L’icône hamburger

L’icône hamburger dans Gedit 3.16

La BBC a récemment publié un article sur l’icône hamburger, qu’on retrouve désormais sur un grand nombre de sites web, d’applications mobiles et autres environnements de bureau, et qui permet d’accéder à diverses options supplémentaires.

Créée au début des années 1980 par Norm Cox pour l’interface du Xerox Star, elle fut plus récemment reprise par l’application Path, avant d’être popularisée par le réseau social Facebook.

L’avantage étant, dans des interfaces que l’on souhaite de plus en plus épurées, de pouvoir facilement donner accès à une liste d’options supplémentaires, sans surcharger l’interface.

Cependant, bien que l’icône hamburger puisse fournir une manière cohérente d’accéder à ces options « cachées », diverses recherches semblent montrer qu’elle ne serait pas aussi fonctionnelle que certains aimeraient le croire.

Le développeur James Foster a conduit une étude à ce sujet durant plusieurs mois, et sa conclusion serait que trois barres horizontales n’auraient pas la même signification pour la plupart des gens, et qu’il serait donc facile de complètement passer à côté.

Le principal reproche étant que le menu hamburger est une icône abstraite, dont les gens apprennent la signification par la pratique. À l’inverse, par exemple, du menu d’un traitement de texte dont les icônes gras, italique ou souligné (a, a, a) indiquent clairement leur rôle, en montrant le résultat obtenu.

Durant ses nombreux tests sur la version mobile de son site, James Foster a remarqué qu’en écrivant le mot menu sous les trois barres, le bouton était utilisé 7,2% en plus, et que de mettre les trois barres dans une boîte, de sorte que ça ressemble plus à un bouton (ce qu’a choisi GNOME), faisait grimper le taux d’utilisation de 22,4%.

Mais pour la version traditionnelle du site, consultable depuis un ordinateur, il obtenait des résultats radicalement différents. Quatre variantes furent mises en place : la variante de base, avec simplement le mot MENU; une deuxième avec simplement le mot MORE (plus); ainsi que deux autres variantes, avec l’icône hamburger accompagnée des mots MENU ou MORE. Et pour ce test, les variantes 2, 3 et 4 obtenaient un taux d’utilisation inférieur de 18%, 31% et 43% au classique MENU.

Le journaliste des nouvelles technologies Glenn Fleishman raconte de son côté qu’il reçoit régulièrement des courriers d’utilisateurs lui demandant comment effectuer telle ou telle action. Et quand il répond qu’il faut cliquer sur les trois barres situées dans le coin supérieur de l’application, les gens demandent alors « oh, mais pourquoi vous l’avez caché là ? ».

Alors, pourquoi ne pas changer ? Dans le cas d’applications mobiles, les arguments avancés sont l’absence de traductions nécessaires (et les économies ainsi engendrées), ainsi que le gain de place obtenu. Tout le monde ne comprenant pas l’anglais, l’équivalent allemand au mot paramètres (settings, en anglais) est systemsteuerung, qui prendrait deux fois plus de place dans une interface.

Dans le même temps, et même si l’adoption se fait lentement, les développeurs et designers d’interfaces comptent sur le fait que petit à petit, tout le monde finira par connaître la signification de l’icône hamburger, et que ses avantages prendront ainsi le pas sur ses actuels inconvénients.

Une réflexion sur « L’icône hamburger »

  1. Sur Android, ce bouton est en « vertical » et il s’ouvre sur si on appuie sur le bouton du smartphone correspondant à « Menu ».
    Mais du coup je trouve que c’est plus facile après de l’avoir dans les applis.
    Alors que sur un OS de bureau…

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