Développement d’un nouveau navigateur web : Eolie

Cédric Bellegarde, développeur à l’origine du populaire lecteur de musique Lollypop, revient avec un nouveau projet complètement fou : un navigateur web. De son joli nom, Eolie.

En apprenant la nouvelle, on a limite envie de s’écrier WTF ! Un nouveau navigateur web pour l’environnement de bureau GNOME, alors que tout le monde délaisse déjà le navigateur officiel au profit des ténors que sont Firefox et Chrome ? On est donc curieux d’essayer la bête, histoire de tenter de comprendre ce qui a bien pu passer par la tête de son auteur.

Eolie 0.1.0 et sa barre d’onglets sous forme de vignettes

Nous avons bien affaire à une application GNOME et sa fameuse barre d’en-tête. Et la première chose qui nous interpelle, c’est la barre d’onglets, qui n’est plus en haut de l’écran mais dans une colonne sur la gauche. Cette dernière ne se contentant pas non plus d’afficher seulement le nom des différents sites, mais propose un aperçu de chacun d’eux sous forme de vignettes.

Un clique droit sur la barre d’onglets offre la possibilité de choisir parmi trois modes : l’aperçu sous forme de vignettes, qui se trouve être le choix par défaut, le nom du site et sa favicon ou un panel minimaliste qui se limite aux favicons. Cette dernière option permettant d’afficher facilement plusieurs dizaines d’onglets sur un écran Full HD. Au-delà, on peut faire défiler la liste à l’aide de la molette de la souris ou faire appel à la fonction recherche pour filtrer les résultats.

Eolie 0.1.0 et sa barre d’onglets minimaliste

Quant à la barre d’adresse, elle n’affiche pas l’URL mais le nom du site. Un simple survol de la souris permettant tout de même d’afficher cette dernière. C’est sans doute plus esthétique, mais de cacher une telle information risque de favoriser le phishing.

Pour continuer sur l’interface, j’ai trouvé la fenêtre de l’historique incroyablement plus claire que celle de Firefox. Vous me direz, c’est plutôt facile, tant cette dernière est catastrophique. Il manque tout de même la possibilité de pouvoir définir une période temporelle ou de pouvoir effectuer des recherches contextuelles à la manière d’un Vivaldi.

Pour rester sur les questions d’historique, on notera par ailleurs la prise en charge par Eolie de Firefox Sync, autorisant ainsi le partage des marques pages et de l’historique entre les deux navigateurs et leur synchronisation sur différentes machines.

La fenêtre d’historique d’Eolie 0.1.0

D’un point de vue technique, le navigateur est développé en Python et utilise le moteur de rendu WebKitGTK+ (qui est lui, développé en C++). Le développeur peut donc se concentrer sur l’interface sans avoir besoin de trop se soucier de ce morceau gargantuesque qu’est le moteur de rendu de pages Web. Et pour ceux qui se poseraient la question, chaque onglet est bien rendu dans son propre processus, ce qui permet d’exploiter au mieux les processeurs modernes disposant de nombreux cœurs. Le plantage d’un onglet n’entraînant pas non plus le reste du navigateur dans sa chute.

La gestion des identifiants et mots de passe des différents sites s’effectuant quant à elle au travers de Seahorse et GNOME Keyring.

Autre sujet important, les extensions. Maintenant que les différents navigateurs se sont mis d’accord sur un format commun, les fameuses WebExtensions, Eolie finira sans doute par les prendre en charge. Mais pour le moment, je n’ai trouvé aucun moyen d’en installer. On notera néanmoins que le navigateur propose un bloqueur de publicités activé par défaut.

Pour une première version développée par un seul homme en seulement trois mois, je suis vraiment bluffé par le travail accompli. Tant sur le nombre d’options d’ores et déjà proposées, que sur la stabilité de l’ensemble. Et c’est dans ces moments-là que l’on constate toute la beauté du libre et des formats standards. Puisque il est évident que sans un moteur libre, les différentes technologies GNOME utilisées ou un système d’extensions standardisé, un tel projet aurait difficilement pu voir le jour.

Maintenant, ça reste une version 0.1 que l’auteur déconseille d’utiliser au quotidien. De mon côté, j’espère que l’on pourra prochainement déplacer la barre d’onglets à notre convenance et opter pour un modèle plus traditionnel si tel est notre souhait. De même que la prise en charge des WebExtensions ou l’ajout d’un gestionnaire de sessions. Après, tout se jouera sur les petits détails, comme de pouvoir annuler la fermeture d’un onglet ou couper rapidement le son de l’un d’entre eux. Si on ne retrouve pas nos petites habitudes, on aura du mal à changer.

Restera également la question du public cible et du nombre d’options qui seront proposées à terme. Si un navigateur comme Vivaldi a su trouver sa place face aux géants, c’est qu’il vise avant tout les utilisateurs confirmés. Comme on a pu le constater avec Web, une bonne intégration avec le reste de l’environnement GNOME ne sera pas suffisant pour être adopté, et il faudra non seulement proposer toutes les fonctionnalités habituelles, mais également en proposer de nouvelles dont on ne pourrait plus se passer.

Sortie de GNOME 3.25.1

GNOME 3.25.1, la première version de développement de ce nouveau cycle qui mènera à GNOME 3.26 au mois de septembre, vient de sortir.

Au niveau des nouveautés, certaines applications sont désormais uniquement compilables avec Meson, qui fait suite à l’abandon des vénérables Autotools. Musique et To Do sont promues en tant qu’applications principales.

Plus intéressant, Machines permet désormais d’envoyer le raccourci clavier ctrl+alt+del ; Agenda propose un historique ; gvfs prend désormais en charge SecurID ; Terminal, par le biais de VTE, prend désormais en charge les hyperliens. Fonctionnalité différente de la reconnaissance actuelle des URL. Un exemple concret serait l’utilisation de l’application apt-listchanges qui affiche le journal des modifications des paquets Debian et qui indique les rapports de bugs au format #779734, qui seraient donc cliquables.

Builder, qui a droit à un développement particulièrement actif, propose de nombreuses nouveautés comme l’apparition de nouveaux greffons permettant de ré-indenter le code source ou de notifier la fin d’une compilation, la possibilité de configurer la sauvegarde automatique, la prise en charge de la prévisualisation pour Sphinx, l’amélioration de la fonction jump dans l’éditeur, la taille minimale des mots pour la complétion peut désormais être configurée, diverses améliorations concernant les Ctags…

Sans oublier les innombrables corrections de bugs un peu partout.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter l’annonce officielle de Michael Catanzaro.

Sortie de GNOME App Folders Manager 0.3.2

Le 11 avril, Microsoft sortait la Creators Update, troisième grosse mise à jour de Windows 10. Parmi les nombreuses nouveautés, les utilisateurs du système étaient sans doute heureux d’apprendre que le menu démarrer proposait enfin les dossiers d’applications, au fonctionnement identique aux autres systèmes : on glisse une vignette sur une autre pour créer un dossier, dont on peut personnaliser le nom. Simple et efficace.

Le dossier d’applications contenant les utilitaires dans GNOME 3.24

Quel rapport avec GNOME ? Depuis de nombreuses années, notre environnement gère également les dossiers d’applications, mais leur création et leur gestion relève toujours autant du parcours du combattant. Pour commencer, on ne peut rien faire depuis la vue d’ensemble des activités. La majorité des utilisateurs ignorent donc jusqu’à l’existence d’une telle fonctionnalité, qui s’avère tout sauf intuitive.

La méthode officielle étant de passer par Logiciels, de cliquer sur la vue Installées, d’activer le mode sélection, de sélectionner les applications qui nous intéressent, de cliquer sur Terminer, pour finalement créer un dossier d’applications pour y ranger notre sélection. On aurait voulu faire compliqué qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Ceci étant, je ne saurais dire si GNOME App Folders Manager est réellement plus simple, mais en tant qu’outil dédié, il nous montre d’emblée nos différentes catégories, nous permet d’en créer de nouvelles et d’y ajouter nos applications (ne pas oublier de sauvegarder avant de quitter l’application).

GNOME App Folders Manager 0.3.2

Au niveau des nouveautés, durant l’année écoulée l’application a eu droit à une nouvelle option permettant d’éditer les propriétés des dossiers, l’ajout de préférences pour choisir le type d’icônes affichées (petites, symboliques…) ou les fichiers desktop manquants, la prise en charge des icônes au format SVG, diverses corrections de bugs et l’ajout de traductions.

Il n’y a désormais plus qu’à espérer qu’il ne faille pas attendre encore 107 ans pour que les développeurs de GNOME proposent enfin quelque chose d’aussi simple que les systèmes concurrents.

Sortie du script GNOME Layout Manager

Comme on a pu le voir récemment, à l’aide de thèmes et d’extensions, on peut aisément modifier la configuration de GNOME pour qu’il se comporte à la façon d’un Windows, d’un macOS ou d’un Unity.

Un certain nombre de personnes continuent néanmoins de regretter que GNOME ne corresponde pas directement à leurs attentes et qu’il faille passer du temps à l’adapter pour obtenir un environnement qui leur convienne.

Pour ces irréductibles grincheux, Bill Mavromatis a eu la bonne idée de développer un script qui offre à l’utilisateur la possibilité de choisir rapidement entre différentes dispositions de bureau. Le script se chargeant ensuite de télécharger et d’appliquer les bonnes extensions, thèmes et icônes.

GNOME Layout Manager proposant de choisir entre différentes dispositions de bureau

Pour le moment, seules les dispositions Windows, macOS et Unity sont proposées, mais l’auteur est ouvert à toute nouvelle proposition.

Par contre, attention. Le projet étant encore jeune, pour le moment, le script ne nettoie rien au préalable pour partir sur une base propre. D’essayer les différentes dispositions les unes à la suite des autres ne fera que les mélanger.

Plus grave, bien que ce soit prévu pour une future version, il n’y a pour le moment aucun moyen de revenir facilement en arrière. Si vous avez déjà bien personnalisé votre environnement, il vous faudra sans doute passer par une reconfiguration manuelle.

La disposition Unity

Alors, en attendant que le script dispose de fonctionnalités permettant de sauvegarder et de revenir sur notre configuration initiale ou sur un GNOME vanilla, on réservera son utilisation à des systèmes fraîchement installés.

Extension Desk Changer

Si vous trouvez les paramètres de configuration de l’arrière-plan plutôt limités, l’extension Desk Changer devrait faire votre bonheur.

Cette dernière permet de changer automatiquement votre fond d’écran, aussi bien pour votre bureau que pour l’écran verrouillé, tout en proposant un certain nombre de fonctionnalités intéressantes, telles que la possibilité de créer différents profils, de configurer différents dossiers d’images, de choisir la durée entre chaque changement de fond d’écran, d’afficher les images aléatoirement ou par ordre alphabétique…

Autres fonctionnalités intéressantes, la prévisualisation du prochain fond d’écran, mais surtout, des contrôles permettant de revenir rapidement au précédent fond d’écran, de passer au suivant ou de mettre en pause le diaporama.

Et pour ceux qui n’aiment pas disposer d’un trop grand nombre d’icônes dans la barre supérieure, une option permet de fusionner le menu de l’extension avec le menu système.

Seul point négatif, l’extension ne dispose d’aucune traduction.

Gestion de tâches : où en est GNOME To Do ?

Il y a quelques jours, Microsoft publiait la toute première version de son nouveau gestionnaire de tâches personnelles, To-Do.

L’occasion de revenir un peu sur l’équivalent GNOME, qui s’appelle également To Do et dont nous n’avions plus parlé depuis la création du projet, en juin 2015.

La vue principale de To Do

Et pourtant, le projet continue son petit bonhomme de chemin. To Do gère les sous-tâches, permet de définir des couleurs personnalisées pour chaque tâche, d’ajouter des notes, de choisir une date d’échéance ou un niveau de priorité…

To Do peut également être lancé automatiquement au démarrage du système et vous notifier des différentes tâches qui vous attendent dès que vous vous connectez à votre session.

De plus, l’application peut facilement bénéficier de nouvelles fonctionnalités par le biais d’extensions, dont un certain nombre sont fournies de base : un thème sombre, un compteur pour mesurer notre efficacité ou encore la prise en charge des fichiers Todo.txt

GNOME oblige, l’application est également compatible avec les services en ligne, tels que ceux de Google ou Nextcloud. Un greffon pour Todoist étant également annoncé pour un futur proche. Vous pourrez donc facilement synchroniser vos tâches entre vos différents appareils.

L’édition d’une tâche
Les différentes tâches classées par date

Néanmoins, l’application n’est pas dénuée de lacunes. On peut rechercher sur le nom des listes, mais pas sur les sous-tâches ou sur les notes. Il n’est pas possible de partager une liste de tâches ou de les exporter vers Agenda. Il n’existe également aucun système de travail collaboratif (pouvoir travailler à plusieurs sur une même liste, déléguer certaines tâches, discuter des détails…). Il n’y a pas de système d’étiquettes et de filtres. Les notes ne peuvent pas être mises en forme et on ne peut pas insérer des documents (images, PDF…).

Et bien qu’on puisse définir une date d’échéance, l’unité sera la journée (on ne peut pas définir une heure précise), qu’on ne pourra pas non plus définir comme date récurrente. Vous ne pourrez donc pas choisir tous les vendredis à 8h.

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’un logiciel libre et que nous pouvons donc y contribuer :p

Bien qu’un peu légère au niveau des fonctionnalités, ça reste une application sympa pour une utilisation personnelle, mais qui risque d’être bien trop limitée dans un cadre professionnel.

Ajout de l’affichage tête haute dans les applications GTK+

Plotinus est un projet encore en phase de développement qui offre une palette de commandes aux différentes applications GTK+, ce qui permet de parcourir les différentes fonctions d’un logiciel depuis une boîte de recherche textuelle, plutôt qu’en parcourant les différents menus à la souris.

Si le principe vous parle, c’est qu’il est similaire aux palettes de commandes offertes par un certain nombre d’éditeurs de texte (Atom, Sublime Text, Visual Studio Code…) ou la fonction HUD de l’environnement Unity proposé par Ubuntu.

Comme dit précédemment, le projet est encore jeune et contient par conséquent un certain nombre de limitations, comme l’impossibilité de s’installer facilement ou de pouvoir modifier le raccourci clavier utilisé. Ce dernier point étant problématique, puisque un certain nombre d’applications, telles que Firefox ou LibreOffice Writer, utilisent le même raccourci clavier, rendant l’utilisation du module impossible.

Pour ceux qui souhaiteraient tout de même tester, sous Fedora ou RHEL, il faut tout d’abord installer les paquets git cmake vala gtk3-devel. Sous Ubuntu, Linux Mint ou elementary OS, ça sera git cmake valac libgtk-3-dev.

Vient ensuite la récupération des sources et la compilation :

git clone https://github.com/p-e-w/plotinus.git
cd plotinus
mkdir build
cd build
cmake ..
make

Il ne reste plus qu’à indiquer aux applications GTK+ où trouver le module. Pour cela, il faut éditer le fichier /etc/environment et y ajouter la ligne :

GTK3_MODULES=/chemin/vers/libplotinus.so

Mais si un simple test vous suffit, vous pouvez passer par le terminal et utiliser la même ligne, en y ajoutant le nom de l’application que vous souhaitez tester à la fin. Par exemple, pour l’éditeur de texte, ça donnera :

GTK3_MODULES=/chemin/vers/libplotinus.so gedit

Une fois l’application lancée, vous pouvez tester la fonctionnalité à l’aide du raccourci clavier Ctrl+Maj+P.

Sortie du thème Minwaita

Si vous aimez l’apparence d’Adwaita, le thème officiel de GNOME, mais que vous trouvez que tout y est malheureusement trop gros, Minwaita pourrait vous plaire. Il s’agit d’un fork d’Adwaita, où tout y est plus fin, plus petit : boutons, interrupteurs, barres d’en-tête, barres de titre, espace entre les éléments…

Vous pouvez déplacer le curseur de gauche à droite sur l’image pour comparer entre Adwaita et Minwaita.

À l’exception des boutons de la barre de titre, qui proviennent du thème Vertex, l’ensemble des contrôles et le choix des couleurs est bien identique à Adwaita. Le thème dispose également d’une version sombre.