System76 ne souhaite plus être un simple DVA

System76 est un distributeur à valeur ajoutée (DVA) américain qui s’est spécialisé depuis un certain nombre d’années dans la vente de machines équipées du système d’exploitation GNU/Linux. Pour la distribution, s’est bien évidemment la version à support long (LTS) d’Ubuntu qui fut choisie.

Mais début avril, coup de tonnerre, Mark Shuttleworth, le fondateur d’Ubuntu, annonce la fin du développement d’Unity et d’un certain nombre de projets autour de l’environnement de bureau, préférant se recentrer sur GNOME.

Le changement étant inéluctable, System76 prend la décision de ne plus être un simple DVA et de profiter de l’occasion pour franchir une nouvelle étape. À la manière d’un Tesla, dans un plan en trois étapes, ils expliquent vouloir devenir un véritable constructeur qui concevrait et fabriquerait lui-même certaines pièces. Les plans devant être distribués sous licence Open Source (sans plus de précisions).

Au-delà du matériel, ils souhaitent également proposer à leurs clients une expérience utilisateur qui leur serait propre. Ce qui passe bien évidemment par la personnalisation du système et de son identité visuelle, que ce soit le thème, les icônes ou le fond d’écran. Le célèbre thème orange-violet d’Ubuntu laissant place à une version pop bien plus colorée.

GNOME 3.24 et le thème Pop 1.2.2

Que l’on aime ou que l’on déteste, on ne risque plus de les confondre avec Ubuntu :)

Point de vue technique, ils ne partent pas de zéro, leur thème Pop étant un dérivé du thème Adapta, tout en étant un peu moins plat et material design que ce dernier. Pour ceux que le sujet intéresse, le choix des couleurs et autres modifications apportées sont décrites dans un billet de blog.

Mais les modifications ne s’arrêtent pas là. Dans un autre billet de blog, ils annoncent vouloir contribuer, à leur mesure, au développement de GNOME. On y apprend qu’ils travaillent par exemple à l’intégration du chiffrement du dossier personnel de l’utilisateur depuis l’Outil de configuration initiale, ainsi que depuis les paramètres Utilisateurs du Centre de contrôle. Ça serait ainsi la première fois que l’on pourrait opter (facilement et graphiquement) pour un dossier chiffré une fois la distribution déjà installée.

Autres contributions, l’ajout de protocoles manquants dans les Comptes en ligne, tels que CalDAV ou CardDAV ; ou l’amélioration de l’application Documents, qu’ils considèrent intéressante pour eux (et donc pour leurs clients). Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, sachant qu’elle fait souvent partie des applications plutôt décriées ;-)

À plus long terme, ils parlent également d’intégration mobile, mais sans rentrer dans les détails. On peut donc se mettre à rêver du développement secret d’un équivalent GTK+ à KDE Connect, qui permettrait de voir les notifications de nos smartphones ou d’envoyer et recevoir des SMS directement depuis notre environnement de bureau, de pouvoir déverrouiller notre session en ayant le smartphone à proximité, de pouvoir facilement transférer des fichiers dans les deux sens par Wi-Fi ou Bluetooth et bien plus encore.

Mais avant ça, ils doivent intervenir lors du GUADEC 2017 pour une conférence sur ce qu’ils ont appris de leurs clients, ce qu’attendent ces derniers de leur environnement de bureau, sur l’avenir de System76 et le rôle que pourra y jouer GNOME.

Après Red Hat, SUSE, Canonical, Collabora, Endless Mobile… pour la vitalité du projet, c’est toujours une bonne nouvelle de voir de nouvelles entreprises vouloir contribuer à notre plateforme.

Compatibilité de vos futurs périphériques sous GNU/Linux

Ceux qui ont connu GNU/Linux durant le courant des années 90 peuvent témoigner du fait que la situation a radicalement changée. À l’époque, il fallait vraiment acheter un modèle bien précis de carte son ou de carte graphique pour espérer obtenir une machine relativement fonctionnelle.

Par la suite, au fil des ans, ce qui nécessitait autrefois de la rétro-ingénierie par des développeurs particulièrement chevronnés, à vue l’arrivée de plus en plus de constructeurs souhaitant contribuer directement au développement de pilotes pour notre plateforme (Intel est par exemple le premier contributeur du noyau Linux, devant Red Hat). Et même si tous ne jouent pas le jeu du libre (on pense tout de suite à nVidia), c’est tout de même agréable de pouvoir profiter pleinement de notre matériel, parfois chèrement acquis.

La situation a donc bien changé, et de nos jours, nous pouvons installer facilement une distribution sur de nombreuses machines différentes sans jamais rencontrer le moindre souci. Mais voilà, encore aujourd’hui, certains constructeurs n’ont toujours pas embrassé le libre (voir n’ont toujours pas vu l’intérêt de Linux) et il arrive que certains périphériques (imprimantes, scanners…) ne soient pas du tout pris en charge.

On peut donc retourner de désespoir (ou de lassitude) sous Windows, voir rejeter la faute sur la dispersion de la communauté, ou se dire que le changement est possible, et tenter de faire quelque chose à notre niveau. Alors bon, je ne vais pas vous citer Linus Torvalds et son célèbre message de présentation de Linux : « Regrettez-vous avec nostalgie le bon vieux temps de MINIX 1.1, quand les hommes étaient des hommes et écrivaient eux-mêmes les pilotes pour leur matériel ? ». Donc non, rassurez-vous, vous n’aurez rien à développer :p

Par contre, cette après-midi, en parcourant les dernières nouvelles du site Phoronix, je suis tombé sur l’annonce de l’intérêt du fabricant de scanners Plustek pour publier un éventuel pilote libre (en opposition de Fujitsu qui publiait quelques jours plus tôt un pilote non libre). Mais la partie réellement intéressante de l’histoire, c’est de découvrir que Plustek a contacté l’équipe de SANE (le projet qui offre la prise en charge de nombreux scanners sur les différents systèmes d’exploitation du marché) pour faire les choses bien, puis surtout de voir cette personne préciser ouvertement que cette démarche fait suite aux nombreux courriers de clients réclamant un pilote Linux.

Donc voilà, au lieu de pleurer que tel ou tel périphérique n’est pas du tout ou non correctement pris en charge sous GNU/Linux, n’hésitez pas à le faire savoir aux fabricants. Même chose si un périphérique vous faisait de l’œil mais que vous vous êtes rabattus sur un concurrent que vous saviez correctement pris en charge. Écrivez-leur pour leur faire savoir qu’ils ont perdu un client et que vous avez préféré leur concurrent pour cette raison. Et surtout, précisez bien que plus qu’un pilote, vous souhaitez par-dessus tout un pilote libre, seul moyen de garantir qu’il soit correctement maintenu dans le temps et qu’il soit directement pris en charge par toutes les distributions que vous pourriez avoir envie d’installer.

Mise à jour du micrologiciel des contrôleurs de jeu 8Bitdo

Contrôleur de jeu 8Bitdo SFC30

Depuis quelques temps, Logiciels est désormais capable de mettre à jour, par le biais du projet fwupd, le micrologiciel des différents périphériques de l’utilisateur. Malheureusement, tous les fabricants n’utilisant pas les différents standards, tels que DFU pour les périphériques USB, il faut parfois faire de la rétro-ingénierie pour pouvoir implémenter les différents formats de fichiers et protocoles de mises à jour.

Après le Raspberry Pi ou certains modèles du fabricant Dell, c’est donc désormais au tour de 8Bitdo de voir ses périphériques totalement pris en charge. Lors de la publication d’une nouvelle version du micrologiciel, l’utilisateur sera notifié et pourra effectuer la mise à jour le plus simplement du monde. Ceux d’entre nous qui devaient autrefois disposer d’un Windows pour effectuer ce type de mise à jour, salueront l’avancée :p

Pour l’anecdote, à force de les harceler de questions, 8Bitdo a finit par publier les sources de ses outils de mise à jour Windows et macOS :D

Deux nouveaux PC hybrides vendus directement sous GNOME

Fin 2014, l’entreprise américaine Purism lançait une campagne de financement participatif dans le but de pouvoir produire un ordinateur portable entièrement libre. Sans aller jusqu’à de l’open hardware, toute la partie logiciel se devait d’être libre. Ceci incluait aussi bien le logiciel d’amorçage (coreboot), le système d’exploitation, les pilotes de périphériques et bien évidemment les applications.

Des 250 000 dollars initialement demandés, ils réussirent à récolter près de 610 000 dollars, ce qui leur permit de sortir non pas un mais deux ordinateurs portables, Librem 13 et Librem 15, équipés de processeurs i5 et i7 de cinquième génération (Haswell), de 16 ou 32 GB de RAM, d’un SSD… classique, mais néanmoins onéreux, puisque commercialisés 1499 et 1899 dollars.

L’histoire aurait donc pu s’arrêter là, mais voilà que Purism vient de lancer la prévente sur Indiegogo de deux nouveaux ordinateurs portables hybrides, dont l’écran sera détachable pour faire office de tablette. Et c’est là que ça devient intéressant, puisque la nouvelle version de PureOS, le système d’exploitation maison autrefois basé sur Trisquel (un dérivé entièrement libre d’Ubuntu) et Cinnamon (un environnement de bureau dérivé de GNOME), fait un retour aux sources en se basant désormais sur Debian et GNOME. Les deux tablettes utiliseront donc bien GNOME Shell par défaut.

La Librem 10 en mode tablette

Depuis le temps qu’on entend les trolls se plaindre que GNOME Shell est entièrement pensé pour le tactile alors qu’aucune tablette ne semblait l’exploiter, entre ces deux nouveaux produits commercialisés directement sous GNOME ou le succès grandissant des PC hybrides (Microsoft Surface, Lenovo Yoga, HP Spectre…), c’est une bonne chose de constater que parmi tous les environnements de bureau libres disponibles, il en existe au moins un parfaitement adapté à ce type de configuration.

Pour en revenir à Purism, nous avons donc le modèle Librem 10, équipé d’un processeur Atom x5-Z8300, de 4 GB de RAM, de 64 GB d’espace disque et d’un écran 10.1″. Le tout vendu 599 dollars.

Vient ensuite la Librem 11, qui aura droit à deux déclinaisons. Une première, équipée d’un processeur Intel Core M-5Y10c, de 8 GB de RAM, d’un SSD de 256 GB et d’un écran 11.6″. Ainsi qu’une seconde, dont la RAM et le SSD passent respectivement à 16 GB et 512 GB. En ce qui concerne le prix, si vous précommandez dès maintenant, ça se fera à 999 ou 1567 dollars. Mais une fois la prévente terminée, ça grimpera ensuite à 1299 ou 1867 dollars.

Précommandes oblige, les livraisons devraient débuter en octobre 2016.

Présentation de Pinos

Christian Schaller vient de publier un billet de blog pour présenter Pinos, projet développé par Wim Taymans, co-créateur du framework multimédia GStreamer et contributeur régulier de PulseAudio.

Le projet devrait apporter une solution équivalente à la vidéo de ce que permet PulseAudio pour l’audio (support de sources multiples, mixage…), tout en offrant des API pour que ce soit facilement utilisable par les différentes applications.

Pino permettra ainsi de partager le flux vidéo d’une caméra vers différentes applications, de pouvoir basculer facilement d’une caméra à l’autre au sein de l’application, ou de multiplexer les différents flux.

Plusieurs sources pourront également être gérées simultanément. En plus d’une ou plusieurs caméras, le bureau lui-même pourra être considéré comme une source vidéo. On pourra donc facilement faire une capture vidéo du bureau, tout en superposant l’image d’une caméra en train de filmer l’utilisateur.

La première application pratique concernera justement le mécanisme de capture vidéo intégré à GNOME Shell (utilisable par le raccourci clavier Ctrl+Alt+Shift+R ou depuis l’extension EasyScreenCast), qui sera plus robuste, tout en offrant plus de possibilités.

Une autre application concrète, concernera l’accès au matériel par les applications sandboxées. Pour pouvoir finement gérer les droits d’accès à la webcam de l’utilisateur, une telle infrastructure était nécessaire.

Par contre, aucune date n’a pour le moment été annoncée pour son intégration au sein de GNOME.

GNOME 3.18 supportera différents types de capteurs

Les tablettes et les ordinateurs portables modernes sont désormais truffés de capteurs : un accéléromètre pour le positionnement de l’écran, un capteur de lumière ambiante pour ajuster la luminosité de l’écran, un compas gyroscopique pour la navigation…

Suite aux travaux sur la WeTab, GNOME et Linux supportaient déjà les accéléromètres depuis plusieurs années, mais certains changements apportés par Windows 8 et les périphériques compatibles avec ce dernier ont poussé à tout remettre à plat.

Bastien Nocera a donc développé le projet iio-sensor-proxy, dont la version 1.0 vient tout juste de sortir. En plus des accéléromètres, cette première version stable supporte également les capteurs de lumière ambiante, ce qui signifie qu’en plus de pouvoir s’adapter automatiquement à une rotation de l’écran, GNOME 3.18 pourra également adapter, tout aussi automatiquement, la luminosité de ce dernier.

Dans les prochaines versions, il est prévu de pouvoir exporter les données brutes de l’accéléromètre pour qu’elles puissent être utilisées par les applications. Ce qui pourrait être intéressant dans le cas de jeux vidéos. Il est également prévu d’ajouter le support du compas gyroscopique, dont les informations seront communiquées au service de géolocalisation GeoClue, permettant ainsi d’obtenir l’emplacement et la direction avec une même API.


Histoire de mieux comprendre le projet, s’ensuit un petit entretien avec Bastien Nocera, que je remercie encore une fois pour le temps qu’il a bien voulu m’accorder ;)

Le projet s’appuie sur systemd. Qu’apporte réellement ce dernier, et cela a t’il permis de simplifier le développement ?

Dans ce cas précis, systemd/udev est uniquement utilisé pour lancer le daemon en tâche de fond, quand un capteur apparaît (lors du démarrage, lorsque qu’on sort du sommeil, ou, comme pour le ColorHug ALS, s’il est branché en USB). systemd permet de simplifier le lancement de services D-Bus lorsqu’ils sont attachés à un périphérique amovible. C’est aussi la manière dont bluetoothd, le daemon qui s’occupe du Bluetooth, fonctionne.

Utiliser un autre système d’init est parfaitement possible, mais moins pratique, et surtout inutile étant donné que toutes les distributions majeures de Linux utilisent systemd (et que iio-sensor-proxy ne fonctionne que sur Linux).

Les capteurs semblent être reconnus comme des périphériques HID. Est -ce que ça implique une certaine normalisation, offrant par défaut, une fois le pilote initial développé, le support de tous les capteurs d’un même type, ou est-ce qu’il faudra développer des pilotes différents pour chaque capteur de chaque fabricant ?

Certains capteurs sont des capteurs HID, mais pas tous. Pour avoir le tampon de certification pour Windows 8, les capteurs doivent utiliser HID pour exporter leurs données, et le faire d’une certaine manière. Cependant, sous Linux, les capteurs sont souvent, de toute façon, gérés par la surcouche du noyau IIO (« Industrial I/O », entrées-sorties industrielles). Ce qui nous permet de gérer à la fois les capteurs basés sur le HID que supporte Windows 8 par défaut, ainsi que de nombreux autres que les constructeurs peuvent intégrer dans leurs systèmes.

Les capteurs mono-fonctions plus anciens, comme ceux de la WeTab, sont eux encore différents, apparaissant comme de vrais périphériques d’entrée, tels une souris, mais avec Z, l’axe de la profondeur, en plus. Nous supportons aussi les capteurs utilisés sur MacBook, qui sont exportés par le noyau Linux de manière différente. En clair, les capteurs HID compatibles Windows 8 bénéficieront de pilotes Linux déjà intégrés, mais les autres, avec un driver IIO supporté, fonctionneront aussi.

Dans le cas des capteurs de lumière ambiante, j’ai cru comprendre que les différents fabricants n’utilisaient pas une unité de mesure commune et normalisée. Comment avez-vous procédé pour pouvoir tout de même offrir à l’utilisateur un système unifié ?

Dans ce cas, le problème n’est plus dans iio-sensor-proxy lui-même. Le daemon exporte le fait que les données sont sans unité, ramenées à un pourcentage et les applications se débrouillent pour savoir si elles peuvent gérer ces données. Dans le cas de gnome-settings-daemon (une tâche de fond qui gère l’énergie sous GNOME), nous utilisons les préférences de l’utilisateur pour calibrer les changements de luminosité de l’écran, et « apprend ». Pour plus de détails, il vaut mieux inspecter le patch écrit par Richard Hughes directement.

Comment est gérée la sécurité, pour qu’un programme malicieux ne puisse pas accéder à certaines informations sensibles, comme la localisation de l’utilisateur et la direction prise ?

Pour l’instant, le problème ne se pose pas : nous n’exportons pas aux applications les données brutes des accéléromètres, ou les données des compas électroniques. Dans le futur, les données du compas ne seront disponibles que pour GeoClue, qui renverra ces données vers les applications de géolocalisation, telles que Cartes ou Météo, avec les mêmes demandes de permission.

Pour ce qui est de l’accéléromètre, le même système sera mis en place. Dans les deux cas de figure, nous attendons un déploiement plus généralisé des technologies utilisées, comme kdbus et xdg-app.

Les intéressés peuvent suivre le développement de cette fonctionnalité sur GitHub.

Succès de la campagne Endless Computers

Le mois dernier, Endless Mobile lançait une campagne Kickstarter dans le but de l’aider à commercialiser un ordinateur pensé pour les pays émergents (et tournant sous GNOME), en commençant par le Mexique et le Guatemala.

Après seulement quelques heures, le quart des 100 000 dollars initialement demandés étaient déjà récoltés, et en tout juste 24 heures, ils atteignaient la moitié de l’objectif. Objectif qui fut finalement atteint le 18 avril, après seulement quatre jours de campagne.

Par la suite, bien que les dons affluèrent moins rapidement, la campagne se termina tout de même avec 176 539 dollars collectés, grâce à 1 041 contributeurs.

La campagne désormais terminée, ils ont prévu de se lancer dans un road trip à travers le Mexique à bord d’un vieux bus de ramassage scolaire américain qu’ils ont retapé, histoire de pouvoir aller à la rencontre des gens et de leur faire découvrir l’ordinateur et les applications qu’ils ont développés. Ils en profiteront également pour livrer un certain nombre de machines à diverses écoles locales.

S’il reste des gens intéressés, ils pourront suivre le reste de l’aventure sur Twitter ou Facebook.

Et pour ceux qui rechercheraient d’autres projets à financer, il reste la campagne du gestionnaire de podcasts Vocal, qui est plutôt mal partie, ainsi que celle de Grammalecte, le seul correcteur grammatical libre que nous ayons pour le français. J’espère donc sincèrement que vous ferez de cette dernière un succès.

Sortie de l’ordinateur Endless

L’ordinateur Endless

Après deux années de mystère, Endless Mobile vient d’annoncer la disponibilité de l’ordinateur Endless, dont le but est de fournir une machine aux 4,5 milliards de personnes qui en sont toujours dépourvues.

Une campagne Kickstarter a également été lancée, dans le but de récolter 100 000 dollars et d’aider à lancer le produit dans les deux marchés initiaux que sont le Mexique et le Guatemala. Par la suite, ils comptent s’étendre dans le reste de l’Amérique du Sud, suivi de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Endless Mobile n’est pas un organisme caritatif mais une entreprise qui compte vendre un produit. Et puisque le public cible se situe principalement dans les pays émergents, il fallait une machine la moins chère possible, la plus simple d’utilisation qui soit, et qui puisse éventuellement se passer d’une connexion Internet, ou dont la connexion serait de mauvaise qualité.

Pour les premiers prototypes, ils étaient partis d’Android, avant de se rendre compte des trop nombreuses limitations qui empêchaient d’en faire un environnement de bureau à part entière, capable de faire fonctionner également des applications traditionnelles. Ils se sont donc tournés vers GNU/Linux et GNOME 3, qu’ils ont modifié pour répondre à leurs besoins.

Dans le but de baisser les coûts, ils sont partis sur du matériel que l’on retrouve dans les smartphones : processeur Intel Bay Trail-M N2807, 2 Go de RAM, SSD de 32 ou 500 Go selon les modèles, ports RJ-45, USB 2 et 3, HDMI, puis éventuellement WiFi et Bluetooth 4.0 pour le modèle le plus cher. La machine devant également pouvoir être reliée à un téléviseur, pour que les utilisateurs ne soient pas obligés d’acheter un écran supplémentaire.

Niveau applicatif, on retrouve de nombreux logiciels libres, comme Chromium (qui offre donc un accès au Chrome Web Store), des applications de base pour regarder des photos ou des vidéos, écouter de la musique, une suite bureautique, des jeux éducatifs…

Une version hors ligne de Wikipédia est également fournie

De nombreux contenus sont également pré-installés, tels que des versions hors-ligne de Wikipédia et l’Académie Khan, ainsi que d’autres contenus relatifs à la santé, la cuisine, l’agriculture ou la maternité.

Maintenant, reste à savoir si le public concerné sera intéressé par des ordinateurs à 169 et 229 dollars, quand les gens ne jurent plus que par leur smartphone ;)