Sortie de l’ordinateur Endless

L’ordinateur Endless

Après deux années de mystère, Endless Mobile vient d’annoncer la disponibilité de l’ordinateur Endless, dont le but est de fournir une machine aux 4,5 milliards de personnes qui en sont toujours dépourvues.

Une campagne Kickstarter a également été lancée, dans le but de récolter 100 000 dollars et d’aider à lancer le produit dans les deux marchés initiaux que sont le Mexique et le Guatemala. Par la suite, ils comptent s’étendre dans le reste de l’Amérique du Sud, suivi de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Endless Mobile n’est pas un organisme caritatif mais une entreprise qui compte vendre un produit. Et puisque le public cible se situe principalement dans les pays émergents, il fallait une machine la moins chère possible, la plus simple d’utilisation qui soit, et qui puisse éventuellement se passer d’une connexion Internet, ou dont la connexion serait de mauvaise qualité.

Pour les premiers prototypes, ils étaient partis d’Android, avant de se rendre compte des trop nombreuses limitations qui empêchaient d’en faire un environnement de bureau à part entière, capable de faire fonctionner également des applications traditionnelles. Ils se sont donc tournés vers GNU/Linux et GNOME 3, qu’ils ont modifié pour répondre à leurs besoins.

Dans le but de baisser les coûts, ils sont partis sur du matériel que l’on retrouve dans les smartphones : processeur Intel Bay Trail-M N2807, 2 Go de RAM, SSD de 32 ou 500 Go selon les modèles, ports RJ-45, USB 2 et 3, HDMI, puis éventuellement WiFi et Bluetooth 4.0 pour le modèle le plus cher. La machine devant également pouvoir être reliée à un téléviseur, pour que les utilisateurs ne soient pas obligés d’acheter un écran supplémentaire.

Niveau applicatif, on retrouve de nombreux logiciels libres, comme Chromium (qui offre donc un accès au Chrome Web Store), des applications de base pour regarder des photos ou des vidéos, écouter de la musique, une suite bureautique, des jeux éducatifs…

Une version hors ligne de Wikipédia est également fournie

De nombreux contenus sont également pré-installés, tels que des versions hors-ligne de Wikipédia et l’Académie Khan, ainsi que d’autres contenus relatifs à la santé, la cuisine, l’agriculture ou la maternité.

Maintenant, reste à savoir si le public concerné sera intéressé par des ordinateurs à 169 et 229 dollars, quand les gens ne jurent plus que par leur smartphone ;)

Le « BIOS » pourra bientôt être facilement mis à jour sous Linux

 

UEFI

Christian Schaller a publié un billet de blog le mois dernier, où l’on apprenait que les spécifications de l’UEFI 2.5, dont les premières cartes mères équipées devraient sortir d’ici la fin de l’année, autoriseraient la mise à jour du micrologiciel depuis n’importe quel système d’exploitation supportant ces nouvelles spécifications ; ce qui sera le cas de Linux. On apprend d’ailleurs que Red Hat possède un représentant au sein du groupe de travail UEFI. C’est une bonne chose de constater que l’industrie ne se contente plus désormais du simple avis de Microsoft.

Avec Richard Hughes, qui est en charge du développement de Logiciels et de la spécification AppData, et qui a également publié un billet à ce sujet, ils auraient travaillé avec Microsoft et différents constructeurs pour voir ce qui serait le plus simple. Apparemment, on se dirigerait vers une archive CAB qui contiendrait, en plus du micrologiciel lui-même, un fichier .INF qui préciserait un certain nombre d’informations telles que l’ID du matériel attendu par le micrologiciel, le nom du fabriquant, la liste des modifications apportées…

Certains constructeurs, favorables à Linux, devraient également fournir un fichier AppStream. Le but étant, à terme, de pouvoir effectuer la mise à jour directement depuis le gestionnaire de logiciels, comme pour n’importe quel autre programme. Chez Red Hat, la mise à jour ne s’effectuera par contre que lors du prochain boot système, mais j’ignore s’il s’agit d’une limitation technique, ou d’une simple précaution de leur part, pour éviter de potentiels problèmes.

Pour l’intégration au sein du système de packages des différentes distributions, ça semble pour le moment plus confus. Dans le cas de micrologiciels dont la redistribution serait autorisée, Red Hat prévoit de créer des RPM pour ces derniers (les autres distributions pourront bien évidemment faire de même). Mais dans le cas de conditions plus restrictives, ils pensent pour le moment à une simple notification à l’utilisateur de l’existence d’une telle mise à jour, tout en lui indiquant où il pourra la télécharger.