Création d’un compte Mastodon


Pour ceux qui n’en auraient encore jamais entendu parler, Mastodon est un logiciel libre de microblogage, et un réseau social décentralisé. Si ça ne vous parle toujours pas, disons que pour l’utilisateur final, c’est le même principe que Twitter, la liberté et le respect de l’utilisateur en plus 😁

Chacun est libre de créer sa propre instance et de fixer ses propres règles, ou d’en rejoindre une déjà existante, comme celles de La Quadrature du Net, de Framasoft, ou parmi la centaine d’autres.

Je ne vais pas réexpliquer le principe de Mastodon, Next INpact et Numerama ayant déjà écrit de nombreux articles sur le sujet :

Donc voilà, je me crée un compte sur l’instance gérée par La Quadrature du Net, puis celle-ci de me prévenir qu’il faut que j’indique l’adresse @gnomelibre@mamot.fr à mes amis pour qu’ils puissent m’envoyer un message ou me suivre à partir d’une autre instance.

Je configure rapidement mon compte et m’empresse de balancer mon premier « pouet » (l’équivalent local d’un tweet) sur la mort annoncée des clients libres pour Twitter (on notera d’ailleurs que WordPress ne sait toujours pas inclure les pouets correctement dans un article, affichant énormément d’espace entre le pouet et le reste de l’article).

Et maintenant, c’est le drame. N’étant pas présent sur Twitter (j’avais créé un compte il y a longtemps pour pouvoir illustrer un article sur Corebird, mais ce n’était guère allé plus loin), on ne peut pas dire que je sois particulièrement à l’aise avec le microblogage (je suis resté bloqué sur IRC :)

Je cherche donc à suivre le compte de certains projets, mais je me rends vite compte que GNOME, KDE, Fedora, la Linux Foundation et tant d’autres sont bien présents sur les réseaux sociaux, mais uniquement les propriétaires : Facebook, G+ et Twitter en tête. Et il en va de même des principaux développeurs de logiciels libres, qui semblent se limiter à G+ ou Twitter.

Je me retrouve donc désespérément seul sur mon tout premier réseau social, sans le moindre projet à suivre et sans savoir comment le reste du monde pourrait bien entendre mes pouets 😱

Mort annoncée du client Twitter Corebird

Depuis plusieurs années, Twitter tente de faire disparaître les clients tiers pour contraindre les utilisateurs de passer par le site web ou d’utiliser le client officiel. Même si l’entreprise se refuse à en donner la raison, il y a fort à parier que ce soit bien plus simple et efficace pour récolter les données personnelles de leurs utilisateurs (pour pouvoir les revendre) ou de garantir l’affichage de la publicité.

Récemment, Twitter est allé encore plus loin, en annonçant la suppression à venir de certaines API vitales pour les clients tiers, telle que la mise à jour des flux en temps réel.

Twitter a bien prévu une API de remplacement (Account Activity), mais cette dernière ne serait gratuite que pour une utilisation limitée à seulement 15 comptes. Impensable pour des clients qui ont parfois plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs. Au-delà, l’accès à l’API sera commercialisé à 2899 dollars par mois par tranche de 250 utilisateurs. Pour que ce soit rentable, il faudrait que les applications soient commercialisées sous forme d’abonnement mensuel à 16 dollars. Inconcevable pour les applications qui auraient fait le choix d’une licence libre.

Les développeurs de plusieurs applications (Talon, Tweetbot, Tweetings, Twitterrific…) se sont associés en lançant le site web Apps of a Feather pour prévenir leurs utilisateurs et tenter de faire pression sur Twitter. Mais comme l’indiquait à Next INpact Ludovic Vialle, le créateur du client Plume, « Je sais que Twitter ne cédera pas, ce n’est pas dans leur intérêt, et cela concerne peu d’utilisateurs. Le public peut se passer de son application préférée, mais difficilement de Twitter ».

Pour en revenir à Corebird, son développeur, Timm Bäder, annonce sur sa page Patreon que l’application n’a aucun futur. Il ne pourra jamais payer pour l’accès à l’API, et Corebird étant profondément lié aux API Twitter, d’implémenter la prise en charge d’un autre réseau (tel que Mastodon), demanderait beaucoup trop de travail. Et n’étant plus étudiant, il n’est pas certain d’avoir le temps de s’en occuper. Il est donc fort probable que Corebird cesse de fonctionner à la mi-août, date annoncée par Twitter pour la suppression des API.

Encore une occasion de rappeler l’importance du libre, et ce, à tous les niveaux. Aussi bien logiciel que pour les services en ligne et leurs API. Dépendre d’un tiers non libre est une épée de Damoclès sur les développeurs, qui peuvent se voir résilier l’accès à tout moment.

Sortie de Dash to Panel 14

Dash to Panel 14

Pour rappel, cette extension permet de remplacer le dock de la vue d’ensemble des activités et la barre supérieure par un panneau équivalent à la barre des tâches sous Windows.

De nombreuses options sont proposées, permettant de choisir l’emplacement du panneau (en bas ou en haut de l’écran), la taille du panneau et des icônes, le choix des indicateurs pour distinguer les applications actives, la position de l’horloge et de la barre des tâches, la possibilité d’afficher ou non les applications favorites, l’ajout d’un bouton pour afficher le bureau ou encore, un aperçu des fenêtres lors du survol des icônes…

Pour en revenir à cette nouvelle version, cette dernière apporte plusieurs options attendues de longue date, à commencer par la possibilité de masquer intelligemment le panneau, en laissant à l’utilisateur la possibilité de configurer finement le comportement :

  • ne cacher le panneau que lorsqu’il est au-dessus d’une fenêtre
  • requiert une pression sur le bord de l’écran pour afficher le panneau
  • permettre au panneau d’être affiché en mode plein écran

Tout en permettant de modifier les durées (en ms) des animations d’affichage ou le délai avant le masquage du panneau.

Autres nouveautés, la possibilité de modifier la taille des aperçus des fenêtres lors du survol, de modifier l’icône du menu Applications ou d’ajuster la marge intérieure de l’icône d’application. Sans oublier quelques améliorations, telle qu’une meilleure prise en charge du HiDPI, une meilleure gestion de la transparence dynamique du panneau ou des écrans tactiles.

Hackathon GNOME pour l’amélioration des performances

GNOME Performance Hackfest 2018 (© Alberto Ruiz)

Les fondations GNOME et Raspberry Pi ont récemment organisé un hackathon ayant pour objectif l’optimisation des ressources (RAM, CPU, GPU, consommation énergétique) utilisées par une session GNOME typique, ainsi que l’amélioration des performances.

L’événement s’est déroulé du 14 au 16 mai 2018 à Cambridge et a réuni plus d’une quinzaine de développeurs issus de diverses entreprises telles que Broadcom, Canonical, Collabora, Endless et bien évidemment Red Hat, dont les développeurs étaient présents en nombre.

Parmi les différents problèmes d’utilisation de la mémoire sur lesquels les développeurs ont travaillé, nous pouvons citer le gestionnaire de session GDM, qui maintient sa propre instance de GNOME Shell. De régler ce problème fait chuter la consommation de RAM de 280 Mio. Rien que ça. Autre cible importante, Logiciels, la logithèque GNOME, qui tourne en tâche de fond pour pouvoir fournir des résultats lors d’une recherche d’applications dans la vue d’ensemble des activités. Ce dernier consomme plus de 90 Mio de RAM. Sans oublier tous ces petits démons qui pourraient être appelés à la demande, plutôt que de tourner en permanence.

Le travail est loin d’être terminé, mais GNOME 3.30, dont la sortie est prévue pour le mois de septembre prochain, devrait, à n’en pas douter, être bien plus léger et réactif qu’il ne l’est actuellement.

Ceux qui souhaitent en apprendre plus peuvent consulter les billets de blog (en anglais) d’Alberto Ruiz et de Carlos Garnacho.

Création du programme de stages GNOME

En plus de son investissement dans les programmes Google Summer of Code et Outreachy, la fondation GNOME vient d’annoncer la création d’un nouveau programme de stages propre au projet GNOME, aux objectifs bien plus complexes et stratégiques.

Pour reprendre l’annonce officielle, « l’objectif du programme de stages GNOME est d’amener le développement vers des sujets qui sont essentiels à la réalisation des objectifs de GNOME. Pour accomplir des tâches aussi importantes, les projets de génie logiciel et les projets non techniques sont les bienvenus, et tout le monde est encouragé à poser sa candidature. Puisque ces tâches sont considérées comme étant plus complexes que ce que l’on trouve dans les autres programmes de stages de la communauté du logiciel libre, les stages GNOME auront une allocation de 8000$ pour une période de trois mois. La fondation GNOME est désormais en mesure de réorienter les fonds vers des thèmes spécifiques qui peuvent être levés par le biais de campagnes et d’autres initiatives. »

Les premiers projets proposés sont axés autour de la sécurité et du respect de la vie privée, comme la protection contre les attaques par le biais de l’USB (en se basant sur USBGuard), la création d’une application pour la gestion des mots de passe et autres identifiants, un nouveau portail PipeWire, la création d’une session invité, facilité l’utilisation de matériel cryptographique tel que TPM ou pouvoir ajuster automatiquement les politiques de sécurité en fonction de la position géographique de l’utilisateur (domicile, travail, lieu public, conférence).

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du programme ou celle des différents projets.

Liste des projets acceptés pour le Google Summer of Code 2018

Cet été, 16 étudiants travailleront à l’amélioration de GNOME grâce au programme Google Summer of Code.

Les différents projets incluent la mise à jour automatique de Journaux quand de nouvelles entrées apparaissent dans l’historique des événements. La possibilité de modifier la vitesse d’une vidéo dans Pitivi, de réduire temporairement la résolution lors du montage et l’amélioration de son interface. Le portage de Fichiers en GTK+ 4. L’ajout de la consommation énergétique des applications et du matériel dans Utilisation. L’ajout de nombreuses fonctionnalités à l’application de messagerie Fractal (préférences utilisateur, amélioration de l’interface, internationalisation…). L’ajout de diverses améliorations à Jeux (tri de la liste des jeux par plateforme ou développeur, affichage de métadonnées pour les jeux (description, note, nombre de joueurs…), ainsi que la possibilité de sauvegarder des statistiques telles que le nombre d’heures jouées et si le jeu a été fini). L’ajout de fonctionnalités non précisées à l’application de messagerie Dino. L’amélioration des greffons Todo.txt et Todoist de To Do pour qu’ils soient utilisables en production. La réécriture du jeu Cinq ou plus en Vala et la modernisation du code pour une meilleure maintenabilité.

Notez qu’il ne s’agit que de la liste des projets qui ont été acceptés. Il n’y a aucune garantie sur le fait que les étudiants pourront mener leur projet à terme, et que la qualité du travail soit suffisamment bonne pour qu’il soit un inclus dans les différentes applications.

Rien ne dit que nous retrouverons donc toutes ces fonctionnalités dans la prochaine version de GNOME.