importance à l’avis de Jim Hall.

De votre côté, comment percevez-vous la légère évolution du thème de GNOME 3.16, et qu’espérez-vous pour l’avenir ?

Que reste t-il pour Linux ?

Durant les années 80-90, pendant l’ère MS-DOS, les utilisateurs de systèmes Unix se moquaient de la médiocrité technique de ce dernier : système toujours 16 bits, quand les architectures 32 bits étaient déjà démocratisées; système mono-tâche, l’utilisateur ne pouvant faire qu’une seule chose à la fois; système mono-utilisateur, la gestion des droits et la sécurité étaient inexistantes; ne disposait pas non plus de pile TCP/IP; et ne proposait qu’un shell particulièrement limité. Le système était pourtant déjà vendu pré-installé sur tous les PC, et la vente forcée fit le succès commercial de Microsoft.

En août 1995, l’éditeur sortit Windows 95. Le système passa enfin au 32 bits, apporta le multitâche préemptif, ainsi qu’une interface graphique relativement moderne pour l’époque, tout en facilitant nombre d’actions. Bien que très loin derrière les possibilités offertes par BeOS, encore une fois, la vente forcée aidant, ce fut un succès populaire. Et ce, malgré l’instabilité chronique du système, les utilisateurs subissant de nombreux et réguliers BSoD, ce qui les obligeait à redémarrer leur machine et perdre tout leur travail en cours.

Avec la sortie de Windows 2000, et surtout, Windows XP, Microsoft fit converger ses branches pro et grand public. Ce dernier bénéficia d’un tout nouveau noyau, enfin robuste, qui apporta une certaine stabilité au système. Il n’est désormais plus rare de trouver des Windows qui servent de stations de travail, avec plusieurs centaines de jours d’uptime. L’un des premiers avantages de Linux s’envola.

Microsoft continua son petit bonhomme de chemin, malgré certaines versions, telles Vista ou Windows 8, relativement boudées par le public. Mais vous connaissez la chanson. Avec la vente forcée, le système continua de se vendre comme des petits pains. Néanmoins, avec l’arrivée de Windows 8, ce ne sont plus les qualités techniques du système qui furent décriées, mais sa nouvelle interface. En février 2014, Steve Ballmer quitta la direction de l’entreprise, pour laisser la place à Satya Nadella. Avec lui, Microsoft fit preuve d’une plus grande ouverture, tout en étant plus à l’écoute des utilisateurs.

Durant les pré-versions de Windows 10, la presse se fait élogieuse à la sortie de chaque nouvelle build. Mais surtout, ce sont les nombreux avantages de Linux qui tombent un à un. Tout d’abord, l’apparition des bureaux virtuels, qui étaient demandés depuis de nombreuses années. Ensuite, avec OneGet, les administrateurs systèmes bénéficieront désormais d’un gestionnaire de paquets, capable d’installer, supprimer et gérer des applications depuis des dépôts. Microsoft décide également d’apporter le support de tous les codecs et conteneurs populaires à son lecteur multimédia, y compris ceux provenant du libre, comme FLAC ou Matroska. Les utilisateurs de Windows 10 n’auront donc plus besoin d’installer VLC pour pouvoir tout lire. Même chose du côté de la visionneuse d’images, qui va jusqu’à supporter les formats RAW.

Nous avons donc un système stable, avec bureaux virtuels, gestion des applications centralisée (Windows Store ou dépôts pour les administrateurs), tous les formats supportés par défaut… Mais en plus de rattraper son retard sur Linux et OS X, Microsoft prend également de l’avantage dans certains domaines. Tout d’abord, l’intégration. Microsoft vise une plateforme unique, aussi bien pour les PC, les tablettes, les smartphones ou sa console. Ainsi que des applications universelles qui pourront tourner partout. Les différents appareils devant également pouvoir communiquer et interagir entre eux. Du côté de Linux, c’est tout juste si nous avons les prémisses d’un projet permettant à une machine sous Linux de communiquer avec un smartphone sous Android. L’avantage qu’on pourrait avoir, ça serait de supporter aussi bien tous les systèmes, là ou Apple, Google ou Microsoft, préfèreront ne supporter que leur solution maison.

Cortana, l’assistant personnel de Microsoft, jusqu’à présent uniquement disponible sur Windows Phone, le sera également sous Windows 10. Que ce soit celui de Microsoft, ou ceux d’Apple ou Google, les assistants ne sont pas encore très évolués, et on peut se demander l’intérêt d’en avoir un sur PC, et l’air bête  qu’on aurait en parlant à sa machine. Mais je pense que le plus important, c’est de voir à quel point ils investissent sur l’intelligence artificielle, et tout ce que ça permettra dans le futur. Pour ceux qui ont regardé la série Extant, je pense qu’on peut avoir un aperçu plutôt plausible de ce que seront les maisons intelligentes et connectées de demain. On ne parlera plus à son PC, en devant se situer physiquement à proximité de ce dernier, mais on pourra parler naturellement à une entité intelligente, où que l’on soit dans le bâtiment.

GNOME, avec son shell, a permis de faciliter certaines actions. On peut taper le nom d’une ville pour obtenir l’heure locale; taper le nom d’un contact, et pouvoir plus rapidement accéder à sa fiche pour obtenir ses informations ou lui envoyer un email; pouvoir taper des opérations arithmétiques sans avoir besoin de lancer la calculatrice… mais sans intelligence artificielle, nous ne pourrons guère aller plus loin qu’économiser un ou deux cliques de souris.

Il y a bien le Projet Pensées Profondes, développé par des étudiants de l’ENS de Lyon, qui fait appel à des projets libres comme Wikidata ou OpenStreetMap, pour pouvoir répondre à des questions (pour le moment, uniquement en anglais). Mais ça reste un projet étudiant, là ou de gros acteurs tels que Canonical, Red Hat ou Mozilla, qui n’a aucun assistant personnel sous Firefox OS, auraient du investir sur un projet commun. Projet qui nécessite également des algorithmes de reconnaissance et de synthèse vocale, pour lesquels les concurrents propriétaires obtiennent des résultats de plus en plus naturels, là où le couple libre Orca / eSpeak, donne rapidement envie de se taper la tête contre les murs.

Bien entendu, nous ne pouvons pas compter uniquement sur les entreprises et organisations qui soutiennent le libre, et j’avais placé de grands espoirs dans les campagnes de financement participatif. Malheureusement, malgré quelques succès (OpenShot ou Builder) et ce, même si l’ensemble des paliers n’ont pas été atteints, j’ai l’impression de voir beaucoup plus d’échecs (Geary, GCompris ou Pitivi, pour ne citer qu’eux).

Pire encore. Non seulement nous avons de moins en moins d’avantages à faire valoir, mais surtout, j’ai l’impression que c’est nous qui courrons désormais derrière le monde propriétaire. Quand PulseAudio est sorti, il ne faisait que rattraper son retard sur les piles audio concurrentes. Il en sera de même pour la partie vidéo, quand nous passerons enfin à Wayland. Ou quand on pourra enfin isoler les programmes dans des sandbox, de façon plus simple et transparente. Mais quel autre gros projet avons-nous, à moyen terme ? De son côté, Microsoft arrive encore à surprendre, avec des projets comme HoloLens, ou la traduction audio à la volée, avec Skype Translator.

Certains seraient tentés de dire que le libre a de toute façon gagné, qu’on le retrouve partout. Oui, mais non. Le libre sert effectivement de base solide, qui fait gagner du temps et de l’argent aux industriels, mais c’est accompagné à chaque fois d’une surcouche propriétaire, comme c’est le cas d’Android, ChromeOS ou SteamOS. Ou se trouve être inaccessible à l’utilisateur, comme c’est souvent le cas dans l’embarqué.

On pourrait également penser qu’avec la démocratisation de Linux apportée par Ubuntu ou l’arrivée de Steam, on pourrait gagner en popularité. Effectivement, je pense que de plus en plus de gens vont bénéficier de machines sous Linux, Canonical et Dell ayant signés des accords pour une commercialisation en Inde et en Amérique du Sud. Mais si les utilisateurs ne sont pas éduqués au libre, Linux ne deviendra qu’une pâle copie des systèmes propriétaires. Même chose du côté des éditeurs de logiciels, qui ne respectent pas les bonnes pratiques, et commencent à pourrir le système de l’utilisateur. Gaming on Linux avait publié un article qui prenait en exemple des jeux qui effectuaient leurs sauvegardes directement à la racine du répertoire de l’utilisateur, ou dans son répertoire Documents…

Au final, que reste t-il pour Linux. Pour le moment, sa liberté. Cette même liberté, qui nous permet de garantir un système propre, sûr, et dans lequel nous pouvons avoir confiance, quand il est développé par une distribution soucieuse des libertés, et que l’utilisateur y accorde également une certaine importance.

Selon le développeur et activiste Matthew Garrett, « les gens n’ont pas besoin d’un meilleur environnement de bureau, ils ont besoin d’un environnement différent, où la sécurité serait une préoccupation prioritaire dans la conception du système. Un environnement qui serait ouvert et respectueux de leur vie privée » (People don’t need a better desktop, they need a different desktop, a desktop where security is a priority concern in OS design, which respects privacy and is open).

Bien évidemment, nous devons miser là-dessus. Mais si nous n’avons rien d’autre de plus sexy à proposer, en regard du peu de changements de comportement apportés par les révélations d’Edward Snowden, je doute que cela change grand-chose. Les gens continueront de préférer céder leurs libertés, pour un peu plus de confort.

Et non, le fait que Linux soit bidouillable à l’envi, et qu’il propose de nombreux environnements de bureau, n’y changera rien.

 

Linux n’est-il réellement pas prêt pour le desktop ?

L’une des forces de Linux, ça reste le choix…

 

Je viens de tomber sur cet article, « Why Linux is still not ready for desktop », où l’auteur affirme retenter l’expérience Linux tous les trois ans, pour en arriver toujours à la même conclusion, Linux n’est pas prêt pour le desktop. D’après lui, les concepteurs d’Ubuntu (puisque l’auteur ne semble pas avoir conscience de l’existence d’autres distributions, qui répondraient pourtant mieux à ses besoins) refusent de se mettre à la place de l’utilisateur, et proposent donc un produit inadapté et mal pensé. Pour en arriver à cette conclusion, il cite plusieurs exemples.

L’installation du plugin Flash. L’auteur serait apparemment allé sur le site d’Adobe pour trouver le plugin. Le site aurait détecté que l’utilisateur tournait sous Ubuntu, et aurait tenté d’ouvrir la logithèque, amenant à un échec. Pour moi, le problème vient plutôt du fait qu’il tente de retranscrire un comportement windowsien sous Linux (j’ai besoin d’un logiciel, je vais sur le site de l’éditeur). N’étant pas moi-même utilisateur d’Ubuntu, j’ai tout de même essayé la version 14.04 LTS dans une machine virtuelle pour vérifier si c’était réellement si compliqué : lancer la logithèque, rechercher Flash, cliquer sur Install. C’est tout. Pour moi, c’est finalement infiniment plus simple que sous Windows.

L’auteur enchaîne ensuite sur LibreOffice, qu’il trouve inférieur à Microsoft Office, ainsi que le fait qu’Ubuntu ne propose pas les mêmes polices de caractère que sous Windows, ce qui nuit à l’échange de fichiers entre les différentes plateformes. Là-dessus, je répondrais que LibreOffice peut être supérieur ou inférieur sur certains points à Microsoft Office, mais que dans l’ensemble, il répond parfaitement aux besoins de la majorité des gens. Tout comme Ubuntu ne peut rien faire de spécial avec les polices non libres dont la redistribution serait interdite (ce qui n’empêche pas les polices Windows d’être compatibles sous Linux), ou LibreOffice de peiner à être compatible avec un format de fichier propriétaire. Format sur lequel Microsoft lui-même a parfois du mal à être pleinement compatible d’une version à l’autre. Comme quoi, il est préférable de privilégier les solutions libres chaque fois que c’est possible, histoire d’éviter ce genre de désagréments.

Google Docs est confronté aux même problématiques, et ça ne l’empêche pas de rencontrer un certain succès. Ce même Google, qui propose d’ailleurs un certain nombre de polices sous licence libre, pour favoriser les échanges. Et pour ceux qui auraient réellement besoin d’utiliser Microsoft Office, CrossOver semble proposer une certaine compatibilité avec la version 2010.

Et quitte à citer Google, rappelons tout de même que les ChromeBooks permettent actuellement de faire infiniment moins de choses qu’une bonne distribution Linux, ce qui ne les empêche pourtant pas de se vendre comme des petits pains. En 2013, ils représentaient d’ailleurs 25% des ventes de portables premiers prix aux États-Unis.

Vient ensuite la question de l’environnement de bureau. Tout comme il n’aime pas l’interface de Windows 8, l’auteur nous avoue ne pas aimer non plus celles d’Unity ou GNOME. Malgré tout, pour chacun de ses essais, il se limite encore et toujours à Ubuntu. Il aurait très bien pu tenter d’autres variantes officielles, voir tenter Linux Mint. Et là, pour le coup, il n’aurait pas rencontré son problème avec Flash, ce dernier y étant pré-installé ;)

Unique point positif de sa critique, l’arrivée de Steam et du jeu vidéo sous Linux.

Critique qu’il conclura sur l’infériorité de Gimp vis-à-vis de Photoshop, et sur le fait que les linuxiens devraient arrêter de comparer The Gimp à ce dernier. Sur ce dernier point, il a raison. The Gimp répond à certains besoins, tandis que pour d’autres, il existe des alternatives bien plus adaptées : Krita pour le dessin bitmap, Inkscape pour le dessin vectoriel, darktable pour le traitement photo… Mais si on en revient à The Gimp, il existe d’excellents plugins, comme G’MIC, qui ajoutent un certain nombre de fonctionnalités particulièrement puissantes. Mais surtout, que ce soit The Gimp ou Photoshop, ce sont des outils professionnels, qui sont à mille lieux des préoccupations de la plupart des gens.

Alors, en ce qui me concerne, Linux est-il prêt ? Oui et non. Il n’existe pas de meilleur système. Ils ont chacun leurs points forts et leurs points faibles. Tout comme les besoins de chacun sont différents. Pour le moment, je ne conseillerai pas Linux à un hardcore gamer, tandis qu’il pourrait convenir à une personne qui se contente d’aller sur Internet, qui a besoin de gérer photos et vidéos personnelles… ce qui semble finalement représenter le gros de la population.

Pour moi, les deux grosses lacunes de Linux, sont l’absence de support d’un gros constructeur. Les gens n’ont pas envie de vérifier si leur machine est compatible, s’embêter avec l’installation du système, configurer ce qui aurait besoin de l’être. Ils veulent pouvoir acheter un produit simple et fonctionnel. Apple l’a bien compris, et je trouve dommage que Canonical ne se soit pas plutôt lancé là-dedans, plutôt que dans son délire de téléphonie.

Ensuite, les applications. Même si l’offre logicielle s’améliore de jour en jour, ce n’est pas encore ça. Récemment, une connaissance, qui a préféré quitter Linux pour OS X, me donnait un exemple tout bête. Pour des raisons qui lui sont propres, elle n’aime pas le client FTP FileZilla, et m’a demandé ce que j’aurais bien pu lui conseiller d’autre. Et là, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé. Personnellement, j’utilise lftp en ligne de commande, mais aussi puissant soit-il, je ne me vois pas le conseiller à monsieur tout le monde. Sous OS X, elle a opté pour Transmit. Il y a malheureusement encore trop de domaines ou l’offre n’est pas à la hauteur, ou pire, complètement absente.

Pour le coup, je trouve dommage que les grosses distributions, qui sont dirigées par des entreprises (Attachmate, Canonical, Red Hat…), n’aient pas plus investis dans les applications à destination des utilisateurs finaux. Dommage également de constater l’échec des différents environnements de bureau à insuffler une dynamique, vanter les mérites de leur plateforme, amener les développeurs à s’y intéresser…

Linux est donc d’ores et déjà prêt pour bien des gens, mais il n’intéressera les masses qu’en ayant un constructeur prêt à miser dessus, tout en ayant une offre logicielle plus complète.

Maintenant, quand je relis son article, qu’on peut résumer au fait de vouloir un plugin propriétaire, des drivers propriétaires, souhaiter tel ou tel programme propriétaire et dire que les logiciels sous Linux ne sont pas à la hauteur, j’ai envie de dire que cette personne n’a rien compris à ce qu’était Linux et le libre. Malheureusement, c’est la même rengaine qui revient sans cesse : « on ne trouve pas Photoshop et le dernier Call of Duty sous Linux, c’est nul ».

Si on peut installer une distribution Linux et obtenir d’emblée un environnement complet et pleinement fonctionnel : les bons drivers, multi-lingue, de nombreuses applications de qualité pour répondre à tous les besoins de base, la possibilité d’en installer d’autres facilement, rapidement et gratuitement pour répondre à des besoins plus évolués, c’est du au fait que tout soit libre. Si on peut tout bidouiller, voir forker une distribution complète pour changer l’environnement de bureau et les logiciels par défaut (choix qui profite à l’utilisateur), ou un logiciel pour essayer de nouvelles idées, c’est encore une fois parce que c’est libre. Si on peut avoir confiance dans nos logiciels (respect de l’utilisateur, de sa vie privée…), c’est parce qu’ils sont libres. Si on peut facilement passer d’un logiciel à l’autre, c’est parce que les formats de fichiers sont libres et ouverts…

Il n’y a strictement aucun intérêt à passer sous Linux, autre que financier, si le libre n’a aucune importance pour l’utilisateur. Avant d’envisager une potentielle migration, ce sont vraiment les questions à se poser. Qu’est-ce que le libre, que peut-il m’apporter, est-ce réellement important pour moi.