Prise en charge d’AppStream par Debian / Kubuntu

Logiciels 3.16

Bonne nouvelle pour les utilisateurs de Debian (unstable), Kubuntu et Tanglu, Matthias Klumpp vient d’annoncer que la prise en charge d’AppStream était bien avancée et devrait être officiellement annoncée lors de la DebConf15, le rendez-vous annuel des développeurs Debian qui se tient cette année du 15 au 22 août 2015 à Heidelberg, en Allemagne.

Pour rappel, AppStream est la spécification Freedesktop permettant le partage des méta-données des différentes applications entre les distributions (descriptions, adresses des sites officiels, captures d’écran, licences…), qui peuvent être ainsi réutilisées par les différentes logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon Discover sous KDE…), tout en évitant la duplication d’efforts.

Matthias a également prévu de donner une conférence le 16 août pour expliquer ce que peut apporter AppStream à Debian (installation d’applications, mise à jour du système, mais également la mise à jour des firmwares UEFI…), tout en décrivant tout ce qui a déjà été accompli pour sa prise en charge.

Le futur de la distribution d’applications sous GNU/Linux devrait également y être abordé. Actuellement empaquetées par les différentes distributions, les applications devraient, à terme, pouvoir être distribuées par les développeurs eux-mêmes en employant le sandboxing (au travers de technologies telles que Limba et Xdg-App) pour qu’elles soient parfaitement isolées du reste du système.

Sortie d’Antergos 2015.06.03

GNOME 3.16.2 et le thème Numix

Il y a deux mois, jour pour jour, je testais Antergos 2015.04.12. Deux mois, c’est un peu court, mais les différents problèmes relevés alors étant plutôt simples à corriger, je souhaitais profiter de la dernière version du média d’installation pour vérifier si ça avançait dans le bon sens.

Et finalement, vous pouvez toujours lire le précédent test, puisque on ne peut pas dire que ça ait beaucoup évolué.

Point positif, durant la phase d’installation, hormis les quelques écrans qui défilent pour faire passer le temps durant l’installation des paquets (écrans qui mettent en avant l’utilisation du thème Numix ou le choix des différents environnements de bureau disponibles), la traduction française de l’installeur est beaucoup plus complète qu’auparavant.

On peut également ajouter qu’Agenda est désormais installé par défaut, mais les grands absents d’hier (Caractères, Horloges, Logiciels, Machines…) le sont toujours aujourd’hui. De même que l’aide en ligne est toujours manquante, et qu’il faudra donc toujours passer par la commande sudo pacman -Sy gnome gnome-extra pour obtenir un environnement GNOME complet.

Dans le but de pouvoir utiliser le même gestionnaire d’affichage indépendamment de l’environnement de bureau choisi par l’utilisateur, Antergos continue de privilégier LightDM plutôt que GDM, qui s’intègre pourtant mieux à GNOME, et qui se trouve être également nécessaire pour certaines fonctionnalités. Pour effectuer le changement, il faudra donc tout d’abord installer GDM (étape qui n’est pas nécessaire si vous avez installé un GNOME complet comme indiqué dans le précédent paragraphe), suivi de la désactivation de LightDM, et l’activation de GDM :

sudo pacman -S gdm
sudo systemctl -f disable lightdm
sudo systemctl -f enable gdm

Autre changement, les boutons pour minimiser et maximiser une fenêtre sont désormais présents par défaut (que vous pouvez néanmoins désactiver depuis l’Outil de personnalisation, onglet Fenêtres, si vous préférez le comportement GNOME d’origine).

Pour le reste, ce n’est  que de la mise à jour de versions. Antergos reste une très bonne distribution, et il est juste regrettable que l’on ne puisse pas obtenir plus simplement une expérience GNOME complète la plus proche possible de ce que souhaite offrir le projet, en plus de la personnalisation désirée par Antergos. Une sorte de profil qu’il suffirait de sélectionner pour basculer de l’un à l’autre.

Test de Fedora 22

Fedora est une distribution communautaire et non commerciale, qui bénéficie néanmoins du support de Red Hat, qui emploie un certain nombre de développeurs et lui apporte un soutien financier et logistique.

Fedora est reconnue comme étant la distribution qui intègre le mieux GNOME, un certain nombre de ses développeurs contribuant également à cet environnement de bureau. Et bien que Fedora propose plusieurs versions différentes de sa distribution avec différents environnements de bureau (KDE, Xfce, LXDE, MATE…), c’est clairement l’édition GNOME qui bénéficie de la plus grande main d’œuvre et de la meilleure finition. À tel point que l’on peut considérer Fedora comme étant GNOME OS ;)

Installation

Anaconda, l’installeur de Fedora 22

Fedora utilise l’installeur Anaconda, qui automatise un certain nombre de tâches et dont la prise en main est plutôt simple. Nous noterons d’ailleurs que le français est proposé dès la première question, l’installeur tentant de géolocaliser l’utilisateur en se basant sur son adresse IP, ce qui lui permet dans la plupart des cas de pré-configurer correctement la langue, la disposition du clavier et le fuseau horaire.

Le partitionnement automatique est sélectionné par défaut, mais même si nous ne possédons qu’un disque, il faudra tout de même sélectionner ce dernier pour pouvoir continuer l’installation. Toujours sur le partitionnement automatique, ce dernier utilise LVM par défaut, ce qui permet de gérer plus facilement l’espace de stockage (redimensionnement, ajout de nouveaux disques…). Plusieurs partitions sont également créées automatiquement, dont une partition /home pour pouvoir séparer les données personnelles de l’utilisateur du reste du système. Une option permet de chiffrer les partitions au besoin.

Et pour finir, un mot de passe est demandé pour le compte administrateur, suivi de la création d’un compte utilisateur.

L’installation est finalement plutôt simple et rapide. Je formulerai tout de même deux reproches. Tout d’abord, durant l’installation, aucun retour en arrière n’est possible. Par exemple, durant la phase de partitionnement, si vous choisissez le mode manuel puis que vous changez d’avis, préférant finalement un partitionnement automatique, il faudra redémarrer la machine et reprendre depuis le début. Ensuite, bien que l’aide en ligne soit accessible durant chaque étape, cette dernière n’est disponible qu’en anglais.

Une fois le système redémarré, l’assistant de configuration initiale de GNOME nous redemande de confirmer la langue et la disposition du clavier (toutes deux correctement pré-configurées), si nous souhaitons partager notre géolocalisation avec les applications (Météo, Cartes…), si nous souhaitons envoyer des rapports automatiques en cas de problème pour aider à améliorer Fedora (tous deux activés par défaut), pour finalement terminer sur la configuration de nos comptes en ligne (Google, ownCloud, Windows Live, Facebook…). Vous pouvez bien évidemment passer cette partie.

Une fois la configuration terminée, l’aide en ligne de GNOME relative aux premiers pas est lancée à son tour. L’aide est disponible en français, et propose également quelques animations expliquant comment lancer des applications ou naviguer entre les tâches, ce qui peut être utile pour les personnes qui ne sont pas encore familières avec les paradigmes de GNOME.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 4.0.4, systemd 219 et Mesa 10.5.4.

L’installation de nouvelles applications et les mises à jour se font par le biais de Logiciels. Et pour ceux qui préfèrent la ligne de commande, DNF remplace désormais Yum.

Malheureusement, bien que de plus en plus d’applications soient disponibles dans les dépôts officiels, un certain nombre d’entre elles sont tout de même absentes, à commencer par celles dont on a déjà parlé sur ce blog : Mixxx, Vocal, Lollypop, Déjà Dup, Variety, Folder Color… et sûrement bien d’autres encore, ce qui sera sans doute le plus gros point noir de la distribution.

Ensuite, Fedora étant une distribution pro-libre qui respecte également les brevets logiciels, aucun outil graphique n’est fourni pour simplifier l’installation de pilotes de périphériques propriétaires, et aucun format multimédia un tant soit peu populaire (MP3, H.264/MP4, vos DVD…) n’est lisible par défaut.

Fedy 4.0.4

La logithèque étant totalement dépourvue du moindre codec soumis à brevet, ou de la moindre application propriétaire, si vous souhaitez tout de même pouvoir accéder à ces derniers, il faudra installer Fedy, qui vous configurera les dépôts RPM Fusion, et vous permettra d’installer facilement de nombreux greffons et autres applications non libres (Adobe Flash, la version Oracle de Java, Google Chrome et son greffon Hangouts, le support des DVD, de Dropbox, les polices TrueType de Microsoft, Popcorn Time, Skype, Steam, Sublime Text, TeamViewer…), tout en vous permettant également de pouvoir bénéficier d’un meilleur rendu des fontes, de pouvoir utiliser NOOP scheduler pour de meilleures performances avec les disques SSD, ou de pouvoir jouir d’un mode SELinux plus permissif.

On notera tout de même un petit bug : les icônes étant absentes de base dans Fedy, il faudra installer le pack d’icônes Ozon si l’apparence d’une application est importante pour vous.

Environnement

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 38.0.1, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.3.2, du lecteur de musique Rhythmbox 3.2.1, du gestionnaire de photos Shotwell 0.22.0, du client BitTorrent Transmission 2.84 et de la plupart des applications GNOME. Et bien qu’elles soient tout de même disponibles dans les dépôts, nous remarquerons tout de même l’absence d’Agenda, de Caractères ou de l’Outil de personnalisation. Aucune solution de sauvegarde n’est également pré-installée.

Malheureusement, LibreOffice et certaines applications sont toujours en anglais. Bien que l’excuse officielle soit le manque de place sur le média d’installation, on aurait aimé que les paquets manquants soient automatiquement téléchargés et installés durant la procédure d’installation, ou lors de la première utilisation du système si aucune connexion Internet n’était disponible auparavant. Il faudra donc s’en occuper manuellement, avec les commandes ci-dessous, qui installeront tout le nécessaire (traductions manquantes, correcteur orthographique, dictionnaire, pages de manuel, documentation…) :

dnf install dnf-langpacks
dnf langinstall fr

Pour en revenir à l’environnement, il s’agit d’un GNOME tout ce qu’il y a de plus classique, avec le thème Adwaita, et sans la moindre extension autre que celle qui superpose le nom fedora en bas à droite de l’écran (mais uniquement si l’on utilise l’arrière-plan fourni par défaut).

Point positif pour les adeptes du terminal, au-delà du thème sombre de ce dernier qui est plus sympa que le blanc flashy utilisé d’ordinaire, contrairement à la version GNOME officielle, la version Fedora supporte également la transparence, et permet d’être notifié quand une longue commande se termine.

Conclusion

Fedora est une très bonne distribution. Sans doute le meilleur compromis entre la stabilité éprouvée d’une Debian qui ne propose qu’une ancienne version de GNOME, et les distributions de type rolling release telles que Arch ou Manjaro, qui peuvent demander plus d’attention pour leur maintenance.

Malheureusement, elle est encore loin du sans-faute. De devoir installer soit-même, en ligne de commande, des traductions manquantes, des dépôts supplémentaires pour pourvoir bénéficier d’une expérience utilisateur fonctionnelle, sans oublier les éventuels pilotes de périphériques nécessaires au bon fonctionnement de la machine, l’éloigne de la distribution idéale. Rien de particulièrement difficile en soit, mais on ne pourra pas la conseiller à tous ceux qui ne souhaitent pas bidouiller par eux-mêmes et qui préfèrent un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Pour terminer sur une note positive, Christian Schaller, le responsable de l’équipe Red Hat en charge de l’environnement de bureau, avait récemment demandé sur son blog ce qu’il manquait aux gens pour pouvoir utiliser Fedora plutôt qu’une autre distribution. Et parmi les très nombreuses réponses, celles qui revenaient le plus souvent concernaient le support matériel (pilotes propriétaires, support d’Optimus…), ainsi que la plupart des problèmes abordés dans cet article. On peut donc espérer un certain nombre d’améliorations allant dans ce sens dans la prochaine version.

Mais tout comme l’année de Linux sur le bureau arrivera toujours l’année suivante, on ne peut s’empêcher de penser que la bonne version de Fedora, sera également la suivante :)

Qu’apporte réellement le projet Solus ?

solus_beta2
Solus Beta 2 avec l’environnement de bureau Budgie

Le Solus Project est un projet de système d’exploitation complet et indépendant, qui ne se base pas sur une distribution GNU/Linux déjà existante, mais qui reprend néanmoins l’environnement de bureau GNOME, ses technologies et ses applications, tout en remplaçant GNOME Shell par Budgie.

S’ils reprennent GNOME, pourquoi ne pas utiliser directement l’original, me demanderez-vous. Sur le site officiel, on peut lire « Nous nous concentrons entièrement sur le bureau, et nous croyons que les utilisateurs méritent un environnement de première classe. Aucune phablette ici ! » (We focus completely on the desktop, and believe users deserve a first-class desktop experience. No phablets here!)

Vous l’aurez compris, ils reprochent au projet GNOME un certain côté tablette, avec ses grosses icônes, et pensent qu’il est donc préférable de proposer un bureau plus classique, avec un menu traditionnel, une liste d’applications ouvertes au bas de l’écran…

Oui mais, GNOME propose également un mode classique, me direz-vous encore. Il est vrai. Peut-être que l’environnement proposé par Solus est un poil plus joli. Je ne sais pas. Il semble en tout cas avoir déjà conquis une partie du public, comme peuvent en témoigner les tests de Frederic Bezies ou d’Angristan. En ce qui concerne son thème, EvoPop, vous pouvez sans problème l’installer séparément.

N’a-t-il réellement rien d’autre à proposer ? Pour le moment, non. Quasiment toutes les applications sont celles de GNOME, que ce soit le terminal, le visionneur d’images ou de documents, l’éditeur de texte, la calculatrice, le gestionnaire de fichiers, le moniteur système, les paramètres… tous les outils sont des applications GNOME. Les seuls choix qui diffèrent concernent le navigateur; Firefox ayant remplacé Web, ainsi que le lecteur de vidéos, pour lequel ils ont préféré VLC.

Ensuite, il n’y a pas non plus d’équivalent aux fonctionnalités de recherche de GNOME Shell. Autant ce dernier permet de trouver des applications (y compris celles qui ne sont pas installées), d’effectuer directement des opérations arithmétiques sans avoir besoin de lancer la calculatrice, de trouver facilement fichiers ou documents, d’accéder rapidement à ses contacts, aux événements de son agenda, d’obtenir l’heure d’une ville, de connaître la météo, de pouvoir effectuer des recherches dans son historique web, de trouver facilement des caractères spéciaux… autant du côté de Budgie, c’est le néant absolu. Tout juste si le menu permet de trouver des applications, mais uniquement celles qui sont déjà installées.

Si on continue la comparaison avec le mode activités de GNOME, bien qu’une applet soit disponible dans les Budgie Settings pour pouvoir bénéficier des bureaux virtuels, il n’y a qu’un espace de travail par défaut. Et vous ne pourrez pas non plus faire des recherches par mots clés. De rechercher dns ne vous trouvera pas l’outil de configuration réseau, ou zip le gestionnaire d’archives.

En parlant d’applications, d’avoir choisi de concevoir un système depuis zéro permet une totale liberté, mais également une incroyable dispersion d’efforts, puisque ça oblige les développeurs à réinventer la roue, ainsi qu’à empaqueter eux-mêmes les mêmes applications qu’on peut retrouver sur d’autres distributions bien établies. Pour résumer, sorti des applications GNOME et de deux ou trois applications tierces (Firefox, Thunderbird, Transmission, HexChat et VLC), il n’y a quasiment rien de disponible. Et je ne parle pas uniquement des applications par défaut, mais bel et bien de ce que vous pouvez installer. Et ça a beau être une beta, leur équipe ne changera pas pour autant après la sortie de la version finale.

Mais il paraît que c’est super léger et incroyablement véloce ? Oui et non. Pour rappel, ça utilise les technologies GNOME, ainsi que les applications GNOME. La différence ne sera donc pas flagrante par rapport à ce dernier. Tout comme GNOME, au démarrage il ne consomme quasiment rien en mémoire (160 Mo lors de mon test). Mais tout comme GNOME, la consommation grimpera avec le temps. Après avoir lancé deux ou trois petites applications (un terminal, une calculatrice et un gestionnaire de fichiers), la consommation passe à 250 Mo. Puis si vous vous mettez à en avoir une réelle utilisation, en lançant Firefox et vos applications habituelles, vous retrouverez finalement, à peu de choses près, la même utilisation mémoire que sous GNOME. Au niveau de la réactivité, possédant un processeur Intel i7-4770, 16 Go de RAM et un disque de type SSD, je n’ai constaté strictement aucune différence avec GNOME.

Ça peut s’utiliser au quotidien ? Pour le moment, clairement non. Il y a énormément de bugs et autres lacunes : le faible nombre d’applications (y compris du côté GNOME, n’ayant par exemple pas réussi à trouver l’application Contacts), l’installeur qui laisse le clavier en qwerty malgré le choix du français, les outils d’accessibilité qui ne fonctionnent pas, l’incapacité à pouvoir lancer une nouvelle instance d’une application sans repasser par le menu applicatif, l’absence de fonctionnalités de recherche évoluées, le raccourci Alt-Tab permet uniquement de basculer sommairement d’une application à l’autre sur l’espace courant, mais sans représentation graphique; de demander à capturer une fenêtre vous mettra tout de même une partie du fond d’écran dans la foulée, le faible nombre d’applets disponibles, le système de notifications particulièrement basique…

Et encore, je ne l’ai pas non plus testé sur une longue période. On doit pouvoir trouver des bugs à la pelle.

Le Software Center

On peut également se poser la question de l’intérêt de développer de nouvelles applications, comme leur logithèque, le Software Center, dont l’ergonomie et le classement des applications laisse à désirer, qui affiche pêle-mêle applications graphiques ou en ligne de commande, et qui ne propose à l’utilisateur ni descriptions des différentes applications, ni captures d’écran, ni licences… On est bien loin d’un Logiciels.

Maintenant, tout dépendra de ce qu’apporteront les futures betas, aussi bien en terme de corrections de bugs, que de réelles nouvelles fonctionnalités innovantes qui pourraient le démarquer de GNOME.

En attendant, ça reste plutôt léger. Si vous aimez GNOME, la simplicité et l’ergonomie de ses applications, mais que vous n’arrivez pas à vous satisfaire du mode classique et que vous n’arrivez pas non plus à configurer le mode traditionnel pour qu’il puisse répondre à vos besoins, ça peut éventuellement valoir le coup. Mais pour le moment, j’ai franchement du mal à voir la plus-value.

Pour être franc, je pense qu’il aurait été plus productif de développer et maintenir convenablement quelques extensions pour GNOME, ce qui aurait permis d’obtenir plus rapidement un résultat plus fonctionnel et moins bugué.

Sortie de la RC2 de Fedora 22

La deuxième release candidate est sortie aujourd’hui, et si tout va bien, la version finale devrait sortir le 26 mai.

Pour rappel, les principales nouveautés de la version workstation sont l’arrivée de GNOME 3.16, GCC 5.1 devient le compilateur par défaut, DNF remplace Yum comme gestionnaire de paquets, le support de l’Unicode passe à la version 7.0 (qui apporte 8000 nouveaux caractères)…

Pour la liste complète des nouveautés, vous pouvez consulter le wiki de Fedora.

N’hésitez donc pas à tester, et à rapporter les éventuels bugs que vous rencontreriez.

Test de Debian 8.0 « Jessie »

Bannière Debian JessieDebian est l’une des plus vieilles distributions GNU/Linux encore en activité, tout en étant reconnue pour le soin tout particulier qu’elle apporte à son système, ainsi qu’à la sécurité et la stabilité de ce dernier.

Mais qui dit stabilité, dit logiciels éprouvés. Debian ne proposera donc jamais les toutes dernières versions des différents environnements de bureau et autres applications, et se destine avant tout aux particuliers ou entreprises qui recherchent un système fiable, et la tranquillité qu’il procure. Avec Debian, il n’y a que très rarement de mauvaises surprises.

Chaque nouvelle version de Debian, qui sort en moyenne une fois tous les deux ou trois ans, est donc un petit événement en soi.

Installation

Il y a beaucoup à dire sur l’installeur de Debian, qui est particulièrement complet. Pour ne pas dire beaucoup trop. Il y a fort à parier que dans certaines situations bien particulières, de toutes les distributions, seul l’installeur de Debian puisse permettre de s’en sortir. Mais voilà, ce n’est pas ce que recherchent la plupart des utilisateurs, qui ont besoin de quelque chose de simple et rapide à mettre en place.

Première constatation, Jessie ne dispose pas, de base, d’un mode live CD. Si l’utilisateur souhaite pouvoir se faire une première idée de tel ou tel environnement de bureau, de vérifier l’offre logicielle disponible ou le bon fonctionnement de son matériel, il devra récupérer des images séparément.

Pour en revenir à l’installation elle-même, sans être particulièrement compliquée (chaque phase étant plutôt bien bien expliquée et en français), ce sont surtout les trop nombreuses questions, ainsi que le fait que l’installeur ne recherche pas particulièrement à deviner quoi que ce soit par lui-même, ou de prendre la moindre décision qui pourrait simplifier la tâche de l’utilisateur, qui rend la procédure longue et rébarbative.

Une fois démarré sur le CD, plusieurs choix s’offrent donc à l’utilisateur : Install, qui correspond au vieux mode Ncurses. Pratique pour une installation sur un serveur distant, mais qui risque de rebuter bien des gens. Ensuite Graphical install, qui correspond au mode graphique, plus joli, et qu’on aurait aimé voir comme choix par défaut. Et pour finir, Install with speech synthesis, qui correspond au mode avec synthèse vocale, à destination des aveugles et mal voyants.

Nous commençons donc notre longue série de questions, en commençant par choisir notre langue, suivi du pays, puis de la disposition du clavier. Pendant tout le processus d’installation, chaque question aura droit à son propre écran explicatif séparé. Ce qui nous en fait déjà trois. On enchaîne sur la configuration réseau, avec le nom de la machine, suivi du nom de domaine. Personnellement, je trouve cette dernière question complètement superflue pour la majorité des gens.

Vient ensuite la création du compte administrateur. Si vous ne souhaitez pas gérer deux comptes distincts et que vous préférez utiliser sudo depuis votre compte courant pour les différentes tâches nécessitant les droits administrateur, ne définissez pas de mot de passe, et passez directement à la question suivante.

Pour votre compte utilisateur, trois écrans distincts vous demanderont tour à tour, le nom complet, l’identifiant, puis votre mot de passe. Autre détail qui peut avoir son importance, même si c’est moins sûr d’un point de vue sécurité, aucune option n’est proposée pour tout de même voir ce que l’on tape lors des demandes de mots de passe.

Arrive le partitionnement : automatique pour un disque entier (recommandé pour les débutants), disque entier avec LVM, disque entier avec LVM chiffré, ou manuel. En choisissant le disque entier, un nouvel écran nous demande ensuite de bien sélectionner notre disque, et ce, même s’il n’y a qu’un seul et unique choix possible. Mais ce n’est pas tout. On nous demande ensuite si nous souhaitons une partition unique (recommandé pour les débutants), ou si nous préférons une partition /home séparée, voir des partitions /home, /tmp et /var séparées.

Malheureusement, aucune explication n’est donnée quant à l’intérêt de faire tel ou tel choix. Dans le cas d’une partition /home séparée, cela permet de faire la distinction entre le système et les données personnelles de l’utilisateur, ce qui simplifie grandement une éventuelle réinstallation du système ou le changement de distribution, sans que l’utilisateur n’ai particulièrement besoin de se préoccuper de ses données (hormis le fait de ne pas se tromper de partition).

Vous pensiez en avoir fini avec le partitionnement ? Eh ben non. On nous demandera ensuite de valider une option permettant de terminer le partitionnement et d’appliquer les changements, suivi d’un deuxième écran récapitulatif, qui demande à nouveau de bien vouloir confirmer. Écran qui sera, qui plus est, sans doute incompréhensible pour bien des gens.

Confirmation du partitionnement durant l’installation de Debian 8.0

Une fois notre partitionnement validé, le système de base s’installe. Mais notez bien qu’il ne s’agit que du système de base :)

Quelques paquets sont donc installés, avant que l’installeur ne nous demande si nous possédons d’autres CD ou DVD qu’il pourrait analyser. N’ayant pas téléchargé les huit CD proposés sur le site officiel, nous répondons par la négative. On nous demande alors si nous sommes d’accord pour compléter le contenu de notre CD, en téléchargeant les parties manquantes par le réseau, ce que nous acceptons.

Vient donc le choix du pays, histoire de bénéficier d’un miroir proche de chez nous, suivi d’une longue liste de miroirs disponibles. N’ayant aucune idée de leurs débits respectifs, nous nous contentons donc du premier. Et là, Debian, fidèle à elle-même, ne peut s’empêcher de nous demander si nous souhaitons configurer un serveur proxy pour pouvoir accéder à ce miroir.

Alors qu’ils auraient très bien pu s’échanger quelques paquets tout seul dans leur coin, pour vérifier si oui ou non le serveur était bel et bien accessible, et ainsi savoir s’il y avait réellement besoin d’un proxy.

L’installeur télécharge et configure quelques paquets durant une trentaine de secondes, avant de nous demander si l’on souhaite participer au popularity contest. Ce dernier consistant à envoyer des statistiques anonymes sur les applications que l’on utilise, dans le but d’aider Debian à choisir quels paquets placer sur le premier CD de la distribution. Même si j’en comprends l’intérêt, ils auraient très bien pu poser la question quelques jours plus tard, une fois la distribution installée, et que l’utilisateur aura sans doute l’esprit plus tranquille.

Je vous rassure, on approche de la fin. Il est désormais temps de choisir son environnement de bureau. Bien que GNOME soit listé en premier (suivi de Xfce, KDE, Cinnamon, MATE, LXDE), aucun environnement n’est pré-sélectionné. Il n’y a aucune capture d’écran, et aucune description pour aider l’utilisateur à faire tel ou tel choix. Dans ce même écran, l’utilisateur peut également choisir d’installer un serveur web, un serveur d’impression (coché par défaut), un serveur SSH, ainsi que les utilitaires usuels du système (coché également).

Bien évidemment, nous optons pour GNOME, et l’installation peut « enfin » commencer. Cette dernière est plus ou moins longue, selon la vitesse de votre connexion Internet.

Une fois tous les paquets installés, l’installeur tente de détecter si le système est seul à bord ou si vous aviez fait une installation en multiboot, et vous propose d’installer le chargeur d’amorçage (GNU GRUB) en conséquence. Ne vous inquiétez pas, il vous demandera bien sur quel périphérique vous souhaitez l’installer… et ce, même s’il n’y a là encore, qu’un seul choix possible.

Ça y est. C’est enfin installé. Ce fut long et laborieux, et on est bien loin des deux ou trois questions posées par Ubuntu ou Manjaro, qui ont chacune leur propre installeur. Maintenant, je ne dis pas que celui de Debian est à jeter. Juste que toute cette procédure aurait dû correspondre à un mode expert, et que nous aurions du avoir, nous aussi, seulement deux ou trois questions, dans un mode graphique par défaut.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 3.16.0, ainsi que systemd 215. Aucun outil graphique ne semble fourni pour simplifier l’installation de pilotes de périphériques propriétaires. Je vous invite donc à consulter le wiki francophone de Debian pour connaître la marche à suivre.

Synaptic 0.8.12

Au niveau de l’installation des paquets, Logiciels n’est malheureusement pas présent, et il faudra donc vous contenter de Synaptic ou de Paquets, l’ancêtre de Logiciels, également développé par Richard Hughes ;)

Environnement

Il ne s’agit que d’un « vieux » GNOME 3.14.2, mais ne boudons pas notre plaisir. La précédente Debian stable ne proposait qu’un antique GNOME 3.4.2. On peut donc dire qu’ils reviennent de loin :)

Comme indiqué précédemment, Logiciels n’est pas disponible dans Jessie, et ne le sera pas avant la prochaine Debian stable, qui devrait sortir d’ici deux ou trois ans (mais déjà disponible dans testing, pour les plus impatients). Plus étonnant, Météo ne semble pas non plus disponible, et Brasero, le logiciel de gravure, ne dispose que d’une ancienne version 3.11.

Au niveau des logiciels pré-installés, en plus des applications GNOME, nous retrouvons le navigateur Iceweasel 31.6.0 ESR (version Debian de Firefox), le client de messagerie Evolution 3.12.9, la suite bureautique LibreOffice 4.3.3.2, le lecteur de musique Rhythmbox 3.1, le client BitTorrent Transmission 2.84, ainsi que Gimp 2.8.14 et Inkscape 0.48.5.

Le thème Lines, par Juliette Belin

Au sujet du thème, notons que pour le chargeur d’amorçage, l’écran de connexion et le fond d’écran, il est l’œuvre de la française Juliette Belin. Tandis que pour les fenêtres et les icônes, on retrouve le classique thème officiel de GNOME, Adwaita. Si vous êtes intéressés par le travail de Juliette, elle avait donné une Mini Conférence Debian à ce sujet, en avril 2015.

Et pour conclure sur la configuration de l’environnement, en dehors des fichiers musicaux qui sont associés par défaut à l’application Vidéos, ce qui n’est sans doute pas le choix le plus judicieux quand on sait que Rhythmbox est pourtant bien installé, tout le reste donne l’impression d’un produit propre et fonctionnel.

Conclusion

Si on fait abstraction de l’installation qui peut paraître rebutante mais qui n’est finalement pas si compliquée, du fait de devoir installer manuellement des pilotes de périphériques propriétaires si l’utilisateur n’a pas un Wi-Fi fonctionnel par défaut ou qu’il aimerait bien pouvoir jouir au mieux des performances offertes par sa carte graphique… sans oublier, bien évidemment, toutes les applications désuètes proposées par Debian, cette distribution reste une valeur sûre.

Je reconnais que je donne l’impression de dépeindre un mauvais tableau, mais nombre de personnes recherchent justement cette stabilité et cette tranquillité d’esprit, que seul Debian peut offrir. Parce qu’une fois la distribution installée et configurée, plus de mauvaises surprises, vous obtenez un système sûr et robuste que vous pourrez garder de nombreuses années.

À ce sujet, notons que Debian assure désormais un support long de ses distributions, d’une durée d’au moins cinq ans. Jessie devrait donc être supportée jusqu’au mois de mai 2020.

Maintenant, ceux qui préfèrent un système plus moderne et dans l’air du temps, mais avec potentiellement plus de problèmes, se dirigeront plutôt vers Fedora ou toute autre distribution basée sur Arch Linux.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.04

Installation d’Ubuntu GNOME 15.04

La dernière Ubuntu GNOME est sortie le 24 avril dernier, mais comme je ne porte pas particulièrement Canonical Ltd. et Ubuntu dans mon cœur, et qu’il n’y a finalement pas grand-chose à dire sur cette distribution, je n’ai pas jugé utile d’en faire un test approfondi.

Installation

L’installation se déroule sans problème. Ubuntu a longtemps excellé dans ce domaine, mais de nos jours, on retrouve désormais le même type d’installeur, tout aussi simple et ergonomique, sur un certain nombre d’autres distributions. Mais ça fait bien son boulot, et c’est bien là le principal.

Notons qu’après avoir choisi la langue souhaitée, dès le deuxième écran, on nous propose de cocher deux cases, pour télécharger les mises à jour pendant l’installation, mais surtout, pour installer un certain nombre d’éléments propriétaires (Flash, codecs multimédia, pilotes de périphériques pour cartes graphiques et Wi-Fi…), dans le cas où vous souhaiteriez une expérience utilisateur la plus fonctionnelle possible, sans avoir à batailler par vous-même.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 3.19.0, ainsi que systemd 219. Au niveau des pilotes de périphériques propriétaires, depuis le shell de GNOME, que vous recherchiez driver ou pilote, l’outil pour installer facilement des pilotes additionnels vous sera bien proposé, ce qui est une bonne chose. Par contre, au niveau du gestionnaire de paquets, c’est la vieille logithèque Ubuntu qui est proposée, et non Logiciels, que je trouve pourtant bien plus ergonomique.

Et c’est d’ailleurs une des raisons qui fait que je n’aime pas Canonical, qui a développé une logithèque qui ne peut être utilisée que par Ubuntu, comme à peu près tout ce qu’ils font. Et je ne parle pas uniquement du logiciel en lui-même, mais de toutes les données qui lui sont nécessaires (descriptions, captures d’écrans, notations…). Heureusement que Debian, Red Hat, GNOME, KDE… ont travaillé de façon conjointe pour créer la norme AppStream, dont les fichiers AppData seront fournis en amont, avec les sources des différentes applications. Ce qui permettra au final, de pouvoir être repris par toutes les logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon sous KDE…), et ce, peu importe la distribution utilisée.

C’est tout de même mieux de jouer en équipe, de collaborer et de faire progresser le logiciel libre dans son ensemble.

Environnement

Il s’agit d’un « vieux » GNOME 3.14.4. Le bon point, c’est qu’après plusieurs versions à ne proposer que des applications GNOME d’un autre âge, hormis Contacts et GNOME Bluetooth qui sont étrangement restés en version 3.8, toutes les autres applications ont bien été mises à jour en version 3.14.

Néanmoins, bien que disponibles depuis la logithèque, un certain nombre d’entre elles ne sont pas installées par défaut : Horloges, Logiciels, Machines, Musique, Photos, Web… sont ainsi manquantes.

Vous aurez par contre droit au navigateur Firefox 37.0, le client de messagerie Evolution 3.12 (même si, à défaut de Geary, j’aurai sans doute préféré Thunderbird), la suite bureautique LibreOffice 4.4, le client de messagerie instantanée Empathy 3.12, le lecteur de musique Rhythmbox 3.1 et le gestionnaire de photos Shotwell 0.20.2

Au niveau du thème, c’est Adwaita, l’officiel de GNOME, qui est présent par défaut. Y compris pour le fond d’écran. Pour ceux qui préfèrent tout de même quelque chose de plus coloré, le thème Numix et les icônes Humanity sont également pré-installés. Le changement pouvant s’effectuer depuis l’Outil de personnalisation.

Conclusion

Puisque il ne s’agit pas d’une version LTS avec support long (il n’est que de neuf mois ici), et qu’elle n’a qu’une vieille version de GNOME à proposer, j’ai bien du mal à trouver un quelconque intérêt à cette Ubuntu.

Le seul auquel je pense, et je trouve bien triste qu’on en soit arrivé là, c’est que la plupart des gens n’aiment pas avoir trop de choix, et tout le monde s’est mis à installer la même chose.

Maintenant, à force de voir les médias ne parler que d’Ubuntu, de voir les éditeurs de logiciels propriétaires ne supporter qu’Ubuntu (paquets souvent disponibles uniquement pour Ubuntu, Steam qui ne liste qu’Ubuntu dans les configurations requises…), de voir les fabricants confondre Linux et Ubuntu, fait qu’au final, ça sera sans doute avec Ubuntu que monsieur tout le monde aura le moins de problèmes.

Donc voilà, si vous adorez les jeux et autres applications propriétaires, et que vous souhaitez un environnement un peu moins vieux que ce qui était présent dans la version LTS (pour rappel, GNOME 3.10.4), alors cette Ubuntu vous conviendra sans doute. Pour les autres, on trouve bien mieux ailleurs.

Test d’Antergos 2015.04.12

Antergos est une distribution de type rolling release, basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

À l’inverse de Manjaro, qui possède ses propres dépôts logiciels, qui font tampon avant de proposer les mises à jour en provenance d’Arch, histoire d’éviter de potentiels problèmes causés par des programmes trop récents et pas encore suffisamment testés, Antergos utilise directement les dépôts d’Arch. Vous vous retrouverez donc bel et bien avec Arch, et bénéficierez des mêmes mises à jour, au même moment.

Installation

Antergos démarre tout d’abord en mode live CD, ce qui permet de tester la compatibilité du matériel, et de se faire un premier avis avant de lancer l’installation.

La distribution utilise l’installeur Cnchi dans sa version 0.8.16 et, hormis quelques menus détails, comme les textes qui n’ont pas été entièrement traduits (même sans parler anglais, l’utilisateur ne devrait pas avoir trop de problèmes à s’en sortir), est finalement plutôt bien conçu. Il propose quelques fonctionnalités intéressantes, et ne m’a pas posé le moindre souci.

Sélection de l’emplacement

Bien que GNOME soit l’environnement de prédilection d’Antergos, d’autres environnements de bureau, tels que Cinnamon, KDE 4, MATE, Openbox ou Xfce, sont également proposés.

Choix de l’environnement de bureau

L’installeur propose ensuite de choisir éventuellement Firefox comme navigateur par défaut (dans le cas contraire, ça sera Chromium qui sera installé), d’installer ou non la suite bureautique LibreOffice et des polices additionnelles, un pare-feu, ainsi que le support de l’impression, du Bluetooth et des partages Windows.

Nous pouvons également choisir d’activer le dépôt communautaire AUR. Néanmoins, même sans avoir été activé durant l’installation, il l’était tout de même dans le gestionnaire de paquets une fois la distribution installée.

Sélection des fonctionnalités

Nous avons ensuite droit aux traditionnelles demandes concernant la langue, le fuseau horaire ou la disposition du clavier. En ce qui concerne le partitionnement du disque (automatique ou manuel), nous pouvons en profiter pour chiffrer la partition et utiliser LVM, ce qui permet de créer des instantanés ou de pouvoir modifier plus facilement la taille des partitions. Nous pouvons également placer le répertoire /home dans une partition ou un volume différent, ce qui permet de séparer nos données personnelles du reste du système.

Type d’installation

Il ne reste plus qu’à définir notre nom d’utilisateur, mot de passe, choisir si l’on souhaite se connecter automatiquement sans demande d’identification, et l’installation peut commencer. Les éventuelles mises à jour étant effectuées directement au moment de l’installation, une fois cette dernière terminée, vous aurez le système le plus à jour qui soit ;)

Système

À l’inverse d’une Manjaro qui préfère jouer la carte de la sécurité en proposant un noyau Linux avec support long (LTS), Antergos propose la même version que Arch, à savoir le 3.19.3 au moment d’écrire ces lignes. Il n’y a pas non plus de driver propriétaire pour les cartes graphiques nVidia, et pas non plus d’outil pour faciliter leur installation.

Je n’ai pas non plus remarqué la présence de logiciels propriétaires, tels que le plugin Flash ou Steam, ce qui n’est pas plus mal.

Pour l’installation des logiciels, c’est le gestionnaire de paquets Pamac qui est proposé.

Environnement

GNOME 3.16 avec les thèmes Numix Frost Light et Numix-Square

Antergos utilise par défaut le thème Numix Frost Light, ainsi que les icônes Numix-Square. C’est très coloré, mais faut aimer.

Si vous préférez le thème officiel de GNOME, Adwaita, ce dernier étant également installé, vous pourrez facilement basculer dessus depuis l’Outil de personnalisation.

L’extension Dash to Dock est également installée, et permet d’avoir le dock continuellement visible sur le côté gauche de l’écran, et plus uniquement dans le mode activités. Dock qui se cache néanmoins quand une application se rapproche du côté gauche, ou que l’on passerait en plein écran.

Au niveau des logiciels, on retrouve la plupart des applications GNOME, même si un certain nombre d’entre elles n’ont malheureusement pas été pré-installées (Agenda, Caractères, Horloges, Logiciels, Machines… et pas non plus de client mail). Par contre, nous avons bien Photos et Musique, même s’il m’a été impossible de démarrer cette dernière, toutes mes tentatives se soldant inlassablement par une Erreur de segmentation. Je ne saurais donc que trop vous conseiller de remplacer ces deux logiciels par gThumb et Lollypop.

Plus ennuyeux, l’aide en ligne des différents logiciels n’a pas non plus été installée. Et à ce niveau, je pense que le mieux à faire, c’est de compléter l’installation de GNOME, en installant les deux paquets gnome et gnome-extra, qui installeront tous les programmes manquants, ainsi que la documentation.

sudo pacman -Sy gnome gnome-extra

Et pour finir, même si ça peut paraître anecdotique, le gestionnaire de connexion de GNOME, GDM, a été remplacé par LightDM. Le bouton pour verrouiller l’écran n’est donc plus accessible dans le menu GNOME, mais à l’aide d’une extension dans la barre supérieure.

Conclusion

Hormis le thème qui ne plaira pas à tout le monde, ou le fait que l’installation de GNOME ne soit pas des plus complètes, ces deux inconvénients se règlent finalement assez rapidement.

À l’arrivée, nous obtenons tout de même une distribution Arch que l’on peut qualifier d’authentique, et qui se trouve être désormais à la portée du plus grand nombre.

Arch étant pour moi, dans le cas d’une utilisation personnelle, l’une des meilleures distributions qui soit, je peux aisément conseiller cette Antergos à tous ceux qui seraient rebutés par l’installation d’Arch en ligne de commande.

Et contrairement à nombre de distributions dérivées, dont on se demande si elles existeront encore le mois prochain, en ayant les dépôts d’une distribution majeure, dont le développement se fait en continu, vous n’avez rien à craindre de ce côté :)