Logiciels remplacera la Logithèque Ubuntu

Logiciels 3.18

Canonical a récemment décidé de remplacer la Logithèque Ubuntu par celle de GNOME dans la prochaine Ubuntu 16.04 LTS, dont la sortie est prévue pour le mois d’avril 2016.

La Logithèque Ubuntu, qui n’a plus évolué depuis la version 13.10 sortie en octobre 2013, faisait régulièrement l’objet de critiques sur son utilisabilité ou sa lourdeur.

Lors d’un récent sondage OMG! Ubuntu!, 80% des sondés allaient même jusqu’à déclarer préférer installer leurs applications en ligne de commande plutôt que de passer par l’actuelle logithèque.

Mais la décision fut finalement prise lors du dernier Ubuntu Online Summit, où Will Cooke, chef de projet de l’équipe en charge du poste de travail, déclara qu’il était plus confiant dans leur capacité d’ajouter la prise en charge des Snaps dans Logiciels plutôt que dans la Logithèque Ubuntu, et qu’ils étaient donc bien partis pour faire le remplacement (We are more confident in our ability to add support for Snaps to GNOME Software Centre than we are to Ubuntu Software Centre. And so, right now, it looks like we will be replacing [the USC] with GNOME Software Centre).

D’ici là, il est également prévu que Canonical développe des greffons pour ajouter la prise en charge des notes et des commentaires utilisateurs qui avaient été ajoutés durant toutes ces années depuis l’ancienne logithèque, ainsi que celui des applications commerciales.

Sortie de Manjaro GNOME 15.09 R2

Fin septembre, les développeurs de Manjaro sortaient une nouvelle version de leur distribution, dont la numérotation suit désormais l’exemple d’Ubuntu en se basant sur l’année et le mois de sortie.

L’une des nouveautés étant qu’en plus de Thus, qui reste l’installeur graphique par défaut, cette version 15.09 propose désormais un second installeur, Calamares, qui se veut distribution-agnostique et dont le développement est bien plus actif. À n’en pas douter, il finira sans doute par remplacer Thus à terme.

Calamares 1.1.4.2

Ubiquity n’a plus l’apanage du simple et du joli ;)

En ce qui concerne notre environnement préféré, GNOME 3.18.1 n’est disponible que depuis quelques jours, mais les développeurs de Manjaro ont eu la bonne idée de créer un nouveau média d’installation, permettant ainsi de pouvoir facilement l’essayer, en faire la démonstration ou l’installer.

En plus de GNOME 3.18.1, nous avons droit à un noyau 4.1.11 LTS par défaut (la dernière version stable étant également disponible dans les dépôts), systemd 227, X.Org 1.17.2, Mesa 11.0.4 et Firefox 41.0.2.

Sortie d’Ubuntu GNOME 15.10

Ubuntu GNOME 15.10 (Wily Werewolf) vient de sortir.

Comme pour la précédente version, il s’agit principalement de correctifs et d’applications mises à jour. Rien de réellement nouveau, et la plupart des gens préféreront sans doute (ou du moins, ils devraient :) attendre la prochaine version LTS prévue pour le mois d’avril 2016.

On retrouve donc en partie GNOME 3.16, puisque Ubuntu préfère les versions éprouvées et refuse donc de proposer la dernière version de GNOME. Et en partie, puisque certaines applications, telles que Fichiers ou les Comptes en ligne, ne sont disponibles qu’en version 3.14. Pour le thème d’icônes ou le logiciel de gravure, nous avons droit à de vieilles versions 3.12. Mais la palme revient sans conteste à gedit, l’éditeur de texte, qui n’est proposé que dans une antédiluvienne version 3.10 qui ne proposait pas encore de barre d’en-tête.

Et bien que présentes dans la logithèque, les applications Agenda, Caractères, Horloges, Logiciels, Machines, Polari et Web ne sont pas pré-installées. L’application Musique est quant à elle bien présente, mais c’est Rhythmbox qui figure dans les applications favorites du dock. Et pour finir sur le gestionnaire de photos, nous noterons que Shotwell a été remplacé par Photos.

Ubuntu GNOME 15.10 et son vieux gestionnaire de fichiers

Pour une expérience vanilla, on repassera ;)

Pour le reste, nous retrouvons l’habituel navigateur Firefox dans sa version 41.0.2, la suite bureautique LibreOffice 5.0.2.2 ou le client BitTorrent Transmission 2.84. Et c’est à peu près tout pour les applications tierces.

Au niveau système, nous avons droit au noyau Linux 4.2.0, systemd 225, la bibliothèque graphique Mesa 11.0.2, le serveur X.Org 1.17.2, PulseAudio 6.0, ainsi que la pile Bluetooth BlueZ 5.35.

Conclusion

Comme pour la précédente version, vous aurez donc droit à une vieille version de GNOME, accompagnée de technologies plus ou moins vieilles. Alors, quitte à rester sur du vieux, il est sans doute préférable de privilégier des distributions stables et éprouvées comme Debian ou Ubuntu dans sa version LTS.

Quant à ceux qui rechercheront un système à jour et qui respecte l’expérience GNOME telle que souhaitée par le projet, ils se tourneront plutôt vers l’édition GNOME de Manjaro ou attendront la sortie de Fedora 23, qui est normalement prévue pour le début du mois de novembre.

Test de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Le tout, en misant également sur une meilleure stabilité en ne proposant pas trop rapidement les dernières nouveautés présentes dans Arch, et en privilégiant certains composants jugés plus stables.

Installation

Dès l’amorçage du média d’installation, nous avons tout d’abord le choix entre un démarrage standard ou accompagné de pilotes non libres. La distribution démarre ensuite en mode live CD, permettant ainsi à l’utilisateur de tester la compatibilité du matériel et de se faire une première idée avant de lancer l’installation.

Et comme pour la précédente version de Manjaro, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions, qui nécessitent malheureusement toujours l’utilisation d’un mot de passe que nous ne possédons pas. Nous pouvons donc nous poser la question de la pertinence de perturber inutilement les utilisateurs, sachant que nous sommes de toute façon toujours en mode live CD…

Une fois l’installation lancée, nous choisissons notre langue, avant que l’installeur ne nous rappel qu’il est toujours en version beta, et que le RAID, les sous-volumes Btrfs ou d’autres configurations avancées ne seront pas correctement gérées.

L’installeur de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Les boutons Close, Back et Forward, qui devraient normalement être traduits Fermer, Précédent et Suivant, sont étrangement nommés Pres / Retour / Avant, dont l’utilisateur peinera sans doute à comprendre la signification du premier, à moins de cliquer malencontreusement dessus.

Nous pouvons ensuite sélectionner notre emplacement géographique, notre fuseau horaire et la disposition du clavier (les deux derniers étant correctement pré-configurés en fonction du pays). Vient ensuite le type d’installation, qui nous permet de formater l’intégralité du disque ou de le partitionner, ainsi que de chiffrer notre partition, d’utiliser LVM ou de placer le dossier /home sur une partition ou un volume différent. Il ne reste plus qu’à créer un compte utilisateur, et l’installation se termine déjà.

Une fois le système redémarré et dès l’arrivée sur le bureau, rolling release oblige, le gestionnaire de mises à jour nous propose déjà 199 mises à jour, pour un total de 565 Mo.

Une seconde notification signale quant à elle la possibilité d’installer des traductions supplémentaires, incluant celle de Firefox et des dictionnaires francophones. Malheureusement, ils n’ont pas pensé à proposer également le paquet libreoffice-still-fr, que l’utilisateur devra installer manuellement s’il souhaite que la suite bureautique soit traduite en français.

Par contre, aucune trace de l’assistant de première utilisation de GNOME, qui aurait pourtant pu permettre à l’utilisateur de configurer ses paramètres de confidentialité et ses éventuels comptes en ligne.

Système

La distribution est livrée par défaut avec le noyau Linux 3.18.20 qui bénéficie d’un support long (LTS). Au besoin, le gestionnaire de paramètres de Manjaro permet d’installer facilement la dernière version stable, ainsi que d’anciennes versions LTS. Le gestionnaire de paramètres permet également d’installer tout aussi facilement les pilotes propriétaires, tels que ceux de la carte graphique.

La gestion des noyaux sous Manjaro

Nous avons par contre beaucoup plus de mal à comprendre l’intérêt d’autres options, telles que la gestion de la langue, des comptes utilisateurs, de l’heure et de la date; ou encore du clavier, qui font doublon avec ce que proposent déjà les paramètres de GNOME. Pire encore, la disposition du clavier est correctement configurée côté Manjaro, mais a été laissée en anglais côté GNOME. Et bien que ça ne semble avoir aucune incidence sur la configuration du système, il est tout de même perturbant de se retrouver avec deux centres de configuration, quand celui de GNOME est, qui plus est, bien plus complet et facilement accessible.

Pour le reste, la distribution suivant un développement en continu, elle propose les dernières versions de systemd (224 au moment du test), Mesa (10.6.5), et autres technologies sous-jacentes.

En ce qui concerne la gestion de paquets (installations et mises à jour), l’utilisateur devra passer par Pamac. Logiciels, l’équivalent GNOME, n’est malheureusement pas installé par défaut, avec tous les points négatifs que cela implique : les recherches directement depuis le shell ne sont pas permises, les notifications utilisent encore l’ancien tiroir de messagerie, il n’y a aucune mise en avant des applications utilisateur, les descriptions sont plutôt succinctes, il n’y a pas de captures d’écran… Mais rassurez-vous, l’application est tout de même disponible dans les dépôts. Qu’elle ne soit pas installée par défaut est simplement préjudiciable pour l’expérience utilisateur des nouveaux venus.

Nous noterons également qu’avec la mise à jour du 24 août et la toute nouvelle version 2.4.0 de Pamac, le dépôt communautaire AUR n’est désormais plus activé par défaut.

Et pour conclure sur une note plus positive, la lecture de médias utilisant des formats propriétaires est pleinement fonctionnelle.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.13.1

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 40.0.2, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.5 (Manjaro préférant rester sur la branche Stable plutôt que sur Evolution, qui est plus à jour mais potentiellement moins stable), ainsi que la quasi-totalité des applications GNOME. Hormis Logiciels, Machines et Web, elles semblent toutes présentes, et aucun autre ajout ou remplacement n’a été effectué.

Les seules exceptions étant le greffon Flash, ainsi que le client Steam, tous deux propriétaires, et dont la pré-installation du second reste toujours aussi problématique, quand il suffirait que les joueurs intéressés l’installent depuis les dépôts.

Niveau personnalisation, hormis le fond d’écran Manjaro, on reste sur une configuration qui se veut la plus proche possible de ce que souhaite le projet GNOME. On retrouve donc le thème officiel Adwaita (aucun autre thème n’est pré-installé), et les différentes options par défaut ne semblent pas avoir été modifiées.

Conclusion

Lors de mon précédent test de Manjaro GNOME, j’avais été confronté à plusieurs problèmes qui auraient aisément pu bloquer et décourager nombre de débutants. Mais avec cette nouvelle version, sans aller jusqu’au sans-faute, l’expérience est incroyablement plus positive. L’installation et les nombreuses mises à jour n’ont posé aucun problème, l’installation du dernier noyau stable ou des pilotes propriétaires est grandement simplifiée, et nous retrouvons un GNOME vanilla plutôt propre et complet.

Tout juste pouvons nous regretter que les différents choix de l’utilisateur durant la phase d’installation ne soient pas répercutés dans les paramètres de GNOME; que l’assistant de première utilisation de GNOME ne soit pas lancé, ou qu’une application telle que Logiciels, qui occupe pourtant une place de plus en plus importante chez GNOME, ne soit pas pré-installée.

Hormis ces quelques détails, cette version de Manjaro GNOME demeure un excellent cru, que nous pouvons sans problème conseiller.

Prise en charge d’AppStream par Debian / Kubuntu

Logiciels 3.16

Bonne nouvelle pour les utilisateurs de Debian (unstable), Kubuntu et Tanglu, Matthias Klumpp vient d’annoncer que la prise en charge d’AppStream était bien avancée et devrait être officiellement annoncée lors de la DebConf15, le rendez-vous annuel des développeurs Debian qui se tient cette année du 15 au 22 août 2015 à Heidelberg, en Allemagne.

Pour rappel, AppStream est la spécification Freedesktop permettant le partage des méta-données des différentes applications entre les distributions (descriptions, adresses des sites officiels, captures d’écran, licences…), qui peuvent être ainsi réutilisées par les différentes logithèques (Logiciels sous GNOME, Muon Discover sous KDE…), tout en évitant la duplication d’efforts.

Matthias a également prévu de donner une conférence le 16 août pour expliquer ce que peut apporter AppStream à Debian (installation d’applications, mise à jour du système, mais également la mise à jour des firmwares UEFI…), tout en décrivant tout ce qui a déjà été accompli pour sa prise en charge.

Le futur de la distribution d’applications sous GNU/Linux devrait également y être abordé. Actuellement empaquetées par les différentes distributions, les applications devraient, à terme, pouvoir être distribuées par les développeurs eux-mêmes en employant le sandboxing (au travers de technologies telles que Limba et Xdg-App) pour qu’elles soient parfaitement isolées du reste du système.

Sortie d’Antergos 2015.06.03

GNOME 3.16.2 et le thème Numix

Il y a deux mois, jour pour jour, je testais Antergos 2015.04.12. Deux mois, c’est un peu court, mais les différents problèmes relevés alors étant plutôt simples à corriger, je souhaitais profiter de la dernière version du média d’installation pour vérifier si ça avançait dans le bon sens.

Et finalement, vous pouvez toujours lire le précédent test, puisque on ne peut pas dire que ça ait beaucoup évolué.

Point positif, durant la phase d’installation, hormis les quelques écrans qui défilent pour faire passer le temps durant l’installation des paquets (écrans qui mettent en avant l’utilisation du thème Numix ou le choix des différents environnements de bureau disponibles), la traduction française de l’installeur est beaucoup plus complète qu’auparavant.

On peut également ajouter qu’Agenda est désormais installé par défaut, mais les grands absents d’hier (Caractères, Horloges, Logiciels, Machines…) le sont toujours aujourd’hui. De même que l’aide en ligne est toujours manquante, et qu’il faudra donc toujours passer par la commande sudo pacman -Sy gnome gnome-extra pour obtenir un environnement GNOME complet.

Dans le but de pouvoir utiliser le même gestionnaire d’affichage indépendamment de l’environnement de bureau choisi par l’utilisateur, Antergos continue de privilégier LightDM plutôt que GDM, qui s’intègre pourtant mieux à GNOME, et qui se trouve être également nécessaire pour certaines fonctionnalités. Pour effectuer le changement, il faudra donc tout d’abord installer GDM (étape qui n’est pas nécessaire si vous avez installé un GNOME complet comme indiqué dans le précédent paragraphe), suivi de la désactivation de LightDM, et l’activation de GDM :

sudo pacman -S gdm
sudo systemctl -f disable lightdm
sudo systemctl -f enable gdm

Autre changement, les boutons pour minimiser et maximiser une fenêtre sont désormais présents par défaut (que vous pouvez néanmoins désactiver depuis l’Outil de personnalisation, onglet Fenêtres, si vous préférez le comportement GNOME d’origine).

Pour le reste, ce n’est  que de la mise à jour de versions. Antergos reste une très bonne distribution, et il est juste regrettable que l’on ne puisse pas obtenir plus simplement une expérience GNOME complète la plus proche possible de ce que souhaite offrir le projet, en plus de la personnalisation désirée par Antergos. Une sorte de profil qu’il suffirait de sélectionner pour basculer de l’un à l’autre.

Test de Fedora 22

Fedora est une distribution communautaire et non commerciale, qui bénéficie néanmoins du support de Red Hat, qui emploie un certain nombre de développeurs et lui apporte un soutien financier et logistique.

Fedora est reconnue comme étant la distribution qui intègre le mieux GNOME, un certain nombre de ses développeurs contribuant également à cet environnement de bureau. Et bien que Fedora propose plusieurs versions différentes de sa distribution avec différents environnements de bureau (KDE, Xfce, LXDE, MATE…), c’est clairement l’édition GNOME qui bénéficie de la plus grande main d’œuvre et de la meilleure finition. À tel point que l’on peut considérer Fedora comme étant GNOME OS ;)

Installation

Anaconda, l’installeur de Fedora 22

Fedora utilise l’installeur Anaconda, qui automatise un certain nombre de tâches et dont la prise en main est plutôt simple. Nous noterons d’ailleurs que le français est proposé dès la première question, l’installeur tentant de géolocaliser l’utilisateur en se basant sur son adresse IP, ce qui lui permet dans la plupart des cas de pré-configurer correctement la langue, la disposition du clavier et le fuseau horaire.

Le partitionnement automatique est sélectionné par défaut, mais même si nous ne possédons qu’un disque, il faudra tout de même sélectionner ce dernier pour pouvoir continuer l’installation. Toujours sur le partitionnement automatique, ce dernier utilise LVM par défaut, ce qui permet de gérer plus facilement l’espace de stockage (redimensionnement, ajout de nouveaux disques…). Plusieurs partitions sont également créées automatiquement, dont une partition /home pour pouvoir séparer les données personnelles de l’utilisateur du reste du système. Une option permet de chiffrer les partitions au besoin.

Et pour finir, un mot de passe est demandé pour le compte administrateur, suivi de la création d’un compte utilisateur.

L’installation est finalement plutôt simple et rapide. Je formulerai tout de même deux reproches. Tout d’abord, durant l’installation, aucun retour en arrière n’est possible. Par exemple, durant la phase de partitionnement, si vous choisissez le mode manuel puis que vous changez d’avis, préférant finalement un partitionnement automatique, il faudra redémarrer la machine et reprendre depuis le début. Ensuite, bien que l’aide en ligne soit accessible durant chaque étape, cette dernière n’est disponible qu’en anglais.

Une fois le système redémarré, l’assistant de configuration initiale de GNOME nous redemande de confirmer la langue et la disposition du clavier (toutes deux correctement pré-configurées), si nous souhaitons partager notre géolocalisation avec les applications (Météo, Cartes…), si nous souhaitons envoyer des rapports automatiques en cas de problème pour aider à améliorer Fedora (tous deux activés par défaut), pour finalement terminer sur la configuration de nos comptes en ligne (Google, ownCloud, Windows Live, Facebook…). Vous pouvez bien évidemment passer cette partie.

Une fois la configuration terminée, l’aide en ligne de GNOME relative aux premiers pas est lancée à son tour. L’aide est disponible en français, et propose également quelques animations expliquant comment lancer des applications ou naviguer entre les tâches, ce qui peut être utile pour les personnes qui ne sont pas encore familières avec les paradigmes de GNOME.

Système

La distribution est livrée avec le noyau Linux 4.0.4, systemd 219 et Mesa 10.5.4.

L’installation de nouvelles applications et les mises à jour se font par le biais de Logiciels. Et pour ceux qui préfèrent la ligne de commande, DNF remplace désormais Yum.

Malheureusement, bien que de plus en plus d’applications soient disponibles dans les dépôts officiels, un certain nombre d’entre elles sont tout de même absentes, à commencer par celles dont on a déjà parlé sur ce blog : Mixxx, Vocal, Lollypop, Déjà Dup, Variety, Folder Color… et sûrement bien d’autres encore, ce qui sera sans doute le plus gros point noir de la distribution.

Ensuite, Fedora étant une distribution pro-libre qui respecte également les brevets logiciels, aucun outil graphique n’est fourni pour simplifier l’installation de pilotes de périphériques propriétaires, et aucun format multimédia un tant soit peu populaire (MP3, H.264/MP4, vos DVD…) n’est lisible par défaut.

Fedy 4.0.4

La logithèque étant totalement dépourvue du moindre codec soumis à brevet, ou de la moindre application propriétaire, si vous souhaitez tout de même pouvoir accéder à ces derniers, il faudra installer Fedy, qui vous configurera les dépôts RPM Fusion, et vous permettra d’installer facilement de nombreux greffons et autres applications non libres (Adobe Flash, la version Oracle de Java, Google Chrome et son greffon Hangouts, le support des DVD, de Dropbox, les polices TrueType de Microsoft, Popcorn Time, Skype, Steam, Sublime Text, TeamViewer…), tout en vous permettant également de pouvoir bénéficier d’un meilleur rendu des fontes, de pouvoir utiliser NOOP scheduler pour de meilleures performances avec les disques SSD, ou de pouvoir jouir d’un mode SELinux plus permissif.

On notera tout de même un petit bug : les icônes étant absentes de base dans Fedy, il faudra installer le pack d’icônes Ozon si l’apparence d’une application est importante pour vous.

Environnement

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 38.0.1, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.3.2, du lecteur de musique Rhythmbox 3.2.1, du gestionnaire de photos Shotwell 0.22.0, du client BitTorrent Transmission 2.84 et de la plupart des applications GNOME. Et bien qu’elles soient tout de même disponibles dans les dépôts, nous remarquerons tout de même l’absence d’Agenda, de Caractères ou de l’Outil de personnalisation. Aucune solution de sauvegarde n’est également pré-installée.

Malheureusement, LibreOffice et certaines applications sont toujours en anglais. Bien que l’excuse officielle soit le manque de place sur le média d’installation, on aurait aimé que les paquets manquants soient automatiquement téléchargés et installés durant la procédure d’installation, ou lors de la première utilisation du système si aucune connexion Internet n’était disponible auparavant. Il faudra donc s’en occuper manuellement, avec les commandes ci-dessous, qui installeront tout le nécessaire (traductions manquantes, correcteur orthographique, dictionnaire, pages de manuel, documentation…) :

dnf install dnf-langpacks
dnf langinstall fr

Pour en revenir à l’environnement, il s’agit d’un GNOME tout ce qu’il y a de plus classique, avec le thème Adwaita, et sans la moindre extension autre que celle qui superpose le nom fedora en bas à droite de l’écran (mais uniquement si l’on utilise l’arrière-plan fourni par défaut).

Point positif pour les adeptes du terminal, au-delà du thème sombre de ce dernier qui est plus sympa que le blanc flashy utilisé d’ordinaire, contrairement à la version GNOME officielle, la version Fedora supporte également la transparence, et permet d’être notifié quand une longue commande se termine.

Conclusion

Fedora est une très bonne distribution. Sans doute le meilleur compromis entre la stabilité éprouvée d’une Debian qui ne propose qu’une ancienne version de GNOME, et les distributions de type rolling release telles que Arch ou Manjaro, qui peuvent demander plus d’attention pour leur maintenance.

Malheureusement, elle est encore loin du sans-faute. De devoir installer soit-même, en ligne de commande, des traductions manquantes, des dépôts supplémentaires pour pourvoir bénéficier d’une expérience utilisateur fonctionnelle, sans oublier les éventuels pilotes de périphériques nécessaires au bon fonctionnement de la machine, l’éloigne de la distribution idéale. Rien de particulièrement difficile en soit, mais on ne pourra pas la conseiller à tous ceux qui ne souhaitent pas bidouiller par eux-mêmes et qui préfèrent un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Pour terminer sur une note positive, Christian Schaller, le responsable de l’équipe Red Hat en charge de l’environnement de bureau, avait récemment demandé sur son blog ce qu’il manquait aux gens pour pouvoir utiliser Fedora plutôt qu’une autre distribution. Et parmi les très nombreuses réponses, celles qui revenaient le plus souvent concernaient le support matériel (pilotes propriétaires, support d’Optimus…), ainsi que la plupart des problèmes abordés dans cet article. On peut donc espérer un certain nombre d’améliorations allant dans ce sens dans la prochaine version.

Mais tout comme l’année de Linux sur le bureau arrivera toujours l’année suivante, on ne peut s’empêcher de penser que la bonne version de Fedora, sera également la suivante :)

Qu’apporte réellement le projet Solus ?

solus_beta2
Solus Beta 2 avec l’environnement de bureau Budgie

Le Solus Project est un projet de système d’exploitation complet et indépendant, qui ne se base pas sur une distribution GNU/Linux déjà existante, mais qui reprend néanmoins l’environnement de bureau GNOME, ses technologies et ses applications, tout en remplaçant GNOME Shell par Budgie.

S’ils reprennent GNOME, pourquoi ne pas utiliser directement l’original, me demanderez-vous. Sur le site officiel, on peut lire « Nous nous concentrons entièrement sur le bureau, et nous croyons que les utilisateurs méritent un environnement de première classe. Aucune phablette ici ! » (We focus completely on the desktop, and believe users deserve a first-class desktop experience. No phablets here!)

Vous l’aurez compris, ils reprochent au projet GNOME un certain côté tablette, avec ses grosses icônes, et pensent qu’il est donc préférable de proposer un bureau plus classique, avec un menu traditionnel, une liste d’applications ouvertes au bas de l’écran…

Oui mais, GNOME propose également un mode classique, me direz-vous encore. Il est vrai. Peut-être que l’environnement proposé par Solus est un poil plus joli. Je ne sais pas. Il semble en tout cas avoir déjà conquis une partie du public, comme peuvent en témoigner les tests de Frederic Bezies ou d’Angristan. En ce qui concerne son thème, EvoPop, vous pouvez sans problème l’installer séparément.

N’a-t-il réellement rien d’autre à proposer ? Pour le moment, non. Quasiment toutes les applications sont celles de GNOME, que ce soit le terminal, le visionneur d’images ou de documents, l’éditeur de texte, la calculatrice, le gestionnaire de fichiers, le moniteur système, les paramètres… tous les outils sont des applications GNOME. Les seuls choix qui diffèrent concernent le navigateur; Firefox ayant remplacé Web, ainsi que le lecteur de vidéos, pour lequel ils ont préféré VLC.

Ensuite, il n’y a pas non plus d’équivalent aux fonctionnalités de recherche de GNOME Shell. Autant ce dernier permet de trouver des applications (y compris celles qui ne sont pas installées), d’effectuer directement des opérations arithmétiques sans avoir besoin de lancer la calculatrice, de trouver facilement fichiers ou documents, d’accéder rapidement à ses contacts, aux événements de son agenda, d’obtenir l’heure d’une ville, de connaître la météo, de pouvoir effectuer des recherches dans son historique web, de trouver facilement des caractères spéciaux… autant du côté de Budgie, c’est le néant absolu. Tout juste si le menu permet de trouver des applications, mais uniquement celles qui sont déjà installées.

Si on continue la comparaison avec le mode activités de GNOME, bien qu’une applet soit disponible dans les Budgie Settings pour pouvoir bénéficier des bureaux virtuels, il n’y a qu’un espace de travail par défaut. Et vous ne pourrez pas non plus faire des recherches par mots clés. De rechercher dns ne vous trouvera pas l’outil de configuration réseau, ou zip le gestionnaire d’archives.

En parlant d’applications, d’avoir choisi de concevoir un système depuis zéro permet une totale liberté, mais également une incroyable dispersion d’efforts, puisque ça oblige les développeurs à réinventer la roue, ainsi qu’à empaqueter eux-mêmes les mêmes applications qu’on peut retrouver sur d’autres distributions bien établies. Pour résumer, sorti des applications GNOME et de deux ou trois applications tierces (Firefox, Thunderbird, Transmission, HexChat et VLC), il n’y a quasiment rien de disponible. Et je ne parle pas uniquement des applications par défaut, mais bel et bien de ce que vous pouvez installer. Et ça a beau être une beta, leur équipe ne changera pas pour autant après la sortie de la version finale.

Mais il paraît que c’est super léger et incroyablement véloce ? Oui et non. Pour rappel, ça utilise les technologies GNOME, ainsi que les applications GNOME. La différence ne sera donc pas flagrante par rapport à ce dernier. Tout comme GNOME, au démarrage il ne consomme quasiment rien en mémoire (160 Mo lors de mon test). Mais tout comme GNOME, la consommation grimpera avec le temps. Après avoir lancé deux ou trois petites applications (un terminal, une calculatrice et un gestionnaire de fichiers), la consommation passe à 250 Mo. Puis si vous vous mettez à en avoir une réelle utilisation, en lançant Firefox et vos applications habituelles, vous retrouverez finalement, à peu de choses près, la même utilisation mémoire que sous GNOME. Au niveau de la réactivité, possédant un processeur Intel i7-4770, 16 Go de RAM et un disque de type SSD, je n’ai constaté strictement aucune différence avec GNOME.

Ça peut s’utiliser au quotidien ? Pour le moment, clairement non. Il y a énormément de bugs et autres lacunes : le faible nombre d’applications (y compris du côté GNOME, n’ayant par exemple pas réussi à trouver l’application Contacts), l’installeur qui laisse le clavier en qwerty malgré le choix du français, les outils d’accessibilité qui ne fonctionnent pas, l’incapacité à pouvoir lancer une nouvelle instance d’une application sans repasser par le menu applicatif, l’absence de fonctionnalités de recherche évoluées, le raccourci Alt-Tab permet uniquement de basculer sommairement d’une application à l’autre sur l’espace courant, mais sans représentation graphique; de demander à capturer une fenêtre vous mettra tout de même une partie du fond d’écran dans la foulée, le faible nombre d’applets disponibles, le système de notifications particulièrement basique…

Et encore, je ne l’ai pas non plus testé sur une longue période. On doit pouvoir trouver des bugs à la pelle.

Le Software Center

On peut également se poser la question de l’intérêt de développer de nouvelles applications, comme leur logithèque, le Software Center, dont l’ergonomie et le classement des applications laisse à désirer, qui affiche pêle-mêle applications graphiques ou en ligne de commande, et qui ne propose à l’utilisateur ni descriptions des différentes applications, ni captures d’écran, ni licences… On est bien loin d’un Logiciels.

Maintenant, tout dépendra de ce qu’apporteront les futures betas, aussi bien en terme de corrections de bugs, que de réelles nouvelles fonctionnalités innovantes qui pourraient le démarquer de GNOME.

En attendant, ça reste plutôt léger. Si vous aimez GNOME, la simplicité et l’ergonomie de ses applications, mais que vous n’arrivez pas à vous satisfaire du mode classique et que vous n’arrivez pas non plus à configurer le mode traditionnel pour qu’il puisse répondre à vos besoins, ça peut éventuellement valoir le coup. Mais pour le moment, j’ai franchement du mal à voir la plus-value.

Pour être franc, je pense qu’il aurait été plus productif de développer et maintenir convenablement quelques extensions pour GNOME, ce qui aurait permis d’obtenir plus rapidement un résultat plus fonctionnel et moins bugué.