La Fondation GNOME recrute

On y croyait plus, mais ça y est. Suite au récent don d’un million de dollars, la fondation se donne enfin les moyens de ses ambitions. Il aura donc fallu attendre plus de vingt ans et l’arrivée d’un généreux mécène pour que la fondation se décide enfin à embaucher. Par contre, n’espérez pas tout de suite des développeurs pour améliorer un certain nombre d’applications qui en auraient bien besoin (Documents, Musique, Photos…), on y est pas encore.

Mais comme l’indique Neil McGovern, le directeur exécutif de la fondation, « Ces postes sont essentiels pour s’assurer que la fondation reste durable et que nous soyons en mesure de soutenir la communauté dans des domaines clés. J’espère que nous pourrons continuer à développer la fondation pour que non seulement ces postes puissent continuer d’être financés, mais également pour permettre d’autres embauches à l’avenir. »

Dans un premier temps, la fondation annonce quatre recrutements :

  • Un coordinateur du développement qui devra rechercher de nouveaux fonds, nouer des partenariats avec les entreprises, obtenir des subventions… pour assurer l’expansion du projet (typiquement le poste qui aurait du être embauché il y a plus de dix ans, histoire de ne pas avoir besoin d’attendre un don miraculeux).
  • Un coordinateur de programme qui sera en charge de la planification et de la coordination des programmes et activités.
  • Un DevOps / Administrateur système qui devra gérer les serveurs de la fondation (Flathub, GitLab, intégration continue, moteur de production…) et mettre en place de nouveaux services selon les besoins.
  • Un développeur GTK+ qui devra créer, développer et maintenir des composants de base du toolkit.

Il s’agit donc d’une bien bonne nouvelle, et on se prend déjà à rêver des futures annonces qui pourraient subvenir. Comme je l’ai déjà dit, j’adorerais qu’on ne compte plus uniquement sur les bénévoles pour le développement ou la partie visuelle (thème, icônes, fond d’écran dynamique…) et qu’il y ait des professionnels à plein temps sur certains projets qui en auraient bien besoin.

D’autant plus, et on a pu le constater avec l’embauche par Red Hat de Carlos Soriano en tant que mainteneur de Fichiers, d’avoir un développeur à plein temps sur un projet créé une certaine dynamique qui permet d’attirer de nombreux bénévoles (voir Contributors to Nautilus et Nautilus team grows), accélère le développement, apporte de nombreuses nouvelles idées et rend le projet incroyablement plus vivant.

Suppression à venir du menu de l’application

Menu de l’application de Builder sous GNOME 3.28

On va tout d’abord commencer par rappeler de quoi il s’agit, puisque ce menu, maintes fois décrié, n’a jamais obtenu les faveurs des utilisateurs. À tel point que nombre d’entre eux n’ont même jamais remarqué son existence.

Pour citer l’aide officielle, « le menu d’une application, situé à côté du bouton Activités, affiche le nom de l’application en cours avec son icône et permet un accès rapide aux préférences ou à la rubrique d’aide du programme. Les éléments accessibles depuis ce menu varient en fonction de l’application. »

Et c’est là que le bât blesse. Hormis les applications GNOME officielles qui y proposent donc un accès à la rubique d’aide, aux préférences, ainsi qu’aux raccourcis clavier et à quelques options principales, la majorité des applications tierces, et non des moindres (Firefox, Google Chrome…) ne proposent que l’option de base permettant de quitter l’application, rendant ce menu complètement inutile dans la plupart des cas.

Et les griefs ne s’arrêtent pas là :

  • le menu est déconnecté de la fenêtre de l’application
  • ça n’a aucun sens en cas d’utilisation de plusieurs écrans
  • aucun autre système ne propose ce type de menu
  • il n’est accessible que pour l’application qui a le focus
  • les applications GNOME officielles l’utilisent le manière incohérente
  • certains nouveaux utilisateurs sont totalement passés à côté et supposent qu’il n’y a donc pas de préférences

La solution proposée étant de déplacer les différentes entrées du menu vers la fenêtre de l’application, dans le menu hamburger que la plupart des applications GNOME possèdent déjà. Travail relativement facile à mettre en œuvre, et qui devrait, qui plus est, se fondre agréablement avec certaines applications tierces comme Firefox et Chromium, qui utilisent déjà un modèle similaire.

De nombreuses maquettes ont déjà été publiées. La migration devant s’achever avec la sortie de GNOME 3.32, prévue pour le mois de mars 2019.

Nous aurons finalement droit à GTK+ 3.24

Quand le développement de GTK+ 4 a commencé, il avait été décidé que GTK+ 3.22 serait la dernière version stable de la branche 3.x. Deux ans plus tard, le développement de GTK+ 4 prenant du retard, nous aurons finalement droit à GTK+ 3.24 au mois de septembre prochain, en même temps que GNOME 3.30.

Les nouveautés seront par contre plutôt limitées. Le sélecteur de polices aura droit à de nouvelles possibilités autour du format de fonte OpenType (paramétrage des fonctions offertes par les fontes OpenType, affichage des exemples de fonctionnalités proposées, sélection des variantes…). Si j’ai bien tout compris, nous devrions également avoir droit à l’auto-complétion des émojis. De taper <3 devrait se changer en ❤️. Le backend Wayland prendra en charge la mémoire partagée anonyme sous FreeBSD. Et pour finir, un nombre limité de nouvelles APIs devrait également faire son apparition.

Et cette fois-ci, GTK+ 3.24 devrait bel et bien conclure l’aventure GTK+ 3. Parallèle amusant, quand on se souvient que GTK+ 2.24 avait conclut celle de GTK+ 2 😊

Design sprint autour de Logiciels

Il y a quelques semaines, plusieurs personnes de chez Canonical (de l’équipe en charge de la boutique, de Snap, du design et du desktop) ainsi que Richard Hughes, le mainteneur de Logiciels, se sont réunis à Londres pour discuter d’une liste d’améliorations possibles concernant la logithèque.

La page d’accueil de l’actuel Logiciels 3.28

Parmi les nombreuses idées qui ont été discutées, on peut retenir :

  • Des éditeurs (développeurs) certifiés. Un moyen de signaler à l’utilisateur qu’un éditeur a subi un contrôle prouvant qu’il est bien celui qu’il prétend être. Cela sera d’autant plus utile qu’avec la démocratisation à venir des paquets Flatpak ou Snap qui pourront être fournis directement par les développeurs sans passer par les packageurs de la distribution, les utilisateurs auront besoin de s’assurer qu’ils n’installent pas des applications dangereuses. Et là, on pense tout de suite à la récente affaire des malwares cachés dans certains paquets Snap de la boutique Ubuntu.
  • Une façon de signaler des problèmes avec les applications. Que ce soit directement auprès de l’éditeur ou par l’intermédiaire de la logithèque.
  • Une présentation améliorée et la possibilité pour les éditeurs d’ajouter des thèmes et des illustrations supplémentaires à la page de leur application. Les différentes propositions incluent l’ajout de badges pour montrer qu’une application est populaire dans certaines catégories, son niveau de confinement, la possibilité d’ajouter une bannière personnalisée, la prise en charge des GIFs et des vidéos (ce qui pourrait donner plus facilement une première idée des possibilités d’une application ou d’un jeu avant son téléchargement).
  • Un écran d’accueil rafraîchi pour faire apparaître de nouvelles applications, des applications ou des greffons liés à ce que l’utilisateur a déjà installé, ainsi que des nouvelles et des mises à jour en provenance de nos développeurs d’applications préférées.

Il est prévu que les maquettes soient ajoutées sur GitLab pour être discutées publiquement, mais pour le moment, il n’y a malheureusement rien à se mettre sous la dent.

Une chose est sûre, un ravalement de façade ne sera pas du luxe, surtout quand on voit à quel point la version actuelle fait vieillotte en comparaison du tout nouveau Mac App Store qui doit débarquer cet automne (quel troll gratuit 😁).

Maintenant, le côté cosmétique c’est bien, mais je ne cacherai pas que j’aimerai bien qu’ils améliorent la fiabilité et qu’ils implémentent certaines fonctionnalités, dont on a bien du mal à comprendre qu’elles soient toujours absentes (surtout après cinq années de développement). Comme l’état d’avancement et la durée estimée pour le téléchargement des mises à jour ou la possibilité de définir le pourcentage de bande passante réservé à ces mêmes téléchargements.

Obtenir un mode nuit dans le Visionneur de documents

Même si vous avez opté pour un thème sombre, lorsque vous ouvrez un fichier PDF dans le Visionneur de documents, le contenu garde un fond blanc éclatant par défaut. Alors si vous avez le malheur de devoir lire de longues documentations techniques, vous pourriez rapidement avoir mal aux yeux. Mais heureusement, contrairement à la concurrence, vous n’aurez pas besoin de changer de lecteur 😁

Il vous suffit de vous rendre dans les options d’affichage et d’activer les couleurs inversées :

Le Visionneur de documents avec un thème sombre et les couleurs inversées

Hackathon GNOME pour l’amélioration des performances

GNOME Performance Hackfest 2018 (© Alberto Ruiz)

Les fondations GNOME et Raspberry Pi ont récemment organisé un hackathon ayant pour objectif l’optimisation des ressources (RAM, CPU, GPU, consommation énergétique) utilisées par une session GNOME typique, ainsi que l’amélioration des performances.

L’événement s’est déroulé du 14 au 16 mai 2018 à Cambridge et a réuni plus d’une quinzaine de développeurs issus de diverses entreprises telles que Broadcom, Canonical, Collabora, Endless et bien évidemment Red Hat, dont les développeurs étaient présents en nombre.

Parmi les différents problèmes d’utilisation de la mémoire sur lesquels les développeurs ont travaillé, nous pouvons citer le gestionnaire de session GDM, qui maintient sa propre instance de GNOME Shell. De régler ce problème fait chuter la consommation de RAM de 280 Mio. Rien que ça. Autre cible importante, Logiciels, la logithèque GNOME, qui tourne en tâche de fond pour pouvoir fournir des résultats lors d’une recherche d’applications dans la vue d’ensemble des activités. Ce dernier consomme plus de 90 Mio de RAM. Sans oublier tous ces petits démons qui pourraient être appelés à la demande, plutôt que de tourner en permanence.

Le travail est loin d’être terminé, mais GNOME 3.30, dont la sortie est prévue pour le mois de septembre prochain, devrait, à n’en pas douter, être bien plus léger et réactif qu’il ne l’est actuellement.

Ceux qui souhaitent en apprendre plus peuvent consulter les billets de blog (en anglais) d’Alberto Ruiz et de Carlos Garnacho.

Création du programme de stages GNOME

En plus de son investissement dans les programmes Google Summer of Code et Outreachy, la fondation GNOME vient d’annoncer la création d’un nouveau programme de stages propre au projet GNOME, aux objectifs bien plus complexes et stratégiques.

Pour reprendre l’annonce officielle, « l’objectif du programme de stages GNOME est d’amener le développement vers des sujets qui sont essentiels à la réalisation des objectifs de GNOME. Pour accomplir des tâches aussi importantes, les projets de génie logiciel et les projets non techniques sont les bienvenus, et tout le monde est encouragé à poser sa candidature. Puisque ces tâches sont considérées comme étant plus complexes que ce que l’on trouve dans les autres programmes de stages de la communauté du logiciel libre, les stages GNOME auront une allocation de 8000$ pour une période de trois mois. La fondation GNOME est désormais en mesure de réorienter les fonds vers des thèmes spécifiques qui peuvent être levés par le biais de campagnes et d’autres initiatives. »

Les premiers projets proposés sont axés autour de la sécurité et du respect de la vie privée, comme la protection contre les attaques par le biais de l’USB (en se basant sur USBGuard), la création d’une application pour la gestion des mots de passe et autres identifiants, un nouveau portail PipeWire, la création d’une session invité, facilité l’utilisation de matériel cryptographique tel que TPM ou pouvoir ajuster automatiquement les politiques de sécurité en fonction de la position géographique de l’utilisateur (domicile, travail, lieu public, conférence).

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du programme ou celle des différents projets.

Liste des projets acceptés pour le Google Summer of Code 2018

Cet été, 16 étudiants travailleront à l’amélioration de GNOME grâce au programme Google Summer of Code.

Les différents projets incluent la mise à jour automatique de Journaux quand de nouvelles entrées apparaissent dans l’historique des événements. La possibilité de modifier la vitesse d’une vidéo dans Pitivi, de réduire temporairement la résolution lors du montage et l’amélioration de son interface. Le portage de Fichiers en GTK+ 4. L’ajout de la consommation énergétique des applications et du matériel dans Utilisation. L’ajout de nombreuses fonctionnalités à l’application de messagerie Fractal (préférences utilisateur, amélioration de l’interface, internationalisation…). L’ajout de diverses améliorations à Jeux (tri de la liste des jeux par plateforme ou développeur, affichage de métadonnées pour les jeux (description, note, nombre de joueurs…), ainsi que la possibilité de sauvegarder des statistiques telles que le nombre d’heures jouées et si le jeu a été fini). L’ajout de fonctionnalités non précisées à l’application de messagerie Dino. L’amélioration des greffons Todo.txt et Todoist de To Do pour qu’ils soient utilisables en production. La réécriture du jeu Cinq ou plus en Vala et la modernisation du code pour une meilleure maintenabilité.

Notez qu’il ne s’agit que de la liste des projets qui ont été acceptés. Il n’y a aucune garantie sur le fait que les étudiants pourront mener leur projet à terme, et que la qualité du travail soit suffisamment bonne pour qu’il soit un inclus dans les différentes applications.

Rien ne dit que nous retrouverons donc toutes ces fonctionnalités dans la prochaine version de GNOME.