Test de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Manjaro Linux est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, qui se différencie de cette dernière en proposant une installation simplifiée, un environnement de bureau et des applications pré-installés, ainsi que tout le nécessaire pour obtenir un système pleinement fonctionnel dès le départ.

Le tout, en misant également sur une meilleure stabilité en ne proposant pas trop rapidement les dernières nouveautés présentes dans Arch, et en privilégiant certains composants jugés plus stables.

Installation

Dès l’amorçage du média d’installation, nous avons tout d’abord le choix entre un démarrage standard ou accompagné de pilotes non libres. La distribution démarre ensuite en mode live CD, permettant ainsi à l’utilisateur de tester la compatibilité du matériel et de se faire une première idée avant de lancer l’installation.

Et comme pour la précédente version de Manjaro, nous sommes prévenus de la disponibilité de mises à jour et de nouvelles traductions, qui nécessitent malheureusement toujours l’utilisation d’un mot de passe que nous ne possédons pas. Nous pouvons donc nous poser la question de la pertinence de perturber inutilement les utilisateurs, sachant que nous sommes de toute façon toujours en mode live CD…

Une fois l’installation lancée, nous choisissons notre langue, avant que l’installeur ne nous rappel qu’il est toujours en version beta, et que le RAID, les sous-volumes Btrfs ou d’autres configurations avancées ne seront pas correctement gérées.

L’installeur de Manjaro GNOME 0.8.13.1

Les boutons Close, Back et Forward, qui devraient normalement être traduits Fermer, Précédent et Suivant, sont étrangement nommés Pres / Retour / Avant, dont l’utilisateur peinera sans doute à comprendre la signification du premier, à moins de cliquer malencontreusement dessus.

Nous pouvons ensuite sélectionner notre emplacement géographique, notre fuseau horaire et la disposition du clavier (les deux derniers étant correctement pré-configurés en fonction du pays). Vient ensuite le type d’installation, qui nous permet de formater l’intégralité du disque ou de le partitionner, ainsi que de chiffrer notre partition, d’utiliser LVM ou de placer le dossier /home sur une partition ou un volume différent. Il ne reste plus qu’à créer un compte utilisateur, et l’installation se termine déjà.

Une fois le système redémarré et dès l’arrivée sur le bureau, rolling release oblige, le gestionnaire de mises à jour nous propose déjà 199 mises à jour, pour un total de 565 Mo.

Une seconde notification signale quant à elle la possibilité d’installer des traductions supplémentaires, incluant celle de Firefox et des dictionnaires francophones. Malheureusement, ils n’ont pas pensé à proposer également le paquet libreoffice-still-fr, que l’utilisateur devra installer manuellement s’il souhaite que la suite bureautique soit traduite en français.

Par contre, aucune trace de l’assistant de première utilisation de GNOME, qui aurait pourtant pu permettre à l’utilisateur de configurer ses paramètres de confidentialité et ses éventuels comptes en ligne.

Système

La distribution est livrée par défaut avec le noyau Linux 3.18.20 qui bénéficie d’un support long (LTS). Au besoin, le gestionnaire de paramètres de Manjaro permet d’installer facilement la dernière version stable, ainsi que d’anciennes versions LTS. Le gestionnaire de paramètres permet également d’installer tout aussi facilement les pilotes propriétaires, tels que ceux de la carte graphique.

La gestion des noyaux sous Manjaro

Nous avons par contre beaucoup plus de mal à comprendre l’intérêt d’autres options, telles que la gestion de la langue, des comptes utilisateurs, de l’heure et de la date; ou encore du clavier, qui font doublon avec ce que proposent déjà les paramètres de GNOME. Pire encore, la disposition du clavier est correctement configurée côté Manjaro, mais a été laissée en anglais côté GNOME. Et bien que ça ne semble avoir aucune incidence sur la configuration du système, il est tout de même perturbant de se retrouver avec deux centres de configuration, quand celui de GNOME est, qui plus est, bien plus complet et facilement accessible.

Pour le reste, la distribution suivant un développement en continu, elle propose les dernières versions de systemd (224 au moment du test), Mesa (10.6.5), et autres technologies sous-jacentes.

En ce qui concerne la gestion de paquets (installations et mises à jour), l’utilisateur devra passer par Pamac. Logiciels, l’équivalent GNOME, n’est malheureusement pas installé par défaut, avec tous les points négatifs que cela implique : les recherches directement depuis le shell ne sont pas permises, les notifications utilisent encore l’ancien tiroir de messagerie, il n’y a aucune mise en avant des applications utilisateur, les descriptions sont plutôt succinctes, il n’y a pas de captures d’écran… Mais rassurez-vous, l’application est tout de même disponible dans les dépôts. Qu’elle ne soit pas installée par défaut est simplement préjudiciable pour l’expérience utilisateur des nouveaux venus.

Nous noterons également qu’avec la mise à jour du 24 août et la toute nouvelle version 2.4.0 de Pamac, le dépôt communautaire AUR n’est désormais plus activé par défaut.

Et pour conclure sur une note plus positive, la lecture de médias utilisant des formats propriétaires est pleinement fonctionnelle.

Environnement

Manjaro GNOME 0.8.13.1

Il s’agit du tout dernier GNOME 3.16.2, accompagné du navigateur Firefox 40.0.2, de la suite bureautique LibreOffice 4.4.5 (Manjaro préférant rester sur la branche Stable plutôt que sur Evolution, qui est plus à jour mais potentiellement moins stable), ainsi que la quasi-totalité des applications GNOME. Hormis Logiciels, Machines et Web, elles semblent toutes présentes, et aucun autre ajout ou remplacement n’a été effectué.

Les seules exceptions étant le greffon Flash, ainsi que le client Steam, tous deux propriétaires, et dont la pré-installation du second reste toujours aussi problématique, quand il suffirait que les joueurs intéressés l’installent depuis les dépôts.

Niveau personnalisation, hormis le fond d’écran Manjaro, on reste sur une configuration qui se veut la plus proche possible de ce que souhaite le projet GNOME. On retrouve donc le thème officiel Adwaita (aucun autre thème n’est pré-installé), et les différentes options par défaut ne semblent pas avoir été modifiées.

Conclusion

Lors de mon précédent test de Manjaro GNOME, j’avais été confronté à plusieurs problèmes qui auraient aisément pu bloquer et décourager nombre de débutants. Mais avec cette nouvelle version, sans aller jusqu’au sans-faute, l’expérience est incroyablement plus positive. L’installation et les nombreuses mises à jour n’ont posé aucun problème, l’installation du dernier noyau stable ou des pilotes propriétaires est grandement simplifiée, et nous retrouvons un GNOME vanilla plutôt propre et complet.

Tout juste pouvons nous regretter que les différents choix de l’utilisateur durant la phase d’installation ne soient pas répercutés dans les paramètres de GNOME; que l’assistant de première utilisation de GNOME ne soit pas lancé, ou qu’une application telle que Logiciels, qui occupe pourtant une place de plus en plus importante chez GNOME, ne soit pas pré-installée.

Hormis ces quelques détails, cette version de Manjaro GNOME demeure un excellent cru, que nous pouvons sans problème conseiller.

7 réflexions au sujet de « Test de Manjaro GNOME 0.8.13.1 »

  1. Enfin faut quand même préciser que Manjaro est une distribution sous xfce qui propose une version KDE…
    Donc c’est un peu biaisé de présenter la version Gnome (et ses défauts), faisant partie des versions «communautaires») comme si
    c’était la version principale

    1. J’indique pourtant bien qu’il s’agit de l’édition Manjaro GNOME et non de Manjaro KDE, Manjaro Xfce ou toute autre version.

      Ensuite, tu pourras très bien rencontrer des problèmes avec la version KDE que tu n’auras pas avec la version Xfce, et inversement. Aucune version ne sera jamais exempte du moindre problème. De plus, bien que la version GNOME soit communautaire, ils la mettent régulièrement en avant sur leur site officiel. Et pour le coup, je ne suis pas certain que la plupart des gens fassent bien la différence entre les versions officielles et communautaires, et ce que cela implique.

      Faudrait que je vérifie l’une des versions officielles, mais je suis prêt à parier qu’avec l’édition KDE, on doit retrouver le même gestionnaire de paramètres de Manjaro qui fait doublon. Et au travers de l’annonce de la dernière version sous KDE, on peut lire qu’ils proposent également Octopi pour la gestion de paquets, plutôt que Muon. C’est donc le même souci que Pamac / Logiciels avec l’édition GNOME.

      Puis bon, au-delà de ces quelques détails plutôt mineurs, le principal c’est que l’installation se déroule vraiment bien, que les mises à jour ne posent pas problème, que les débutants puissent facilement installer les drivers propriétaires s’ils en ont besoin, et que l’on ai enfin une distribution plutôt bien foutue et à jour avec un GNOME vanilla. Et pour le coup, c’est plutôt réussi.

  2. Je ne remet pas en cause ton analyse, je dit juste que c’est bien de le mentionner pour les lecteurs qui découvrirait «manjaro» en lisant ton article.
    Sinon je suis sur la version KDE, elle saute svt (mais proprement) comme j’ai vu KDE le faire. Je me rappelle avoir eu des problèmes et être passé sous xfce «LA» distribution officielle et ne plus les avoir eu… néanmoins KDE me manquait trop ^^
    Le sens de officielle/communautaire est simple pour moi : plus on s’éloigne de l’officielle, plus on peut s’attendre à ce que l’effort d’intégration soit important, plus on peut s’attendre à des problèmes.
    Il y a ce fameux doublon en effet (mais j’ai l’impression que la sélection du clavier n’a pas le même sens – genre clui de manjaro a un impact dans ctrl-alt-f2 aussi? utile ou pas ça m’a embrouillé aussi)
    A part ça, peux tu mettre un lien vers «Logiciels» stp? je ne sais pas ce que c’est et sans offense, ce n’est pas le choix de nom le plus judicieux vis à vis d’une recherche google ^^

    1. Il s’agit de GNOME Software, la logithèque. Pour les noms, GNOME fait comme Apple (Agenda, Contacts, Fichiers, Photos, Musique, Terminal…). C’est censé permettre aux gens de trouver plus rapidement l’application censée répondre à leurs besoins.

      Le logiciel permet bien évidemment d’installer des applications, polices, codecs… et de mettre à jour le système, mais dans la prochaine version, il devrait également permettre de mettre à jour les firmwares (UEFI, périphériques, cartes graphiques…).

      Ça permet également de créer des dossiers d’applications pour le shell de GNOME. Par exemple, créer un dossier Jeux pour y mettre tous les jeux, plutôt que d’avoir leurs icônes pèle mêle avec le reste des applications. Mais pour le coup, c’est plutôt une grosse lacune du shell, qui ne permet pas de gérer tout ça directement.

  3. En espérant qu’il se soit enfin décidé à filtrer tous les paquets lib*, *-dbg, *-dev et *-doc qui perdent très rapidement un utilisateur lambda…

    1. C’est bien le cas. Ne sont listés que les applications avec interfaces graphiques, les greffons et autres codecs. C’est basé sur AppStream et les différents projets doivent fournir (avec les sources) un fichier AppData qui contient des informations telles que le nom, la licence, une description, des captures d’écran, l’adresse du site officiel…

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