Sortie d’Ubuntu GNOME 17.04

Ubuntu GNOME 17.04 (Zesty Zapus) vient de sortir. Et pour le coup, cette version a une saveur particulière, puisque ça devrait être la dernière version. Comme annoncé la semaine passée, Ubuntu a décidé d’abandonner son environnement de bureau Unity au profit de GNOME; le changement devant s’effectuer pour la version 18.04 LTS. On pouvait donc se poser la question de l’avenir d’Ubuntu GNOME, mais comme on pouvait s’en douter, et c’est confirmé dans l’annonce de sortie, les équipes seront fusionnées, Ubuntu GNOME laissant sa place à Ubuntu dès la version 17.10.

Et chose incroyable, depuis l’apparition de GNOME 3.0 il y a six ans de cela, c’est bien la toute première fois qu’Ubuntu propose la dernière version de GNOME. Pire encore, ils proposent cette toute nouvelle version 3.24 avant Arch Linux, distribution en publication continue pourtant prompte à proposer rapidement les dernières nouveautés.

Le mode Activités

Mais vous vous doutez bien qu’Ubuntu oblige, il reste tout de même quelques modules non mis à jour. Fichiers et Terminal n’étant proposés qu’en version 3.20, Logiciels l’Éditeur de texte et le backend Evolution (utilisé entre autre par Agenda et Contacts) en version 3.22. C’est surtout dommage pour Fichiers, qui ne bénéficie donc pas du renommage de fichiers multiples, de la décompression transparente des archives, de la simplification des menus ou de l’accès plus facile et plus sûr à des fichiers ou dossiers dont l’accès est normalement restreint en demandant un mot de passe. Toutes ces nouveautés étant apparues dans les versions 3.22 et 3.24.

Pour le reste, on a bien droit à un GNOME tout ce qu’il y a de plus classique. On notera tout de même que bien que Wayland soit proposé au moment de l’authentification de l’utilisateur, c’est bien X.org qui est utilisé par défaut pour la gestion de l’affichage.

Lors de la première connexion, nous avons droit à l’outil de configuration initiale, nous permettant ainsi de choisir la disposition du clavier, d’indiquer si l’on souhaite désactiver la géolocalisation (utile à un certain nombre d’applications GNOME, telles que Cartes, Météo ou le mode nuit), pour finir sur la configuration d’éventuels comptes en ligne (Google, Nexcloud, Microsoft, Facebook…).

Le bureau

Une fois sur le bureau, on se retrouve avec un GNOME quasiment vanilla. Le thème Adwaita est bien utilisé (aucun autre thème n’est pré-installé) et aucune extension n’est activée.

Au niveau des applications par défaut, on retrouve la plupart des applications GNOME : Agenda, Caractères, Cartes, Contacts, Éditeur de texte, Logiciels, Météo, Photos, Vidéos, Visionneur d’imagesMusique est bien installé, mais c’est Rhythmbox qui est présent dans le dock. Horloges, Recettes, Jeux ou Machines ne sont quant à eux pas installés par défaut, mais sont bien présents dans la logithèque.

En ce qui concerne le navigateur web, GNOME Web laisse encore une fois sa place à Firefox. Puis j’imagine que les clients de messagerie sont devenus désuets depuis l’avènement des webmail, puisque l’on ne trouve aucune trace d’Evolution, de Thunderbird ou encore de Geary. Pour la suite bureautique, il s’agit bien évidemment de l’inévitable LibreOffice. Et pour le client BitTorrent (est-ce réellement encore utile ?), il s’agit de Transmission.

Pour finir sur le système de base, nous avons droit à un noyau Linux 4.10.0, Mesa 17.0.3, X.Org 1.19.3 (ainsi que Wayland 1.12 en option), systemd 232, PulseAudio 10.0 et BlueZ 5.43

Plus concrètement, en plus des nouveautés apportées par GNOME 3.24, telles que l’apparition d’un mode nuit, la révision de certains modules du centre de contrôle (Imprimantes, Comptes en ligne et Utilisateurs), la zone de notifications améliorée, l’apparition d’une vue hebdomadaire dans Agenda et bien plus encore… on peut citer la prise en charge du mode Turbo Boost Max 3.0 des processeurs Intel ou les spécificités des nouveaux processeurs Ryzen d’AMD, des corrections pour le HDMI avec les processeurs Skylake, une amélioration générale de la consommation pour les ordinateurs portables, une meilleure gestion des imprimantes, aussi bien au sein de GNOME, que de la prise en charge des modèles Apple AirPrint ou IPP Everywhere.

Une autre nouveauté qui a beaucoup fait parler concerne la disparition de la partition swap au profit d’un fichier d’échange, les machines modernes étant pourvues de suffisamment de mémoire vive. Un tel fichier est bien plus facile à redimensionner et ne monopolise plus une partie du disque dur ou du SSD quand ce n’est pas nécessaire. Néanmoins, si vous optez pour le chiffrement de vos données, une partition swap sera bel et bien utilisée.

Mais pour en revenir à l’environnement de bureau, hormis quelques modules non mis à jour, on se retrouve bel et bien avec un GNOME quasiment vanilla. Et on en vient presque à regretter qu’il n’y ait finalement pas la moindre personnalisation. Mark Shuttleworth ayant confirmé qu’il en sera de même de l’Ubuntu 18.04 LTS (comment pourrait-il en être autrement, après le licenciement d’une grosse partie de l’équipe en charge de l’environnement de bureau…), on pourra donc se poser la question de l’intérêt d’opter pour une Ubuntu sans personnalité, au milieu d’une foultitude d’autres distributions proposant déjà la même chose.

Concept de ce qu’aurait pu donner la future Ubuntu, par Jovan Petrović

Pour les entreprises ou les particuliers n’aimant pas subir trop régulièrement des changements, il restera bien la version LTS, qui dispose d’un support de cinq ans. Pour les autres, il sera sans doute préférable d’opter pour Fedora, qui bénéficie d’une équipe des plus active en ce qui concerne l’ajout de nouvelles fonctionnalités ou sa capacité à proposer une intégration parfaite de GNOME.

D’autant plus que les deux distributions prennent désormais en charge aussi bien l’une que l’autre les trois formats de paquets concurrents que sont AppImage, Snap et Flatpak, qui permettent à l’utilisateur de pouvoir installer ses applications sans avoir besoin de se soucier de la distribution, de l’environnement de bureau ou des bibliothèques utilisées.

La différence se jouant désormais sur la fiabilité, la qualité de l’intégration et des finitions, la rapidité et la compétence des équipes en charge de la sécurité ou la durée de la prise en charge.

Ubuntu proposera bien un GNOME à la vanille :)

Après la récente décision de Mark Shuttleworth d’abandonner leur environnement Unity au profit de GNOME, on pouvait se poser la question de savoir s’ils proposeraient un GNOME vanille, à savoir une version de GNOME non modifiée, telle que proposée et voulue par le projet GNOME, ou si Ubuntu comptait le modifier en y ajoutant par exemple des extensions dans le but de proposer leur propre vision, comme de tenter de transposer l’expérience Unity sous GNOME.

Mais lors d’un récent échange avec les utilisateurs sur son compte Google+, Mark Shuttleworth se veut rassurant :

« Nous investirons dans Ubuntu GNOME dans le but de fournir un bureau fantastique entièrement-GNOME. Nous aiderons l’équipe Ubuntu GNOME sans chercher à créer quelque chose de différent ou de concurrentiel. Bien que je sois passionné par les idées de conception derrière Unity, et j’espère que GNOME y sera plus ouvert maintenant, je pense que nous devons respecter la vision du projet GNOME en proposant un bureau GNOME tel que voulu par le projet. »

Par contre, à la question de savoir si Ubuntu comptait contribuer activement au projet GNOME, nous avons droit à une réponse plutôt évasive :

« Il existe toujours une équipe dédiée à l’environnement de bureau, concentrée sur la fourniture d’un bureau de grande qualité, utilisable par tout un chacun. »

Ce qui ne nous renseigne guère sur le type de contributions. Participeront-ils au développement de nouvelles fonctionnalités, de nouvelles applications, ou est-ce que leur travail se limitera à de l’intégration, corrigeant seulement quelques bugs par-ci par-là. Même si, on est d’accord, c’est toujours bon à prendre ;-)

Mais c’est sans compter sur l’intervention de Carlos Soriano, le mainteneur de Fichiers, qui revient à la charge en lui demandant d’être un peu plus précis. Carlos souhaitant savoir si les contributions d’Ubuntu se feront upstream, comme le font déjà SUSE, Endless ou Fedora (pour ne citer qu’eux), en interagissant sur Bugzilla, en soumettant des patchs… ou s’il s’agira surtout d’une simple intégration.

Ce à quoi Mark répond qu’il « laissera Sebastien Bacher et les autres [NDLR: de l’équipe environnement de bureau d’Ubuntu ] décider de la meilleure façon d’aider Ubuntu GNOME. Nous faisons beaucoup de travail en amont, mais notre véritable objectif est l’expérience utilisateur final, ce qui implique de bien faire les choses au niveau de la distribution, puisque c’est ce que les utilisateurs utilisent. »

Je vous laisse en tirer vos propres conclusions, mais à mon avis, il y a peu de chance de voir des contributions conséquentes en provenance d’Ubuntu.

Néanmoins, ça reste une bonne nouvelle. Qu’on le veuille ou non, Ubuntu est de loin la distribution la plus utilisée, la plus populaire auprès du grand public. GNOME redeviendra donc de facto l’environnement le plus utilisé et aura sans doute droit à de nombreux nouveaux contributeurs parmi tous ces utilisateurs. Autre point important, toutes les grandes distributions (Debian, Red Hat, Fedora, SUSE et maintenant Ubuntu) proposent GNOME par défaut. Pour les éditeurs tiers, aussi bien d’applications que de jeux vidéos, ça sera désormais GNOME qui sera testé en priorité, ce qui signifie une bien meilleure intégration et un meilleur suivi.

Ubuntu abandonne Unity 8 et revient vers GNOME

Dans un billet de blog, Mark Shuttleworth, fondateur d’Ubuntu et de Canonical, annonce mettre fin au développement d’Unity 8, de la téléphonie et de la convergence, tout en confirmant qu’Ubuntu 18.04 LTS utilisera bel et bien GNOME.

Le cas de Mir n’est pas évoqué, mais sachant que GNOME a clairement fait le choix de Wayland, j’imagine qu’ils abandonneront également le développement de ce dernier.

Et bien qu’il soit bien trop tôt pour en parler, j’espère qu’une telle décision signifiera l’emploi de développeurs à temps plein sur GNOME, Wayland et autres technologies libres nécessaires au bureau et qu’ils ne se contenteront pas d’utiliser ce qui est produit par la communauté, sans réellement y participer activement.

Si la convergence comptait autant pour Mark Shuttleworth, qui voyait en elle l’avenir, il faut espérer qu’il réalise que la possession d’un smartphone Ubuntu n’est pas un prérequis obligatoire pour pouvoir proposer une telle expérience, et que de développer un équivalent GNOME à KDE Connect, permettant de recevoir et d’envoyer des SMS directement depuis notre bureau, de voir apparaître les notifications de notre smartphone dans la zone de notification de GNOME, de pouvoir facilement transférer des fichiers dans les deux sens, de pouvoir verrouiller ou déverrouiller notre station selon que l’on s’approche ou que l’on s’éloigne d’elle avec notre smartphone en poche, et bien plus encore, sera déjà un grand pas en avant.

Et qu’avec un tel cadeau à la communauté, on sera particulièrement reconnaissant d’une telle contribution et qu’on arrêtera, à n’en pas douter, de troller comme quoi ils n’ont toujours fait que réinventer la roue sans jamais rien contribuer d’utile…

Logiciels remplacera la Logithèque Ubuntu

Logiciels 3.18

Canonical a récemment décidé de remplacer la Logithèque Ubuntu par celle de GNOME dans la prochaine Ubuntu 16.04 LTS, dont la sortie est prévue pour le mois d’avril 2016.

La Logithèque Ubuntu, qui n’a plus évolué depuis la version 13.10 sortie en octobre 2013, faisait régulièrement l’objet de critiques sur son utilisabilité ou sa lourdeur.

Lors d’un récent sondage OMG! Ubuntu!, 80% des sondés allaient même jusqu’à déclarer préférer installer leurs applications en ligne de commande plutôt que de passer par l’actuelle logithèque.

Mais la décision fut finalement prise lors du dernier Ubuntu Online Summit, où Will Cooke, chef de projet de l’équipe en charge du poste de travail, déclara qu’il était plus confiant dans leur capacité d’ajouter la prise en charge des Snaps dans Logiciels plutôt que dans la Logithèque Ubuntu, et qu’ils étaient donc bien partis pour faire le remplacement (We are more confident in our ability to add support for Snaps to GNOME Software Centre than we are to Ubuntu Software Centre. And so, right now, it looks like we will be replacing [the USC] with GNOME Software Centre).

D’ici là, il est également prévu que Canonical développe des greffons pour ajouter la prise en charge des notes et des commentaires utilisateurs qui avaient été ajoutés durant toutes ces années depuis l’ancienne logithèque, ainsi que celui des applications commerciales.

Sortie de Manjaro GNOME 15.09 R2

Fin septembre, les développeurs de Manjaro sortaient une nouvelle version de leur distribution, dont la numérotation suit désormais l’exemple d’Ubuntu en se basant sur l’année et le mois de sortie.

L’une des nouveautés étant qu’en plus de Thus, qui reste l’installeur graphique par défaut, cette version 15.09 propose désormais un second installeur, Calamares, qui se veut distribution-agnostique et dont le développement est bien plus actif. À n’en pas douter, il finira sans doute par remplacer Thus à terme.

Calamares 1.1.4.2

Ubiquity n’a plus l’apanage du simple et du joli ;)

En ce qui concerne notre environnement préféré, GNOME 3.18.1 n’est disponible que depuis quelques jours, mais les développeurs de Manjaro ont eu la bonne idée de créer un nouveau média d’installation, permettant ainsi de pouvoir facilement l’essayer, en faire la démonstration ou l’installer.

En plus de GNOME 3.18.1, nous avons droit à un noyau 4.1.11 LTS par défaut (la dernière version stable étant également disponible dans les dépôts), systemd 227, X.Org 1.17.2, Mesa 11.0.4 et Firefox 41.0.2.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.10

Ubuntu GNOME 15.10 (Wily Werewolf) vient de sortir.

Comme pour la précédente version, il s’agit principalement de correctifs et d’applications mises à jour. Rien de réellement nouveau, et la plupart des gens préféreront sans doute (ou du moins, ils devraient :) attendre la prochaine version LTS prévue pour le mois d’avril 2016.

On retrouve donc en partie GNOME 3.16, puisque Ubuntu préfère les versions éprouvées et refuse donc de proposer la dernière version de GNOME. Et en partie, puisque certaines applications, telles que Fichiers ou les Comptes en ligne, ne sont disponibles qu’en version 3.14. Pour le thème d’icônes ou le logiciel de gravure, nous avons droit à de vieilles versions 3.12. Mais la palme revient sans conteste à gedit, l’éditeur de texte, qui n’est proposé que dans une antédiluvienne version 3.10 qui ne proposait pas encore de barre d’en-tête.

Et bien que présentes dans la logithèque, les applications Agenda, Caractères, Horloges, Logiciels, Machines, Polari et Web ne sont pas pré-installées. L’application Musique est quant à elle bien présente, mais c’est Rhythmbox qui figure dans les applications favorites du dock. Et pour finir sur le gestionnaire de photos, nous noterons que Shotwell a été remplacé par Photos.

Ubuntu GNOME 15.10 et son vieux gestionnaire de fichiers

Pour une expérience vanilla, on repassera ;)

Pour le reste, nous retrouvons l’habituel navigateur Firefox dans sa version 41.0.2, la suite bureautique LibreOffice 5.0.2.2 ou le client BitTorrent Transmission 2.84. Et c’est à peu près tout pour les applications tierces.

Au niveau système, nous avons droit au noyau Linux 4.2.0, systemd 225, la bibliothèque graphique Mesa 11.0.2, le serveur X.Org 1.17.2, PulseAudio 6.0, ainsi que la pile Bluetooth BlueZ 5.35.

Conclusion

Comme pour la précédente version, vous aurez donc droit à une vieille version de GNOME, accompagnée de technologies plus ou moins vieilles. Alors, quitte à rester sur du vieux, il est sans doute préférable de privilégier des distributions stables et éprouvées comme Debian ou Ubuntu dans sa version LTS.

Quant à ceux qui rechercheront un système à jour et qui respecte l’expérience GNOME telle que souhaitée par le projet, ils se tourneront plutôt vers l’édition GNOME de Manjaro ou attendront la sortie de Fedora 23, qui est normalement prévue pour le début du mois de novembre.

Test de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Le tout, en misant également sur une meilleure stabilité en ne proposant pas trop rapidement les dernières nouveautés présentes dans Arch, et en privilégiant certains composants jugés plus stables.

Installation

Dès l’amorçage du média d’installation, nous avons tout d’abord le choix entre un démarrage standard ou accompagné de pilotes non libres. La distribution démarre ensuite en mode live CD, permettant ainsi à l’utilisateur de tester la compatibilité du matériel et de se faire une première idée avant de lancer l’installation.

Et comme pour la précédente version de Manjaro, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions, qui nécessitent malheureusement toujours l’utilisation d’un mot de passe que nous ne possédons pas. Nous pouvons donc nous poser la question de la pertinence de perturber inutilement les utilisateurs, sachant que nous sommes de toute façon toujours en mode live CD…

Une fois l’installation lancée, nous choisissons notre langue, avant que l’installeur ne nous rappel qu’il est toujours en version beta, et que le RAID, les sous-volumes Btrfs ou d’autres configurations avancées ne seront pas correctement gérées.

L’installeur de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Les boutons Close, Back et Forward, qui devraient normalement être traduits Fermer, Précédent et Suivant, sont étrangement nommés Pres / Retour / Avant, dont l’utilisateur peinera sans doute à comprendre la signification du premier, à moins de cliquer malencontreusement dessus.

Nous pouvons ensuite sélectionner notre emplacement géographique, notre fuseau horaire et la disposition du clavier (les deux derniers étant correctement pré-configurés en fonction du pays). Vient ensuite le type d’installation, qui nous permet de formater l’intégralité du disque ou de le partitionner, ainsi que de chiffrer notre partition, d’utiliser LVM ou de placer le dossier /home sur une partition ou un volume différent. Il ne reste plus qu’à créer un compte utilisateur, et l’installation se termine déjà.

Une fois le système redémarré et dès l’arrivée sur le bureau, rolling release oblige, le gestionnaire de mises à jour nous propose déjà 199 mises à jour, pour un total de 565 Mo.

Une seconde notification signale quant à elle la possibilité d’installer des traductions supplémentaires, incluant celle de Firefox et des dictionnaires francophones. Malheureusement, ils n’ont pas pensé à proposer également le paquet libreoffice-still-fr, que l’utilisateur devra installer manuellement s’il souhaite que la suite bureautique soit traduite en français.

Par contre, aucune trace de l’assistant de première utilisation de GNOME, qui aurait pourtant pu permettre à l’utilisateur de configurer ses paramètres de confidentialité et ses éventuels comptes en ligne.

Système

La distribution est livrée par défaut avec le noyau Linux 3.18.20 qui bénéficie d’un support long (LTS). Au besoin, le gestionnaire de paramètres de Manjaro permet d’installer facilement la dernière version stable, ainsi que d’anciennes versions LTS. Le gestionnaire de paramètres permet également d’installer tout aussi facilement les pilotes propriétaires, tels que ceux de la carte graphique.

La gestion des noyaux sous Manjaro

Nous avons par contre beaucoup plus de mal à comprendre l’intérêt d’autres options, telles que la gestion de la langue, des comptes utilisateurs, de l’heure et de la date; ou encore du clavier, qui font doublon avec ce que proposent déjà les paramètres de GNOME. Pire encore, la disposition du clavier est correctement configurée côté Manjaro, mais a été laissée en anglais côté GNOME. Et bien que ça ne semble avoir aucune incidence sur la configuration du système, il est tout de même perturbant de se retrouver avec deux centres de configuration, quand celui de GNOME est, qui plus est, bien plus complet et facilement accessible.

Pour le reste, la distribution suivant un développement en continu, elle propose les dernières versions de systemd (224 au moment du test), Mesa (10.6.5), et autres technologies sous-jacentes.

En ce qui concerne la gestion de paquets (installations et mises à jour), l’utilisateur devra passer par Pamac. Logiciels, l’équivalent GNOME, n’est malheureusement pas installé par défaut, avec tous les points négatifs que cela implique : les recherches directement depuis le shell ne sont pas permises, les notifications utilisent encore l’ancien tiroir de messagerie, il n’y a aucune mise en avant des applications utilisateur, les descriptions sont plutôt succinctes, il n’y a pas de captures d’écran… Mais rassurez-vous, l’application est tout de même disponible dans les dépôts. Qu’elle ne soit pas installée par défaut est simplement préjudiciable pour l’expérience utilisateur des nouveaux venus.

Nous noterons également qu’avec la mise à jour du 24 août et la toute nouvelle version 2.4.0 de Pamac, le dépôt communautaire AUR n’est désormais plus activé par défaut.

Et pour conclure sur une note plus positive, la lecture de médias utilisant des formats propriétaires est pleinement fonctionnelle.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.13.1

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 40.0.2, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.5 (Manjaro préférant rester sur la branche Stable plutôt que sur Evolution, qui est plus à jour mais potentiellement moins stable), ainsi que la quasi-totalité des applications GNOME. Hormis Logiciels, Machines et Web, elles semblent toutes présentes, et aucun autre ajout ou remplacement n’a été effectué.

Les seules exceptions étant le greffon Flash, ainsi que le client Steam, tous deux propriétaires, et dont la pré-installation du second reste toujours aussi problématique, quand il suffirait que les joueurs intéressés l’installent depuis les dépôts.

Niveau personnalisation, hormis le fond d’écran Manjaro, on reste sur une configuration qui se veut la plus proche possible de ce que souhaite le projet GNOME. On retrouve donc le thème officiel Adwaita (aucun autre thème n’est pré-installé), et les différentes options par défaut ne semblent pas avoir été modifiées.

Conclusion

Lors de mon précédent test de Manjaro GNOME, j’avais été confronté à plusieurs problèmes qui auraient aisément pu bloquer et décourager nombre de débutants. Mais avec cette nouvelle version, sans aller jusqu’au sans-faute, l’expérience est incroyablement plus positive. L’installation et les nombreuses mises à jour n’ont posé aucun problème, l’installation du dernier noyau stable ou des pilotes propriétaires est grandement simplifiée, et nous retrouvons un GNOME vanilla plutôt propre et complet.

Tout juste pouvons nous regretter que les différents choix de l’utilisateur durant la phase d’installation ne soient pas répercutés dans les paramètres de GNOME; que l’assistant de première utilisation de GNOME ne soit pas lancé, ou qu’une application telle que Logiciels, qui occupe pourtant une place de plus en plus importante chez GNOME, ne soit pas pré-installée.

Hormis ces quelques détails, cette version de Manjaro GNOME demeure un excellent cru, que nous pouvons sans problème conseiller.

Prise en charge d’AppStream par Debian / Kubuntu

Logiciels 3.16

Bonne nouvelle pour les utilisateurs de Debian (unstable), Kubuntu et Tanglu, Matthias Klumpp vient d’annoncer que la prise en charge d’AppStream était bien avancée et devrait être officiellement annoncée lors de la DebConf15, le rendez-vous annuel des développeurs Debian qui se tient cette année du 15 au 22 août 2015 à Heidelberg, en Allemagne.

Pour rappel, AppStream est la spécification Freedesktop permettant le partage des méta-données des différentes applications entre les distributions (descriptions, adresses des sites officiels, captures d’écran, licences…), qui peuvent être ainsi réutilisées par les différentes logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon Discover sous KDE…), tout en évitant la duplication d’efforts.

Matthias a également prévu de donner une conférence le 16 août pour expliquer ce que peut apporter AppStream à Debian (installation d’applications, mise à jour du système, mais également la mise à jour des firmwares UEFI…), tout en décrivant tout ce qui a déjà été accompli pour sa prise en charge.

Le futur de la distribution d’applications sous GNU/Linux devrait également y être abordé. Actuellement empaquetées par les différentes distributions, les applications devraient, à terme, pouvoir être distribuées par les développeurs eux-mêmes en employant le sandboxing (au travers de technologies telles que Limba et Xdg-App) pour qu’elles soient parfaitement isolées du reste du système.